Proximus rejette l'idée des syndicats de raboter le dividende pour économiser

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Dominique Leroy, CEO de Proximus, a profité de l’assemblée des actionnaires pour (re) justifier le plan de transformation de la société. "Proximus va devoir se réinventer." Elle a rejeté une proposition des syndicats visant à réduire le dividende.

Le personnel de Proximus va devoir s’adapter.
Dominique Leroy
CEO de Proximus

Bienvenue au pays du Soleil Levant. En organisant son assemblée générale au Proximus Lounge situé à Evere, Proximus avait le choix entre différentes salles désignées par des noms de planète. De Jupiter à Mars, en passant par la Terre ou Pluton, les organisateurs ont finalement opté pour la salle "Rising Sun", un nom peut-être de bon augure après la douche froide du mois de janvier qui a vu le personnel de l’opérateur historique découvrir les contours du plan de transformation "Shift to digital" censé déboucher sur 1.900 licenciements, 1.250 engagements de nouveaux profils et des économies de 240 millions d’euros sur trois ans. "Proximus va devoir se réinventer", a assuré Dominique Leroy, la CEO de Proximus , dont le mandat d’administrateur a été renouvelé pour une période de quatre ans.

"Se réinventer"

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Lors de son speech introductif, Stefaan De Clerck, président du conseil d’administration de Proximus, a insisté sur la nécessité pour l’opérateur historique de réussir sa transformation vers une entreprise plus axée sur le digital dans un secteur très concurrentiel et en évolution permanente. "Chaque année, l’Union européenne calcule le taux de digitalisation des États par rapport aux 28 États membres. Pour 2018, la Belgique s’est classée en 8e position", un score somme toute honorable de l’aveu même du président de Proximus, mais en recul constant. "D’autres pays ont mieux progressé que la Belgique. Il va falloir investir dans le capital humain pour renforcer les compétences digitales du personnel de Proximus", a martelé Stefaan De Clerck, souhaitant que les négociations avec les syndicats démarrent dans les meilleurs délais.

Comme il fallait s’y attendre, le plan de transformation de Proximus annoncé en janvier était sur toutes les lèvres lors de cette assemblée générale qui, pour le reste, aura réservé peu de surprises.

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"Nous évoluons dans un contexte de marché fort différent par rapport à ce qu’on a connu au cours des cinq dernières années", a pour sa part expliqué Dominique Leroy, la CEO de Proximus qui a précisé que "Proximus devait se réinventer" afin de pouvoir suivre l’évolution de la digitalisation du marché et faire profiter ses clients de ce marché en évolution. Expliquant par le menu les diverses causes d’accroissement de la pression concurrentielle, la CEO de l’opérateur historique a fait savoir qu’elle se donnait trois ans pour que Proximus devienne une entreprise digitale axée sur le client. Et pour cela, comme tous l’avaient déjà compris, "le personnel de Proximus va devoir s’adapter. Par le passé, nous avions besoin d’ingénieurs électromécaniciens tandis que dans le futur, il nous faudra des gens à l’aise avec le software".

Revenant sur ce plan de transformation, la CEO a reconnu que la partie à jouer ne sera pas aisée. "Le programme n’est pas simple et il demandera des efforts à nos collaborateurs. Nous espérons que les actionnaires resteront satisfaits et fiers d’une société qui évolue avec les besoins du marché", a encore précisé Dominique Leroy.

Présent dans la salle, un actionnaire de Proximus, rebondissant sur une proposition faite par les syndicats a envisagé l’idée de raboter le dividende de quelques centimes afin de participer à l’effort d’économies. Tentative douchée par Dominique Leroy qui a assuré qu’une réduction du dividende n’entraînera pas de réduction de la base de coûts de Proximus.

Enfin, les points du jour de l’assemblée générale ont tous été validés. Catherine Rutten a été nommée administratrice indépendante, amenant de facto la parité des genres au sein du conseil d’administration de Proximus qui, du coup, se composera de sept femmes et de sept hommes. Les comptes 2018 ont été approuvés et la décharge a été accordée aux administrateurs.

Gouvernance Parité homme-femme, mais pas que…

Avec l’aval, mercredi, de l’arrivée de Catherine RuttenCEO de Pharma.be, au conseil d’administration de Proximus, l’opérateur historique compte désormais autant de femmes que d’hommes au sein de son board: sept pour sept. "J’en suis très fière", a déclaré mercredi la patronne de Proximus, Dominique Leroy au sujet de cette bonne nouvelle. Car "au sein de l’entreprise, nous visons la diversité et l’égalité de genre sur le lieu de travail".

Celle qui dirige la fédération belge de l’industrie pharmaceutique rejoint par-là Martine Durez (ex-présidente du CA de bpost, siégeant au board d’Ethias et de la SNCB) ou encore Agnès Touraine (ex-PDG de Vivendi Universal Publishing). Elle y remplace Guido Demuynck, frappé par la limite d’âge de son mandat (12 ans).

Si Catherine Rutten apportera à sa nouvelle fonction l’expertise liée à sa casquette actuelle, elle pourra aussi faire valoir une fine connaissance du secteur des télécoms. En effet, cette avocate de formation a été membre du conseil du régulateur (IBPT) pendant dix ansaprès avoir été chargée des affaires régulatoires pour BT (anciennement British Telecom) en Belgique, pendant 5 ans.

En coulisse, il nous revient par ailleurs que, bien qu’elle soit inscrite sur le quota des administrateurs indépendants de Proximus, la nouvelle administratrice aurait l’oreille attentive de l’Open Vld. Un élément qui a pu jouer en sa faveur, au vu de la relation pour le moins tendue qu’a pu entretenir pendant plusieurs mois Dominique Leroy avec le précédent ministre des télécoms, Alexander De Croo. Interrogée sur ce point, Catherine Rutten n’a pas donné suite à nos sollicitations. Sims

 

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