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Telenet songerait à vendre quelque 3.000 antennes-relais

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Telenet examinerait la possibilité de vendre quelque 3.000 antennes-relais, ce qui pourrait lui rapporter jusqu'à 600 millions d'euros.

Telenet examinerait la possibilité de vendre quelque 3.000 antennes-relais, ce qui pourrait lui rapporter jusqu'à 600 millions d'euros, rapporte ce mardi l'agence de presse financière Bloomberg sur base de sources proches du dossier. Le dossier ne serait toutefois encore que dans une phase préparatoire et il n'est pas certain du tout qu'une vente ait lieu. Telenet, qui fait partie du groupe américain Liberty Global, étudierait la question avec la banque d'affaires Goldman Sachs. Aucune des parties n'a souhaité réagir.

Dans notre pays, Telenet est le propriétaire de l'opérateur mobile Base. Si Bloomberg avance un prix de vente possible de 600 millions d'euros, certains remettent ce montant en question. En avril, la banque d'affaires Berenberg a estimé que le portefeuille des antennes-relais de Telenet valait environ 525 millions d'euros. Le dossier pourrait attirer à la fois les fonds de capital-investissement et les acteurs du secteur des infrastructures.

Les antennes-relais, une mine d'or?

Depuis quelque temps, les investisseurs s'arrachent les antennes-relais, que les opérateurs de télécommunications sont très heureux de vendre. En mars, le britannique Vodafone a introduit ses antennes-relais, 82.000 dans dix pays, à la bourse de Francfort en tant que division distincte. De son côté, la société française Orange a scindé 25.500 sites en France et en Espagne en une société indépendante, TOTEM, en février.

La vente des antennes-relais présente des avantages pour les opérateurs eux-mêmes.

Si les antennes-relais constituent une mine d'or cachée pour les opérateurs de téléphonie mobile, c'est parce qu'en période de taux d'intérêt nuls, les grands investisseurs recherchent des sources de rendement fixe. Les infrastructures qui peuvent être louées à long terme, comme les pylônes de transmission, constituent une telle source de rendement.

En outre, la vente des antennes-relais présente également des avantages pour les opérateurs eux-mêmes. Ils peuvent encaisser la valeur des mâts et laisser leur entretien à une entreprise plus spécialisée. Ils ne gardent que les antennes et autres infrastructures "critiques" entre leurs mains. Les mâts sont également intéressants pour les entreprises d'infrastructure. Selon une étude réalisée par les consultants EY et l'organisation professionnelle EWIA, un opérateur spécialisé peut gérer un site de manière 40 % plus efficace qu'un opérateur de télécommunications.

Une situation belge spécifique

Jusqu'à présent, notre pays est resté plus ou moins à l'abri du "matraquage" qui a lieu ailleurs en Europe. Cela tient en grande partie à une situation belge spécifique : les trois opérateurs (Proximus, Orange et Telenet) sont obligés par le gouvernement de partager leurs sites. Cela signifie qu'ils doivent immobiliser moins de capitaux dans les mâts, mais aussi qu'il est un peu plus complexe de vendre l'infrastructure.

La nouvelle d'une éventuelle vente n'est pas une surprise totale.

La nouvelle d'une éventuelle vente n'est toutefois pas une surprise totale. Mike Fries, le CEO de Liberty Global, avait déjà indiqué, lors d'une conférence de la Deutsche Bank au printemps dernier, qu'il était ouvert à une vente de sa flotte de mâts de transmission aux Pays-Bas. VodafoneZiggo, une coentreprise de Liberty et du groupe de télécommunications britannique Vodafone, y gère un parc d'environ 3.000 sites.

Parmi les analystes financiers, un scénario circule depuis un certain temps déjà selon lequel Telenet pourrait investir l'argent de ses pylônes de transmission dans une mise à niveau de son réseau, afin d'être mieux armée dans la lutte contre son grand rival Proximus. L'année dernière, Telenet a annoncé un partenariat avec Fluvius, l'opérateur du réseau électrique flamand, pour construire un "réseau de données du futur". Cette collaboration est discrète depuis un certain temps, mais à un moment donné, il faudra de l'argent pour rendre les investissements efficaces.

Les 3.000 sites de Telenet ne sont par ailleurs pas tous des pylônes autonomes. Selon un inventaire réalisé par l'entreprise, les trois quarts sont des antennes placées sur les toits des bâtiments. La plupart d'entre eux sont également partagés avec d'autres opérateurs. Tout cela rend la vente "un peu complexe", avait déclaré l'an dernier John Porter, le patron de Telenet.

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