Telenet garde le cap en attendant le foot et un fournisseur 5G

Les relativement bon résultats permettent à Telenet de ne pas ressentir l’effet du confinement sur son Ebitda, même si la baisse des investissements de 8% durant les trois derniers mois a joué un rôle. ©Peter Hilz

L’opérateur a publié des semestriels sans surprise. Il souhaite désormais rapidement signer deux gros contrats: l'un avec Eleven pour le football et l'autre avec un fournisseur 5G.

"Il s’est passé ce que nous avions prédit lors de la présentation de nos résultats du premier trimestre. Nous avions indiqué qu’une partie de nos revenus seraient plus affectés. Nous avions aussi dit que cela aurait un impact limité sur nos bénéfices."  Erik Van den Enden, le CFO de Telenet avait effectivement vu assez juste en avril dernier. Les ventes de ses produits de téléphonie et internet n’ont effectivement pas trop souffert. Les relativement bon résultats permettent d’ailleurs à Telenet de ne pas ressentir l’effet du confinement sur son Ebitda, même si la baisse des investissements de 8% durant les trois derniers mois a également joué un rôle.

L’importance du football

Le Covid-19 s’est plutôt fait ressentir ailleurs. La catégorie "autres revenus" a bien plus souffert avec une diminution de 26% sur le deuxième trimestre, passant de 136 millions d’euros à 101 millions sur base remaniée. Parmi les baisses, Telenet pointe une diminution dans les frais d’interconnexions et les revenus issus du roaming. La perte est aussi conséquente au niveau de l’aspect média. Les revenus publicitaires et de production chez De Vijver Media sont en chute de 39%. "Nous avons enfin enregistré une perte d’abonnés suite à la fin anticipée du championnat de football", explique le CFO. Le bilan est conséquent, selon Telenet, l’offre Play Sports a perdu 20.500 abonnés au 2e trimestre.

"Les négociations sont toujours en cours avec Eleven et se sont accélérées au cours des derniers jours."
John Porter
CEo de Telenet

Le signal envoyé semble donc assez clair. Le ballon rond est essentiel dans l’offre de l’opérateur. Un élément qui devrait mettre encore un petit coup de pression. À seulement une semaine de la reprise du championnat, Telenet ne dispose toujours pas des droits pour la diffusion de la compétition à venir. Les discussions avec Eleven, le propriétaire des droits de diffusion pour les cinq prochaines n’ont toujours pas abouti. "Les négociations sont toujours en cours et se sont accélérées au cours des derniers jours. Nous savons que le football est important pour nos abonnés et nous espérons rapidement trouver un accord", s’est contenté d’expliquer John Porter, qui doit faire avec un Eleven assez dur en négociations, dit-on en coulisses.

"Si nous devons nous passer de ZTE, nous estimons le coût supplémentaire entre 250 et 300 millions d’euros."
John Porter

Nokia et Ericsson sur la bonne voie

Le contrat football n’est pas le seul à attendre une signature. Les licences temporaires pour déployer la 5G étant désormais attribuées, les opérateurs sont dans la dernière ligne droite des discussions avec les fournisseurs qui se chargeront de la mise en place du réseau. "Nous sommes en négociation rapprochée avec plusieurs opérateurs européens", glisse le patron de Telenet. Nokia et Ericsson seraient donc sur la bonne voie. Après les dernières sorties du Ministre des télécoms, l’information n’est pas vraiment une surprise. Celui-ci a exprimé son souhait de limiter l’accès au marché belge aux opérateurs à "haut risque".

Un message adressé entre les lignes aux opérateurs chinois dont le très visible Huawei mais peut-être aussi à ZTE, même si les noms des entreprises concernées ne sont pas encore officiellement connus. Une possibilité qui a forcément un impact sur Telenet qui travaille avec ce fournisseur depuis plusieurs années. "La position de l’Europe n’est pas claire", explique-t-on du côté de Telenet. En attendant donc, l'opérateur se prépare visiblement à toutes les possibilités, dont celles de ne plus travailler avec son partenaire. La possibilité n’enchante toutefois visiblement pas le CEO. "Nous estimons le coût supplémentaire entre 250 et 300 millions d’euros", explique John Porter.

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