Rien ne va plus pour RIM

Frenny Bawa, Managing Director, Research In Motion (©Danish Siddiqui)

Le concepteur du BlackBerry est à la traîne depuis des mois. Des ventes inférieures aux attentes ont porté un nouveau coup dur à l'entreprise. Son cours s'écrase à Wall Street.

Research in Motion (RIM), le fabricant du téléphone multifonctions BlackBerry, s'effondrait vendredi à la Bourse de New York après avoir publié des résultats en forte baisse et bien inférieurs aux prévisions des analystes, en raison de ventes décevantes de ses produits.

Vers 14H00 GMT, le titre du groupe canadien, coté à New York sur le Nasdaq chutait de 19,29% à 23,85 dollars américains. Cela correspond à une perte de capitalisation boursière de près de trois milliards de dollars pour la société, qui ne vaut plus que 12 milliards de dollars en Bourse, contre plus de 30 milliards au début de l'année.

"Chiffre d'affaires, marges, bénéfice par action et prévisions sont tous ressortis en deçà des attentes", ont résumé les analystes de Bank of America Merrill Lynch.
Le groupe de Waterloo, en Ontario, a enregistré un bénéfice de 329 millions sur le deuxième trimestre de son exercice, plus que divisé par deux par rapport à la même période de l'an dernier.

Ses ventes, à 4,17 milliards de dollars, sont inférieures de 10% à celles enregistrées il y a un an.

"Même si la direction reste optimiste concernant les perspectives de (la tablette) Playbook et les nouveaux téléphones BlackBerry 7, nous restons plus prudents. Nous pensons que RIM sous-estime la concurrence sur le marché des téléphones multifonctions", a commenté Michael Walkley, analyste de Canaccord Genuity.
Le fabricant a lancé en août, à la fin du trimestre, la génération 7 de son téléphone, et a assuré avoir constaté de fortes ventes pour ces produits.
"Malgré l'optimisme affiché, nous restons sceptiques et rappelons aux investisseurs l'échec de la direction à prévoir le mauvais accueil des récents lancements de produits", ont estimé les analystes de Bank of America Merrill Lynch. Selon eux, le BlackBerry 7 "ne résout pas les faiblesses (de RIM): mauvais chargement (des pages web) et un choix d'applications limité".

 

RIM a annoncé jeudi un bénéfice fondu de moitié et des ventes inférieures aux attentes au deuxième trimestre. Le groupe a enregistré un bénéfice de 329 millions de dollars pour le trimestre clos le 27 août, en baisse de 59% par rapport à la même période de l'an dernier. Le bénéfice ajusté est ressorti à 80 cents par action, une performance en deçà des attentes des analystes qui tablaient sur une performance située entre 87 et 91 cents.

Le chiffre d'affaires du ténor canadien a atteint 4,17 milliards de dollars au deuxième trimestre, en baisse de 10% par rapport à la période correspondante un an plus tôt. Ce score est aussi inférieur aux attentes des analystes qui pronostiquaient des ventes tournant autour de 4,5 milliards de dollars.

Research in Motion, qui a vu la valeur de son titre fondre de près de 60% depuis le début de l'année, avait lancé en août de nouvelles versions de ses modèles Blackberry Curve, Torch et Bold. La commercialisation de ces nouveaux appareils, juste avant la rentrée scolaire de septembre en Amérique du Nord, devait se traduire par de fortes ventes, espérait le groupe chouchou des Canadiens, objet d'une relation amour-haine pour les analystes et les marchés.

RIM a finalement vendu 10,6 millions de BlackBerry et "environ 200.000 tablettes PlayBook" au deuxième trimestre. Ces résultats sont encore largement en deçà des attentes. Les analystes pronostiquaient des ventes d'environ 11,5 millions de téléphones multifonctions BlackBerry, milieu de la fourchette des prévisions établies par le groupe, et d'environ 600.000 tablettes numériques PlayBook.

"Nous avons lancé avec succès une variété de BlackBerry de génération 7 à travers le monde au cours de la dernière partie du deuxième trimestre et nous avons observé de fortes ventes et l'intérêt des consommateurs pour ces nouveaux produits", a déclaré dans un communiqué le co-PDG du groupe Jim Balsillie.

"Mais les ventes ont été un peu inférieures à nos projections en raison d'une demande plus faible que prévu pour nos modèles plus anciens" de BlackBerry, a-t-il ajouté.

RIM avait déjà annoncé des réformes internes et la mise à pied de 2.000 employés, 11% de ses effectifs. Ces mesures "d'optimisation" ont amputé les bénéfices du groupe canadien de 118 millions au deuxième trimestre.

Le champion canadien des télécoms anticipe la vente de 13,5 à 14,5 millions de BlackBerry, un bénéfice par action entre 1,20 et 1,40 dollar par action, et un chiffre d'affaires oscillant entre 5,3 et 5,6 milliards de dollars au troisième trimestre.

Selon les données les plus récentes du cabinet ComScore, RIM détient la troisième position (21,7%, -4%) du secteur aux Etats-Unis, derrière les appareils équipés de la plateforme Android de Google (41,8%, +5,4%) et le populaire iPhone d'Apple (27,0%, +1,0%).

La banque d'investissement Jaguar Financial, disant représenter plusieurs actionnaires de RIM, avait proposé la semaine dernière la fin de la direction bicéphale de la société - Jim Balsillie et Mike Lazaridis sont actuellement co-PDG - et le regroupement des brevets dans une nouvelle entreprise afin de tirer profit du mouvement de consolidation dans le marché. Jaguar, craignant que le groupe canadien n'arrive plus à reprendre sa place sur le podium des fabricants de téléphones multifonctions, avait même suggéré la mise en vente de RIM afin de tonifier le cours de l'action.

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