analyse

Proximus et Orange écartent Huawei et misent sur une 5G européenne

Proximus et Orange ne travailleront plus avec Huawei. ©BELGAIMAGE

Les deux opérateurs ont fait part de leurs nouveaux partenaires pour le déploiement de la 5G. Ericsson et Nokia récupèrent le marché. Comme attendu, Huawei est le grand perdant.

La 5G belge sera donc en bonne partie européenne. En attendant le choix de Telenet, Proximus et Orange ont fait part de leur choix de partenaires pour le déploiement du prochain réseau mobile. Proximus travaillera avec le duo Ericsson-Nokia. Le Suédois se chargera du cœur du réseau (la partie sensible) tandis que le Finlandais s’occupera du déploiement des antennes. De son côté,  Orange fera également confiance à Nokia pour l’installation de ses antennes. Du côté ‘core’, le groupe n’a toutefois pas encore précisé avec qui il souhaitait collaborer. L’annonce devrait se faire durant le courant de l’année prochaine, assure-t-on chez Orange. À l’heure actuelle, l’opérateur travaille avec Ericsson. Le cœur de réseau étant la partie sensible du réseau, sa mise en place ne pourra pas se faire par un opérateur à haut risque.

"Les contrats signés nous permettront d’économiser jusqu’à 80 millions d’euros par rapport à nos prévisions."
Guillaume Boutin
CEO de Proximus

Proximus et Orange auront donc au moins un partenaire commun. La bonne nouvelle n’est probablement pas qu’un hasard. Pour rappel, les concurrents ont annoncé l’année dernière la création de MWingz, une joint-venture détenue à parts égales entre les deux entités et destinée au déploiement commun d’une partie des antennes. Aussi bien chez Proximus et Orange, on explique toutefois que le choix du partenaire s’est fait de manière indépendante. "Aujourd’hui, la standardisation des technologies permet de travailler sans encombre avec différents fournisseurs", assure Geert Standaert, le chief technology officer de Proximus.

Les Chinois ne sont plus les moins chers

Parmi les différents arguments pour justifier les choix de fournisseurs, le prix fut visiblement particulièrement différenciant. Il s’agit toutefois d’une petite surprise, les sociétés chinoises étant jusqu’ici réputées plus abordables que leurs concurrents européens. La tendance semble s’être visiblement inversée. "La forte compétition et l’intérêt de nombreux acteurs du marché ont permis d’obtenir un excellent accord", se félicite Guillaume Boutin, le CEO de Proximus. "Les contrats signés nous permettront d’économiser jusqu’à 80 millions d’euros par rapport à nos prévisions". Le patron s’est toutefois bien gardé d’en dire davantage sur les détails des contrats signés. "Je peux simplement dire que l’investissement fait partie de l’enveloppe de 1,3 milliard d’euros annuels que nous avons prévue pour le déploiement de nos nouveaux réseaux et qui intègre aussi le déploiement de la fibre optique", s’est contenté d’ajouter Guillaume Boutin. Outre le déploiement du nouveau réseau, les différents contrats signés permettront également de moderniser les réseaux 2G, 3G et 4G actuels afin de les rendre plus efficaces et moins énergivores, assure-t-on chez Proximus.

"Nous travaillerons encore durant deux-trois ans avec Huawei. Mais la volonté et le message sont assez clairs, à long terme, nous souhaitons travailler avec Ericsson et Nokia."
Guillaume Boutin
CEO de Proximus

Outre le retour en force des entreprises européennes dans le secteur,  ces contrats signés marquent surtout la fin d’une très large domination de Huawei chez nous. Partenaire depuis des années des deux fournisseurs, le Chinois sera, d’ici quelques années, très largement sorti de notre marché. "Nous travaillerons encore durant deux-trois ans avec Huawei. Mais la volonté et le message sont assez clairs, à long terme, nous souhaitons travailler avec Ericsson et Nokia", a d’ailleurs confirmé Guillaume Boutin. Pour la première fois, le groupe travaillera donc avec deux fournisseurs. "Apporter de la diversité en travaillant avec plusieurs partenaires est une bonne chose", a d’ailleurs assuré Geert Standaert.

Choix indépendant

La décision est très probablement  difficile à digérer pour le fournisseur de Shenzhen. Elle était néanmoins relativement attendue tant il semblait difficile pour les différents opérateurs de continuer à travailler avec un fournisseur décrié par les États-Unis et qui suscite l’inquiétude de l’Europe.  "Nous avons fait notre choix indépendamment des recommandations, en nous basant sur quatre critères: le prix, l’aspect écologique, l’opérationnel et la technologie", assure Guillaume Boutin, voulant visiblement rejeter l’hypothèse de possibles pressions du gouvernement. "Mais il est toutefois évident que nous devions aussi nous tenir aux recommandations faites par l’Europe et la Belgique, ce qui s’est donc fait assez naturellement", explique Guillaume Boutin.

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