Proximus réfléchit à l'avenir de sa filiale en mobilité intelligente

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Proximus a lancé une revue stratégique autour de Be-Mobile, cet actif en croissance au capital duquel il était monté en 2006. Une banque d'affaires a été mandatée.

Les réflexions stratégiques se succèdent chez Proximus. Après une volonté d'allègement de sa participation (57,6%) dans sa filiale internationale Bics, détenue aux côtés de Swisscom et du sud-africain MTN - qui cherchent, eux, à en sortir complètement -, c'est désormais au tour des activités de mobilité intelligente d'être au centre de l'attention.

Une "révision stratégique" vient d'être lancée, banque d'affaires à l'appui, autour de la filiale Be-Mobile, a-t-on appris à bonne source. L'opérateur télécom avait pris 61,02% du capital de cette entreprise gantoise en 2016.

2016
Proximus était monté à bord de Be-Mobile en 2016 avec une prise de participation de 61,02%.

Objectif? Voir si Proximus constitue toujours le meilleur acteur pour accompagner le développement et la création de valeur de la société, et évaluer les synergies entre les deux entités.

Acquisition gagnante

À l'époque, l'opération sur Be-Mobile avait permis à Proximus de se hisser au rang de leader sur le marché Benelux des solutions de paiement mobile de gestion de trafic et de stationnement (via l'application 4411 de Be-Mobile).

Et ce avant d'en remettre une couche fin 2018 avec le rachat du français Mediamobile, qui fournit l'info trafic en temps réel aux systèmes de navigation des constructeurs automobiles Renault, BMW, Volvo, Toyota et Volkswagen.

Non seulement l'opérateur télécom rajoutait ainsi une corde à son arc, mais il étendait aussi sa présence géographique en France, en Allemagne, en Scandinavie et en Pologne. Sans compter l'équipe de 40 personnes qui venait renforcer les quelque 145 employés que comptait alors Be-Mobile.

40
millions €
C'est le chiffre d'affaires combiné de Be-Mobile et Mediamobile en 2017. Le premier a racheté le second l'année suivante.

Combinées, les deux entités représentaient un chiffre d'affaires de 40 millions d'euros en 2017. Le chiffre actuel n'est pas connu, mais l'année dernière a été marquée par la croissance, à en croire notamment les comptes des entités belges de Be-Mobile.

Et pour cause, Be-mobile – où Proximus est désormais monté à plus de 90% du capital, le restant étant aux mains du CEO – est un acteur de pointe dans des métiers qui le sont tout autant. Son savoir-faire va de l'automobile, via les systèmes et les applications de navigation (dont Touring Mobilis), à la gestion de trafic et de parkings intelligents. S'ajoute à cela la gestion de péages dynamique (pour les poids lourds en Belgique et en Allemagne) et de flottes.

Quid de la concurrence? Elle est incarnée par Communithings, en contrat exclusif avec Orange Belgique, qui y a injecté 3 millions d'euros aux côtés de finance.brussels et d'Essex Innovation en 2019. Cet acteur n'était arrivé sur le marché qu'en 2014, alors que la pépite de Proximus a été fondée en 2006 par les Flamands Philip Taillieu et Jan Cools. Le duo s'était rencontré alors qu'ils travaillaient dans une société active dans les boîtes noires pour camions.

Fibre pour priorité

Se pose dès lors une question: pourquoi Proximus chercherait-il aujourd'hui à s'en séparer? La réponse est simple. Pour disposer de cash à un moment clé. Car il est un fait: l'opérateur possède l'un des réseaux de fibre optique les moins développés d'Europe, à un moment où la course à toujours plus de rapidité fait rage et où les technologies de demain pointent le bout de leur nez.

Ici comme avec Bics, l'opérateur pourrait aller chercher un peu plus de carburant pour assurer le 1,3 milliard d'euros par an d'investissement nécessaire pour suivre la cadence. Une opération qui viendrait s'ajouter aux travaux déjà entrepris par le CEO Guillaume Boutin. La dette du groupe a été révisée à la hausse, à concurrence de 600 millions d’euros, et le dividende a été revu à la baisse, passant de 1,5 à 1,2 euro brut par action, soit le niveau le plus bas depuis que Belgacom est entré en Bourse en 2004.

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