SFR Belgium en vente: qui sont les acheteurs potentiels?

©REUTERS

Le groupe de télécoms et de médias Altice explore une vente de sa filiale belge, selon le Financial Times. Un moyen, sans doute, d'offrir un peu de mou à la trésorerie du groupe.

Selon le Financial Times, Altice travaille avec la banque Lazard sur la vente potentielle de SFR Belgium, qui compte 110.000 clients. Une opération qui, toujours selon le FT, pourrait valoriser la filiale jusqu’à 500 millions d’euros.

Un montant qui peut sembler surprenant au vu de la taille relativement petite de l'opérateur en Belgique, qui n'est actif que dans une série de communes bruxelloises et du côté de Comines. Mais les actifs de ce type sont rarement en vente, et quiconque entend se renforcer sur le marché bruxellois devrait envisager l'achat. À noter que le paquet comprendrait également les activités luxembourgeoises du groupe.

Pour Altice, l'opération fait sens en ce qu'elle permettra de donner un peu de mou à la trésorerie du groupe, qui a accumulé les dettes pour financer d'importantes acquisitions à travers le monde, et singulièrement aux États-Unis. Le groupe de Patrick Drahi a notamment mis la main sur Cablevision pour 17,7 milliards de dollars. Une opération qui a reçu mi-juin le feu vert des autorités de l’Etat de New York et qui fait d'Altice le quatrième acteur du câble aux États-Unis.

Il y a aussi que l'horizon était relativement bouché pour SFR en Belgique, les possiblités d'extension de la part de marché étant quasi nulles. 

Le groupe de Patrick Drahi avait bien tenté de racheter l'opérateur mobile Base, filiale de KPN, pour étoffer sa présence en Belgique, mais a finalement reculé devant le prix demandé, tandis que Telenet mettait la main au portefeuille. De quoi frustrer encore plus les équipes de SFR Belgium : leurs offres triple play utilisent en effet le réseau mobile de Base, ce qui implique que l'opérateur doit désormais négocier ses prix directement avec Telenet, son principal concurrent sur le câble.

Parmi les acheteurs potentiels, on pointera justement Telenet, qui entend clairement se positionner comme un acteur national et pourrait profiter du rachat pour s'imposer à Bruxelles. 

Nethys est également à considérer, dans la mesure où cela permettrait d'armer le câblo-opérateur wallon Voo face à la concurrence. 

Orange Belgium (ex-Mobistar) peut également être ajouté à la liste, le groupe ayant toujours regardé avec intérêt la possibilité de se lancer dans les infrastructures fixes. D'autant que la filiale belge d'Orange tente depuis quelques mois de s'imposer sur le segment des offres packagées (TV + Internet + mobile).

Autre scénario à envisager : l'irruption d'acteurs financiers, typiquement des fonds de private equity qui pourraient vouloir capitaliser sur la rareté de ces actifs, et leur position stratégique au coeur du marché belge.

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