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analyse

Proximus, le nouveau Valhalla de Mobile Vikings

©BELGA

Mobile Vikings change une nouvelle fois de main. Proximus va débourser 130 millions d’euros pour acquérir l’opérateur virtuel. Un nouvel achat dans la ligne stratégique de Guillaume Boutin.

C’est un peu Noël avant l’heure chez Proximus. L’opérateur semi-public a décidé de se faire un joli cadeau en rachetant Mobile Vikings. La maison mauve dépensera 130 millions d’euros pour racheter la marque (ainsi que Jim Mobile) à DPG Media. La société flamande, qui détenait l’opérateur virtuel, avait elle-même acheté Mobile Vikings à Telenet en 2016.  Relativement peu connu au sud du pays, l’opérateur de Hasselt est essentiellement actif au nord et affiche un certain succès chez les plus jeunes. Assez éloigné de l’activité principale de DPG Media, Mobile Vikings était officiellement à l’étalage depuis seulement quelques semaines. L’opérateur mobile n’aura donc pas tardé à trouver un amateur.  

Il faut dire que ce dernier a quelques atouts qui ont de quoi attirer dans un secteur où la croissance se fait essentiellement en allant chiper les abonnés des concurrents. Fondée il y a onze ans, la marque a récemment dépassé la barre des 335.000 abonnés. Côté financier, l’entreprise de 80 travailleurs enregistrait l’an dernier un chiffre d’affaires dépassant les 67 millions d’euros pour un bénéfice à reporter de 6,6 millions d’euros.

A l'assaut des jeunes

Mais le rachat ne permet pas uniquement à Proximus d’embellir les chiffres. Depuis son arrivée à la tête de l'entreprise, Guillaume Boutin s’attèle soigneusement à rajeunir son image. Mobile Vikings devrait lui permettre de travailler son offre spécifique pour le jeune public. "Cette acquisition ouvre un segment de marché complémentaire au groupe cible actuel de Proximus (Scarlet et Proximus)", assure Proximus. L’opérateur promet d’ailleurs de ne pas toucher à ce qui fait la spécificité de la marque au barbare. Élargir la gamme n’est toutefois pas impossible.

Jusqu’ici, l’opérateur ne proposait que des produits mobiles. "Mobile Vikings continuera à offrir ses produits et services aux mêmes conditions et sous le même nom. Une nouvelle offre est envisageable, mais c’est encore trop tôt pour le confirmer", explique Proximus.

Avec ce nouvel achat, le patron poursuit également sa stratégie visant à exploiter autant que possible ses actifs. Depuis un an désormais, Guillaume Boutin  n’a cessé de multiplier les appels du pied à ses concurrents, afin de mettre en place des partenariats en tout genre.

L’annonce a aussi des conséquences sur la concurrence. Mobile Vikings est un opérateur MVNO. Autrement dit, ce dernier ne dispose pas de son propre réseau et loue les infrastructures d’un concurrent. Après le rachat par DPG Media, Mobile Vikings avait migré vers le réseau Orange. Un contrat lie les deux entreprises jusqu’à la fin 2021. "Mobile Vikings a déjà annoncé qu’il comptait bien honorer son engagement", confie Orange qui ne souhaite pas s’exprimer sur la perte de revenus qu’engendrera le départ de son "locataire". Le manque à gagner devrait néanmoins se situer au moins autour des 10 millions d’euros par an.

Taille du Drakkar à valider

Comme précisé par Proximus, la transaction doit encore être validée par l’autorité de la concurrence. La dernière étape n’est pas anecdotique et une opposition n’est pas impossible. L’autorité de la concurrence se méfie des concentrations trop importantes dans notre pays où les tarifs ne sont pas vraiment les plus attractifs d’Europe. A l'origine, Mobile Vikings avait d’ailleurs quitté le giron de Telenet suite au rachat quelques mois plus tôt de Base. L’autorité de la concurrence avait alors imposé à Telenet de se séparer de Mobile Vikings. Pas d’inquiétude toutefois du côté de Proximus qui "espère clôturer cette procédure le plus rapidement possible en 2021".

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