Qui sera le nouveau patron de Proximus?

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L’annonce du départ de la CEO de Proximus est le début d’un sacré casse-tête.

Avis au candidat, le profil recherché est une perle rare: une personne capable de cerner l’importance des défis du digital dans une entreprise semi-publique en pleine restructuration. Le candidat en question ne devra par ailleurs pas être trop gourmand au niveau de la rémunération. Enfin, s’il est francophone, le président du conseil d’administration devra être néerlandophone et inversement, comme le stipulent les statuts de Proximus.

Mission impossible donc? En tout cas plutôt compliquée. Ces critères semblent écarter certains possibles candidats, à commencer par un débauchage du côté de la concurrence. "A moins d’une raison précise de partir, il n’y aurait pas vraiment d’explication pour qu’une personne d’expérience et fidèle depuis des années à un autre acteur télécom décide de quitter son groupe pour rejoindre la concurrence", explique Olivier Top, senior partner chez Page Executive, la branche du chasseur de tête Michael Page spécialisée dans le recrutement des profils dirigeants. Plutôt que la concurrence directe, un profil issu d’un secteur connexe aurait plus de chances, selon le spécialiste. "Notamment un groupe avec une large activité commerciale aussi bien dans le B to B que le B to C", explique le spécialiste.

Une flopée de candidats potentiels

Au petit jeu des pronostics, certains profils semblent sur papier capables de relever le défi. Bernard Delvaux, l’actuel patron de Sonaca, qui est passé également par bpost, a une bonne connaissance des grandes entreprises (semi)-publiques et des importants défis à y relever. "C’est typiquement un profil que je verrais bien", confirme le chasseur de tête. "Une personne d’expérience capable d’apporte une vraie dynamique. Jean-Jacques Cloquet aurait aussi été un bon candidat mais vu qu’il vient de quitter son poste à l’aéroport de Charleroi pour la direction de Pairi Daiza, le timing ne semble pas bon."

Parmi de potentiels candidats, Grégoire Dallemagne, l’actuel CEO de Luminus, pourrait également avoir une carte à jouer. Le patron a eu une belle expérience dans le secteur. Il a notamment été le CEO de Tele2. Il y a cinq ans, à la nomination de Dominique Leroy, il était d’ailleurs souvent cité. Depuis, il a emmagasiné une belle expérience à la direction d’un grand groupe.

Du côté des jeunes profils mais avec déjà un joli CV, Pierre Hermant, l’actuel patron de Finance.Brussels, est aussi intéressant. Sa récente nomination à la tête du bras financier pour l’entreprenariat bruxellois semble rendre une possible candidature peu probable. Le timing pourrait en revanche être plutôt bon pour Jean-Paul Philippot, le patron de la RTBF dont le mandat se termine en février prochain. Contacté, il se dit assez surpris par l’annonce de cette démission et préfère ne pas faire le moindre commentaire.

Une solution en interne?

Reste enfin la solution en interne Guillaume Boutin, le chief consumer market officer, et Sandrine Dufour, l’actuelle chief financial officer, ont une position permettant de revendiquer l’échelon suivant. Le profil très (trop?) financier de cette dernière et son arrivée relativement récente pourraient néanmoins être des freins à une telle ascension. Plus discret, le profil de Geert Standaert, le chief technology officer, pourrait être apprécié. Au sein du comité exécutif depuis mars 2012, il a l’expérience pour lui. Véritable bras droit de Dominique Leroy, il était de toutes les grandes manœuvres du groupe et dispose d’un profil IT, forcément utile à l’heure de la transformation digitale. 

Notre dossier sur la démission de Dominique Leroy

La patronne de Proximus a créé la surprise en annonçant sa démission. Qui est réellement cette femme d'affaires qui avait repris les rênes de l'opérateur télécom en 2014? Qui pour lui succéder? Pourquoi un tel choix? L'Echo décortique les tenants et aboutissants de son départ.

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• INTERVIEW | "Face à l'opportunité KPN, rien ne pouvait me faire rester" (Dominique Leroy) 
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• INTERVIEW | "La rémunération de notre CEO n'a pas les mêmes limites qu'en Belgique" (Duco Sickinghe, président de KPN)
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