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Telecom Italia convoité par KKR pour 12 milliards de dollars

TIM va-t-il tomber dans l'escarcelle de KKR? ©REUTERS

KKR a déposé une offre non contraignante de 12 milliards d'euros pour Telecom Italia. Ce deal éventuel va-t-il relancer la consolidation du marché européen des télécoms?

Sommes-nous à la veille d'une nouvelle vague de consolidation dans le secteur européen des télécoms?

Telecom Italia (TIM) a annoncé que son conseil d'administration avait examiné une offre non contraignante de 12 milliards de dollars (10,8 milliards d'euros) du fonds américain KKR visant à privatiser l'opérateur télécoms. Une annonce qui a fait flamber l'action de l'opérateur qui a bondi de 30% ce lundi.

45,7%
L'offre de KKR représente une prime de 45,7% par rapport au cours de clôture de vendredi.

L'offre de KKR représente une prime de 45,7% par rapport au cours de clôture de vendredi. Elle intervient alors que l'administrateur délégué de TIM, Luigi Gubitosi, est bousculé, notamment par son premier actionnaire Vivendi, à la suite de deux avertissements sur résultats en trois mois. L'action Vivendi a d'ailleurs aussi profité de l'annonce, avec un gain de près de 2%.

Le conseil d'administration de TIM, présidé par Salvatore Rossi, s'est réuni pendant plusieurs heures dimanche après-midi et, dans une brève déclaration, n'a pas indiqué s'il allait soutenir l'offre, qualifié d'"amicale" par KKR.

Le Trésor italien considère cet intérêt étranger comme "une nouvelle positive pour le pays".

Secteur en effervescence

Tom Simonts, économiste au sein de KBC, rappelle que les tentatives de fusions et acquisitions dans le secteur des télécommunications sont en plein essor. Il rappelle ainsi l'OPA lancée par Orange sur sa filiale Orange Belgium qui s'était soldée par un échec.

Il évoque aussi le dossier du cablo-opérateur VOO, pour lequel on apprenait ce lundi soir qu'Orange a été retenu comme unique candidat au rachat, aux dépens de Telenet.

En France, le retrait de la cote d'Iliad et Altice pourrait également relancer la consolidation. C'est l'avis de Ramon Fernande, CFO d'Orange, qui explique que ce retrait de la cote pourrait faciliter une fusion au sein des quatre grands opérateurs du moment. "Pour les entreprises qui ne sont plus cotées en bourse, il est probablement plus facile de réfléchir (...) à des options stratégiques, peut-être à une consolidation sur le marché français."

Plus anecdotique, le groupe norvégien Telenor a indiqué ce week-end qu'il envisageait une fusion de ses unités de télécommunications thailandaises avec l'opérateur local CP Group.

Ces dernières années, de grosses opérations ont déjà défrayé la chronique. On se souvient du rachat par Vodafone des opérations Liberty Global en Allemagne, Hongrie, République tchèque et Roumanie ou du rapprochement, aux Pays-Bas, de Tele2 Netherlands et T-Mobile Netherlands

Offre sous valorisante

Vivendi, qui fait pression pour remplacer Luigi Gubitosi, estime que l'offre de KKR ne valorise pas suffisamment TIM, a déclaré une source proche du groupe français de médias.

Un porte-parole a indiqué que Vivendi restait disposé à travailler aux côtés des autorités et des institutions italiennes pour le succès à long terme du groupe italien.

Les sociétés de capital-investissement CVC et Advent ont parallèlement étudié d'éventuels projets pour TIM. Elles se disent toujours ouvertes à la discussion.

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