"Qui peut faire une offre sur Belgacom si l’Etat possède encore 40%?"

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Rencontré à Los Angeles dans le cadre de la mission économique emmenée par le Prince Philippe, Didier Bellens, le patron de Belgacom, n’a pas exclu la possibilité d’une diminution de la participation de l’Etat belge dans le capital de l’opérateur historique.

A la question de savoir s’il était important que l’Etat belge reste l’actionnaire majoritaire de Belgacom, Didier Bellens, présent à Los Angeles dans le cadre de la mission princière, s’est d’abord interrogé sur ce que signifiait la majorité avant de préciser que, selon lui, avec 40%, l’Etat belge pouvait toujours garder le contrôle sur Belgacom. "Qui peut faire une offre sur Belgacom si l’Etat possède encore 40% ? Personne", a expliqué Didier Bellens.

Alors que tout le monde se souvient de la récente sortie tonitruante du patron de Belgacom sur la problématique de la 4G à Bruxelles (ce que l’on a appelé le "Fuck yougate"), ce dernier n’a toujours pas mâché ces mots contre l’inertie actuelle. "Nous sommes rassurés de pouvoir développer la 4G partout où c’est possible, mais concernant Bruxelles, nous ne sommes pas rassurés du tout", a-t-il expliqué. "De mon point de vue, il est inconcevable, en tant que capitale de l’Europe, d’avoir ce genre de souci ", a encore dit Didier Bellens. "Techniquement, nous ne sommes pas au sommet. Il y a des gens qui viennent du monde entier à Bruxelles, il faut que l’on soit un exemple au niveau de la technologie que l’on peut déployer", a-t-il ajouté avant de dire qu’une décision devait être prise par la Région bruxelloise. "Cela me paraîtrait logique d’être présent avec la 4G dans les trois régions, mais c’est une décision qui est surtout politique."

Didier Bellens était présent à Los Angeles pour assister à une rencontre avec Bob Iger, le CEO de Disney. Pour le patron de Belgacom, une telle présence est indispensable pour assurer à l’opérateur historique sa capacité d’innovation. Et si c’est vrai pour le contenu proposé par Disney, ce l’est également pour d’autres types de contenu proposés par d’autres opérateurs, plus petits, mais dont Didier Bellens n’a pas souhaité révéler les noms. Sa visite aux Etats-Unis sera ponctuée de plusieurs rendez-vous.

"Quand on parle de production et de contenu, les majors américaines sont fondamentales. Cette production américaine est un de leur premier produit d’exportation. Pour nous, l’idée est de diffuser ces programmes à nos clients via notre plateforme", a-t-il expliqué.

Face aux nouveaux acteurs et aux nouveaux moyens de diffusion, Belgacom entend se positionner comme un partenaire potentiel plutôt que comme un ennemi éventuel. "Nous sommes toujours intéressés par les nouveaux moyens de diffusion qui se développent. Ces moyens vont arriver et nous voulons être les premiers, c’est pour cela que nous sommes ici, pour rencontrer les dirigeants de ces sociétés."

Générer du cash-flow

Enfin, à la question de savoir quels étaient les grands défis de Belgacom pour les cinq années à venir, Didier Bellens s’est livré à une petite analyse géo-politique. "Nos fournisseurs de technologies se trouvent en extrême-Orient tandis que tout ce qui touche aux softwares et au contenu se trouve aux Etats-Unis. Et, comme le disait récemment le président de la Commission européenne, entre les deux, il n’y a rien". Et, selon Didier Bellens, ce vide s’explique par la trop forte régulation des télécoms européens qui, du coup, n’ont plus eu le cash-flow nécessaire pour innover correctement. "Il faut que les autorités se disent que pour que le secteur puisse être stratégique, il faut que les sociétés puissent générer du cash-flow pour investir lourdement dans la technologie et l’innovation."

 

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