Proximus mise sur les acquisitions pour son développement digital

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En quelques années, six entreprises IT ont rejoint le portefeuille du télécom. Pour Bart Van Den Meersche, responsable de la division entreprise, cette stratégie de rachat est la plus efficace pour le digital.

Avec ses onze milles travailleurs, le paquebot Proximus est le plus grand acteur télécom du pays. Mais à l’image de son plan de transformation "shift to digital", l’entreprise multiplie désormais aussi les initiatives dans le digital pour compléter ses compétences historiques. Pour cet aspect, l’entreprise a mis en place une politique bien spécifique, menée en priorité par le rachat d’entreprises spécialistes du secteur. Le mouvement n’est pas tout neuf.

"Nous cherchons en priorité les compétences qui nous manquent."
Bart Van Den Meersche
Chief Enterprise Market Officer de Proximus

Le premier rachat date déjà de 2005 avec l’acquisition de Telindus, un intégrateur IT. "Mais il s’agissait encore d’un acteur essentiellement actif dans l’infrastructure, ce qui n’est pas très loin de notre première activité télécom", nuance Bart Van Den Meersche, chief enterprise market officer de Proximus. "Pour l’activité purement de digitalisation, les rachats sont beaucoup plus récents et ont d’ailleurs tendance à s’accélérer", précise-t-il. Cybersécurité, Cloud, mobilité, les domaines visés par l’entreprise sont assez variés.

Depuis 2017, Proximus a effectué l’acquisition de six sociétés différentes. "Il n’y a pas de budget spécifique par an où un nombre de rachats précis prévu. Nous faisons constamment un screening du marché pour trouver les entreprises qui pourraient nous être utiles, explique Bart Van Den Meersche. Nous ne faisons pas des acquisitions dans le but d’apporter la croissance. Nous cherchons plutôt en priorité les compétences qui nous manquent pour réaliser notre ambition d’être le partenaire idéal pour la transformation digitale de nos clients." Peu importe donc qu’il s’agisse d’une start-up, d’une PME ou d’une société de plus de 100 personnes.

Des spécialistes plus attractifs

Les emplettes du groupe lui ont permis d’obtenir la signature de quelques jolies collaborations. "Il y a quelques semaines, nous avons par exemple signé un contrat avec la Banque Degroof-Petercam grâce entre autres à notre société Coditen spécialisée en business integration dans le cloud", explique Bart Van Den Meersche. Une bonne nouvelle pour l’entreprise mais la stratégie peut paraître à première vue surprenante. Le groupe ne souhaite pas parler du budget consacré à ces rachats, mais avec 11.000 travailleurs, n’est-il pas possible de développer directement en interne les solutions de ces sociétés? Compliqué, selon Bart Van Den Meersche.

"Nous aurions pu créer une équipe en interne mais nous aurions perdu énormément de temps."
Bart Van Den Meersche

"Nous avons effectivement des équipes qui travaillent sur ces questions chez Proximus. Mais ces entreprises ont des connaissances très spécifiques. Davinsi a, par exemple, une expertise dans la cybersécurité avec un focus sur l’anticipation des problèmes, ce que nous n’avons pas suffisamment chez nous. Nous aurions pu créer une équipe en interne mais nous aurions perdu énormément de temps. Puis ces entreprises ont aussi un attrait que nous n’avons pas toujours. Lorsqu’elles sont des références dans un secteur précis, elles parviennent plus facilement à attirer des experts que Proximus", reconnaît le dirigeant.

Visiblement satisfait de sa stratégie, Proximus compte bien la poursuivre dans les années à venir. "Nous suivons de près quelques entreprises pour le moment mais le travail de recherche est constant", sourit Bart Van Den Meersche.

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