"Quatre opérateurs, ce n'est pas soutenable"

©BELGA

Lors de la présentation des résultats semestriels de l’opérateur, Dominique Leroy, CEO de Proximus, est revenue sur la possible entrée d’un quatrième opérateur sur le marché mobile. Un dossier qui n’a "rien de trivial".

"Alors, ce quatrième opérateur?", telles étaient en substance les interrogations dont ont fait part les analystes à Dominique Leroy, CEO de Proximus , à l’occasion de la présentation des résultats semestriels de l’opérateur ce vendredi. Un sujet brûlant qui fait suite à l’annonce mardi du gouvernement fédéral d’ouvrir grand la porte à un nouvel acteur dans le mobile à l’occasion de la vaste enchère du spectre qui aura lieu courant 2019, moment important puisque ses résultats courront sur les vingt prochaines années.

L’on devrait en savoir plus d’ici juin-juillet sur ce possible nouvel entrant. D’ici là, nous devrons vivre dans l’incertitude.
Dominique Leroy
CEO de Proximus

Réponse de l’intéressée: "Il est très difficile pour nous aujourd'hui de répondre aux questions. Alors, nous sommes très contents que le régulateur des télécoms ait décidé jeudi de dévoiler les conditions décidées pour une telle arrivée, car cela donne un peu plus de transparence pour tout le monde, mais force est de constater, dans les faits, qu'il y a tout de même pas mal de spectre qui lui est réservé", a déclaré la patronne, et ce, alors que rien n’assure que l’acteur en question, qui avait fait montre d’intérêt par le passé auprès de l’IBPT, aille jusqu’au bout de la démarche, les obstacles étant nombreux sur la route d’ici l’an prochain.

Pour Dominique Leroy, "cela n'a rien de trivial, car il en va, pour une partie, de spectre qui est aujourd'hui déjà pleinement utilisé par les opérateurs de réseau (Proximus, Orange et Telenet, NDLR). Cette décision du gouvernement aura dès lors un impact sur notre réseau", a-t-elle souligné.

Point positif par contre, "l'obligation de couverture (de la population belge, mesure introduite afin de luter contre le problème des zones blanches, ces zones – souvent rurales – mal desservies en matière de connectivité, NDLR) qui, bien que moins rapide et plus basse dans une première phase, atteint le même niveau auquel nous sommes soumis après huit ans. C'est une nouveauté, car il en allait de dix ans précédemment, ce qui rendra la tâche plus ardue pour un nouvel acteur, en ce compris financièrement, car il devra mettre plus d'argent sur la table pour déployer un réseau endéans cette période".

 

Plus de clarté en juin

Interrogée sur l’identité du concerné, ce fameux quatrième potentiel, la patronne renvoie vers la suite des événements qui devrait, in fine, déboucher sur plus de clarté. "L'on s'attend potentiellement à ce qu'un nouvel entrant ait à s'enregistrer vers juin-juillet l'an prochain et à ce que les enchères sur le spectre ait lieu, au plus tôt, en octobre", a expliqué la CEO. "Malheureusement, d'ici là, soit à la mi-année prochaine, nous devrons vivre dans l'incertitude avant de savoir s'il y a bel et bien un intéressé et qui cela peut bien être".

Car rien n’est fait. Dominique Leroy abonde dans le sens de Michaël Trabbia, patron d’Orange Belgique. "La Belgique est un marché relativement petit, avec déjà trois opérateurs de réseau, ce qui m'amène à penser que, vu cette taille, quatre opérateurs avec quatre réseaux, ce n'est pas quelque chose de soutenable. Sur le long terme, je ne pense d'ailleurs pas que cela puisse marcher".

Un son de cloche qui n’est pas sans rappeler ce que déclarait encore récemment dans nos pages son concurrent pour qui il n’y a "pas de business case" pour un nouvel entrant en Belgique, soulignant les nombreux marchés à quatre opérateurs, passés à trois ces derniers mois. Une position quelque peu validée par la récente ouverture du gouvernement britannique à l’idée d’une consolidation dans le pays, qui compte quatre acteurs actuellement, emboitant ainsi quelque peu le pas du régulateur français dont le président avait déclaré plus tôt dans l’année au journal Le Monde que la porte était là aussi "entre-ouverte" à une consolidation, devant déboucher sur un marché à trois outre-Quiévrain.

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