Telenet lance une offre sur Brutélé pour rafler tout le câble bruxellois

©BELGA

L’opérateur Telenet a adressé une offre de rachat au conseil d’administration du câblodistributeur public Brutélé. Si le montant évoqué n’a pas filtré, il s’agit de la seconde offre après celle d’Orange Belgique, fin mars. La valorisation de l’intercommunale avoisine les 300 millions d’euros.

Nouvelle manifestation de l’appétit de Telenet. Alors que, mi-avril, le groupe liégeois Nethys était visé par une offre de rachat à 1,3 milliard d’euros de sa part pour les services de VOO, l’opérateur télécoms remet le couvert. À Bruxelles, cette fois.

En effet, il nous revient que l’entreprise a approché récemment Brutélé, intercommunale active dans les télécoms, en adressant une offre de rachat non liante à son conseil d’administration par courrier, a-t-on appris à bonne source.

Un gros morceau

Interrogé, Telenet confirme l’information sans pour autant donner plus de détail sur le deal, notamment pour ce qui est du montant dont il est ici question, ni même sur un quelconque timing au sujet du dépôt de cette marque d’intérêt.

Brutele
  • Fondée en 1968 au départ de la Régie d’Electricité d’Ixelless’étend progressivement sur d’autres communes bruxelloises ainsi qu’en Région wallonne.
  • Regroupe 6 communes bruxelloises (Ixelles, Auderghem, Saint-Gilles, Woluwe-Saint-Pierre, Evere et Uccle), ainsi que 24 communes wallonnes (dont Charleroi, Seneffe, Thuin, Wavre et Gembloux par exemple)
  • Cogère la marque commerciale VOO avec le groupe liégeois Nethys.
  • Chiffre d’affaires supérieur à 116 millions d’euros en 2016, dernier chiffre disponible publiquement.
  • 250 emplois environ (2016).
  • Valorisation estimée à quelque 300 millions d’euros.

Du côté de Brutélé, l’on se refuse à tout commentaire pour l’heure.

Pourtant, l’annonce est importante. En effet, si la valorisation de Brutélé est estimée aux alentours de 300 millions d’euros d’une part, outre l’aspect pécuniaire, l’importance effective de l’opération tient en ceci, d’autre part, que le sort de l’entité est intrinsèquement lié à l’avenir de VOO, marque commerciale cogérée par l’intercommunale en partenariat avec Nethys.

Dans les faits, l’IT des deux structures est par exemple commune pour la majeure partie, nous souffle-t-on. Résultat, "il serait difficile de délier les deux" dans le cadre d’un deal, pointe un fin connaisseur du secteur des télécoms.

Du côté de Telenet, si l’opération venait à aboutir, elle permettrait à l’opérateur de mettre la main sur le dernier tiers du câble bruxellois, le rêve (nullement caché) de John Porter, son CEO. Interviewé dans la foulée de l’annonce du rachat d’SFR Belux fin décembre 2016 pour 400 millions d’euros – qui a depuis lors permis à l’opérateur d’empocher le câble à Bruxelles-Ville, Molenbeek, Anderlecht, Woluwe-Saint-Lambert, Saint-Josse, et Watermael-Boitsfort –, le patron avait déjà déclaré être "bien sûr" intéressé par le dernier bastion de la capitale, détenu par Brutélé. Un désir qui se concrétise aujourd’hui.

Certes, mais sera-t-il entendu? Hasard de calendrier ou non, le fait est que de vives discussions ont eu lieu fin mars autour du devenir du câblodistributeur public qui associe 6 communes bruxelloises et 24 communes wallonnes. En cause, le fait que Woluwe-Saint-Pierre, Saint-Gilles, Auderghem et Evere ont voulu profiter de la réforme des statuts de l’intercommunale pour introduire une clause de sortie de la structure – avocat à l’appui – dans les statuts, opération qui leur aurait permis, in fine, d’empocher plusieurs dizaines de millions d’euros, dans le cas d’une vente de leurs parts. Sauf que le projet a fini par capoter, faute de quorum, suite à la défection de deux communes du front bruxellois (Uccle et Ixelles).

Convoitises

Un élément qui n’empêche pas les convoitises. En parallèle des développements du jour, un autre acteur lorgne lui aussi Brutélé en coulisse: Orange Belgium. Après avoir fait part, fin mars, d’un "intérêt pour un rapprochement des activités télécoms et médias" à Nethys et Brutélé, l’opérateur télécoms a par la suite annoncé dans nos pages qu’il privilégierait, si sa proposition était retenue, une solution de location des infrastructures plutôt que la prise de possession totale du réseau fixe de VOO – un créneau important pour Orange qui n’y est pour l’heure pas actif, ne disposant que d’un réseau mobile uniquement.

"Bien sûr que nous voulons le dernier tiers de Bruxelles."
John Porter
CEO de Telenet

Pour l’heure, faute de chiffres disponibles publiquement quant aux performances de Brutélé (et de VOO d’ailleurs), l’entreprise n’a pas pu aller plus loin dans la démonstration (financière) de ses intentions. Pourtant, ce n’est pas faute d’intérêt.

©Mediafin

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