Proximus revoit le système de primes de son top-management

©Saskia Vanderstichele

Jusqu’ici, les cadres supérieurs de l’opérateur télécoms voyaient leur prime augmenter en fonction de l’action en Bourse. Dès cette année, un indice de réputation viendra aussi jouer dans l’équation, indique Stefaan De Clerck, président du CA de Proximus.

L’opérateur télécoms Proximus modifie le système de primes octroyées à sa haute direction, annonce le président de son conseil d’administration, Stefaan De Clerck, dans une interview à notre rédaction.

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Jusqu’à présent, les cadres supérieurs de Proximus voyaient leur prime augmenter en fonction de la hausse de l’action en Bourse. Désormais, l’entreprise n’examinera plus exclusivement son cours boursier – et donc le rendement afférent pour les actionnaires – pour déterminer la hauteur desdites primes. Elle prendra également en compte la façon dont est perçue l’entreprise. Elle utilisera à cet effet un "indice de réputation".

Cette révision drastique intervient au terme d’une année où l’action Proximus n’a pas été à la fête en Bourse. Sur l’ensemble de l’année 2018, le titre a ainsi perdu 13,9%. L’entreprise, dont l’État belge est l’actionnaire majoritaire, a souffert après l’annonce par le ministre des Télécoms de l’époque, Alexander De Croo (Open VLD), de l’arrivée prochaine d’un quatrième opérateur qui pourrait tout naturellement prendre des parts de marché au trio actuel (Proximus, Orange et Telenet). Pour l’heure, ce quatrième opérateur ne s’est cependant toujours pas déclaré.

"Désormais, l’entreprise n’examinera plus juste le cours, mais aussi la façon dont elle est perçue."
Stefaan De Clerck
Président du CA De proximus

Proximus a lancé les discussions sur les critères d’octroi de la prime après la chute de l’action en Bourse, confirme De Clerck. "L’an dernier, l’action a piqué du nez dès l’annonce qu’un quatrième opérateur ferait bientôt son entrée sur le marché belge des télécoms, rappelle-t-il. L’évolution du cours de Bourse était donc totalement étrangère à la qualité de la gestion des dirigeants de l’entreprise. Mais ils n’en subiraient pas moins une baisse de leur prime. Ce n’était pas logique."

Les primes constituent une part importante du paquet salarial du top management. Le comité de direction a reçu l’an dernier plus de 2 millions d’euros en primes, dont la moitié sous la forme de bonus à long terme. Dorénavant, l’octroi de la prime à long terme sera soumis à deux critères supplémentaires. Le premier concerne le flux de trésorerie disponible, le second l’évolution d’un "indice de réputation". L’entreprise nous précise qu’elle se réfère à cet égard au classement "RepTrak", établi par l’organisme indépendant Reputation Institute.

L’opérateur télécoms peut y isoler quelques critères en particulier, et les soumettre à l’avis de ses parties prenantes comme les clients, les investisseurs et les décideurs. "C’est une palette très diversifiée comprenant des éléments tels que les résultats financiers et la qualité des produits, mais aussi l’éthique dans la conduite des affaires, la politique d’égalité des chances, le développement durable et le leadership de l’entreprise", précise le porte-parole de l’entreprise, Fabrice Gansbeke.

Inspiré du modèle de KPN?

Il est possible que l’opérateur télécoms se soit inspiré de l’exemple de son pendant sectoriel aux Pays-Bas, KPN, qui utilise déjà un indice de réputation "RepTrak" pour l’octroi de la rémunération à long terme de son comité de direction.

Le professeur Xavier Baeten, expert en politique de rémunération à la Vlerick Business School, indique qu’il s’agit peut-être d’une première en Belgique. Il n’a pas connaissance en tout cas d’autres entreprises qui y auraient recours. "Mais les entreprises belges sont de plus en plus nombreuses à travailler avec des critères non financiers, tels que des critères de durabilité, pour l’octroi de primes", fait observer Xavier Baeten.

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