Renaud Witmeur prend temporairement la tête de Nethys

Renaud Witmeur ©BELGA

Le patron de la Sogepa a été nommé par le conseil d'administration de Nethys pour reprendre la société en main, ad interim. Il sera, entre autres, chargé de trouver une solution concernant la vente de Voo à Providence, dont le caractère définitif a été révélé ce 16 octobre.

Renaud Witmeur a été choisi par les trois nouveaux administrateurs de Nethys, pour se charger d'une "mission de crise" au sein de la société liégeoise. Jean-Pierre Hansen, Bernard Thiry et Laurent Levaux ont en effet désigné le patron de la Sogepa comme président du comité de direction ad interim de la filiale tourmentée d'Enodia.

Cette mission, annoncée "de courte durée", s'inscrit dans le cadre des fonctions habituelles de Renaud Witmeur à la Sogepa, l'organisme public wallon qui intervient financièrement et accompagne les initiatives de redéploiement d’entreprises. Il sera, entre autres, chargé de trouver une solution concernant la vente, temporairement "cassée", de Voo à la société américaine de capital-investissement Providence Equity.

La vente de VOO à Providence était actée

La cession par Nethys des actions de VOO à la société de capital-investissement Providence a été signée le 23 mai dernier, révèle Le Vif. C'est l'une des trois ventes au centre de la tourmente que connait Nethys depuis plusieurs semaines.

La cession de 51% des parts de VOO, l'opérateur telco liégeois, à la société américaine de capital-investissement Providence Equity, avait été annoncée comme faisant l'objet d'une offre liante, avant d'être "cassée" par le ministre de tutelle Pierre-Yves Dermagne, le 6 octobre dernier. Ce dernier avait avancé que la vente n'était pas "de nature à obtenir les meilleures conditions pour les actionnaires publics, ce qui heurte l’intérêt général". Aujourd'hui, Le Vif révèle que la vente de VOO était, en réalité, définitive, et ce depuis le 23 mai 2019.

La convention de cession d'action aurait en effet été signée alors, soit un jour avant le 24 mai 2019, date jusqu'à laquelle Nethys estimait ne pas devoir bénéficier de l'avis conforme de sa maison-mère, Enodia, pour la vente de ses actifs, en vertu de l'interprétation faite par les juristes de la société de l'article L1532-5 du Code de la démocratie locale et de la décentralisation. Lors de sa communication orale au gouvernement wallon prononçant l'annulation des ventes de WIN, Elicio et VOO du 6 octobre dernier, le ministre Dermagne s'était opposé à cette interprétation, arguant que l'entrée en vigueur dudit article datait du 24 mai 2018 (et non 2019).

Dommages et intérêts

En guise de preuve, nos confrères du Vif mettent en avant une mise en demeure adressée à Stéphane Moreau, alors CEO de Nethys, et Pol Heyse, son directeur financier, datée du 11 octobre 2019, de la société luxembourgeoise OTP Luxco, représentant Providence. C'est cette lettre qui ferait mention de la "convention de cession d'actions du 23 mai 2019 relative à Newco 2 (le véhicule de Nethys qui loge VOO SA, NDLR)".

[Il y aura des] contraintes dans le cas où l’une des parties ne respecte pas ses engagements.
Une source proche du dossier

Aussi,d'après Le Vif, cette lettre a pour objet de communiquer l'impatience de l'acquéreur. L'audit d'acquisition devant être conduit par Providence nécessiterait l'accès à la Data Room de Nethys et celui-ci se ferait attendre. OTP Luxco aurait fixé, dans sa lettre, le 18 octobre comme date butoir à Nethys pour ouvrir les portes de sa Data Room à l'entreprise américaine.

Une source proche du dossier nous avait confié, le 9 octobre dernier, s'agissant de la vente de VOO, qu'il y aurait des "contraintes dans le cas où l’une des parties ne respecte pas ses engagements". Cette déclaration prend, aujourd'hui, tout son sens, au vu de la nature définitive de la vente.

En effet, si cette dernière n'a pas lieu, des dommages et intérêts pourraient être réclamés par le candidat acquéreur déçu. Toutefois, cette même source nous avait confié que, malgré "la grande surprise" du camp américain suite à la volonté d’annuler le deal exprimée par le gouvernement wallon, l'intérêt pour VOO demeurait "intact".



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