Que gagnent les patrons des grands opérateurs européens?

Timotheus Höttges de Deutsche Telekom a le sourire. L'an dernier, il a touché plus de 5 millions d'euros. ©REUTERS

Dominique Leroy va, en prenant la tête de KPN, voir son salaire nettement grimper. Pourtant, l'opérateur néerlandais est loin de dominer le classement des groupes télécoms les plus généreux envers leur CEO. Petit tour d'horizon.

En quittant Proximus pour KPN, Dominique Leroy verra son salaire progresser.

Stefaan De Clerck, président du conseil d'administration, avouait à l'annonce du départ de sa CEO qu'il existait des "divergences" sur la question salariale, espérant toutefois que le point n'avait dominé son choix.

La dirigeante reconnaît que la question salariale a pesé dans sa décision. Le président du conseil, Stefaan De Clerck, avouait aussi à l'annonce du départ de sa CEO qu'il existait des "divergences" sur la question, espérant toutefois que le point "n'avait pas dominé son choix"

L'an dernier, la CEO a perçu une rémunération totale dépassant 940.000 euros. Rappelons qu'en tant que société semi-publique (l'Etat conserve plus de 53,5% dans le capital), le salaire fixe du patron est limité à:

→ 290.000 euros pour des sociétés (semi-) publique non cotées, comme la SNCB;
→ 650.000 euros pour les entreprises (semi-) publique cotées, comme bpost et Proximus.

Le salaire fixe (522.810 euros) de Dominique Leroy s'affichait sous cette limite. Néanmoins, aux Pays-Bas, ce plafond n'existe pas. Son salaire de base chez KPN sera de 935.000 euros auxquels il faudra ajouter un plan d’incentives à court et long terme.  Qu’en est-il de ses pairs? 

Maximo Ibarra, CEO sortant de KPN ©ANP XTRA

Pour 2018, son prédécesseur chez KPN, Maximo Ibarra, a touché près de 1,5 million d'euros, dont 657.000 euros de salaire fixe. Il s'agissait de sa première année à la tête de la société. Si la revalorisation est tangible, celle-ci reste toutefois raisonnable au vu des chiffres des autres opérateurs européens. 

La palme revient à Timotheus Höttges. Le patron de Deutsche Telekom a perçu pas moins de 5,38 millions d'euros de compensation l'an dernier. De cette somme, seul 1,45 million constitue le salaire fixe.

Notre dossier sur la démission de Dominique Leroy

La patronne de Proximus a créé la surprise en annonçant sa démission. Qui est réellement cette femme d'affaires qui avait repris les rênes de l'opérateur télécom en 2014? Qui pour lui succéder? Pourquoi un tel choix? L'Echo décortique les tenants et aboutissants de son départ.

Quels défis attendent Dominique Leroy chez KPN?

• PORTRAIT | Dominique Leroy, le souci de l'image

• INTERVIEW | "Face à l'opportunité KPN, rien ne pouvait me faire rester" (Dominique Leroy) 

• EDITO | Pas de CEO au rabais

Qui sera le nouveau CEO de Proximus?

• INTERVIEW | "La rémunération de notre CEO n'a pas les mêmes limites qu'en Belgique" (Duco Sickinghe, président de KPN)

• Proximus perd près d'un quart de milliard en bourse après l'annonce du départ de Leroy

Chez British Telecom, où des rumeurs de presse annonçaient il y a un an une possible arrivée de Dominique Leroy, le salaire de base du patron, Garvin Patterson, dépassait 1,11 million d'euros en 2018. Au total, sa rémunération a atteint 2,31 millions de livres (près de 2,6 millions d'euros).

Stéphane Richard d'Orange, ex-France Telecom, occupe la troisième place. Il a touché en 2018 près de 2 millions d'euros (1,96 million exactement). Rapporté au salaire des patrons du CAC 40, Richard fait pâle figure à côté des 23 millions empochés par Bernard Charlès de Dassault Système ou aux 12,2 millions de François-Henry Pinault de Kering.

Néanmoins, notons qu'en France, comme en Belgique, les patrons d'entreprises publiques sont sujets à une modération salariale. Le plafond est fixé à 450.000 euros en France. L'Etat y est encore à hauteur de 23% dans Orange (13,4 % directement et 9,56% via la banque publique d'investissements française - bpifrance).

Au pays des Helvètes, Urs Schaeppi a, quant à lui, perçu 1,83 million de francs suisses (1,68 million d'euros) pour ses prestations à la tête de Swisscom en 2018. 

Au niveau de la Belgique, on note aussi d'importantes différences. En effet, chez Telenet, le patron John Porter a perçu près de 1,6 million d'euros (dont 630.000 euros de salaire de base) au titre de 2017. La même année, Michael Trabbia percevait chez Orange Belgique quelque 571.400 euros. Un chiffre revu à la hausse en 2018 avec un salaire total de 662.758 euros, dont plus de 310.600 euros de salaire fixe. 

 

 

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés