"Un bon CEO coûte plus cher qu'un mauvais" (Stefaan De Clerck, Proximus)

©BELGA

Devant la commission des Entreprises publiques de la Chambre, le ministre des Télécoms Philippe De Backer, a estimé qu'avec le paquet salarial actuel, il était possible de trouver suffisamment de candidats pour remplacer l'actuel CEO de Proximus, Dominique Leroy. Il a souligné, à l'instar du président du conseil d'administration de Proximus Stefaan De Clerck, l'importance d'ouvrir la recherche de candidats à l'international. Proximus aurait déjà reçu une vingtaine de candidatures spontanées.

C’est l’heure des explications. Un peu moins de deux semaines après l’annonce du départ de Dominique Leroy chez l’opérateur néerlandais KPN, Proximus est prié de répondre aux questions des parlementaires lors d’une commission de la Mobilité, des Entreprises publiques et des Institutions fédérales qui se tient ce mercredi.

Stefaan De Clerck, le président du conseil d’administration a été invité pour l’audition tout comme Philippe De Backer, ministre de l'Agenda numérique, des Télécommunications et de la Poste. L’objet du rendez-vous parlementaire tient en une phrase courte: "L'avenir de Proximus: état des lieux." Depuis l’annonce de cette commission, la situation a déjà pas mal évolué. On sait désormais que Dominique Leroy quittera finalement ses fonctions dès ce vendredi et non début décembre. Sa remplaçante par intérim est également connue et se nomme Sandrine Dufour, l’actuelle CFO. "Elle connaît très bien l’entreprise et les projets importants. Elle dispose de toutes les capacités pour assurer la continuité. Sandrine Dufour dispose de tout notre soutien", a déclaré Stefaan De Clerck.

Philippe De Backer était le premier à prendre la parole. Celui-ci a rappelé le caractère autonome de Proximus et que le gouvernement n’intervenait pas dans le choix de la direction. Le ministre est également revenu sur la polémique autour du départ chez KPN, un opérateur hollandais, considéré notamment par les syndicats comme un concurrent. "Le contrat de Madame Leroy prévoit une clause de non-concurrence. Celle-ci indique l’impossibilité de rejoindre une entreprise active sur un marché où Proximus réalise au moins 5% de son chiffre d’affaires. Il n’est pas possible d’étendre cette clause pour les marchés où Proximus n’est pas actif. Cela serait contraire à certaines règles de droit."

L'opposition a critiqué l'attitude du gouvernement et du conseil d'administration devant ce problème de concurrence. "Dans n'importe quel autre secteur, cela poserait problème. Et je m'étonne qu'il n'y ait pas une réaction plus forte du conseil d'administration et du gouvernement", a souligné le député Gilles Vanden Burre (Ecolo). 

Le ministre est également revenu sur la question d’un salaire limité. "J’estime qu’avec un tel salaire il est possible de trouver suffisamment de candidats. Il est important d’ouvrir la recherche de candidats à l’international et pas seulement à la Belgique même si suffisamment de candidats peuvent sûrement être trouvés en Belgique."

Il est important d’ouvrir la recherche de candidats à l’international et pas seulement à la Belgique même si suffisamment de candidats peuvent sûrement être trouvés en Belgique.
Philippe De Backer
ministre des Télécoms

Proximus en queue de peloton des salaires du Bel 20

De son côté, Stefaan De Clerck est revenu sur la rémunération du patron de Proximus, rappelant qu'à ce titre l'entreprise télécom se situait en queue de peloton des entreprises du Bel 20. Idem en comparaison des opérateurs étrangers. "Si nous voulons un spécialiste du secteur, il faut aussi donc tenir compte de ce contexte. Un bon CEO coûte plus cher qu’un mauvais", a-t-il lancé. Concernant l'annonce du départ de Dominique Leroy, il a répété qu'elle lui avait fait part "depuis longtemps de son souhait, un jour, de relever un défi international."  "Je pensais plutôt à Paris ou Londres ce fut donc une certaine surprise mais c’est son choix." Sur la concurrence entre KPN et Proximus, il a relativisé le problème: "KPN n’a plus d’activités en Belgique. La présence de Proximus aux Pays-Bas n’est pas assez significative pour invoquer juridiquement le principe de non-concurrence. Il y a régulièrement des références aux tentatives de rapprochement entre KPN et Proximus. Chaque discussion a amené à la même conclusion: les synergies et créations de valeurs qu’apporterait une fusion sont insuffisantes pour justifier un rapprochement. KPN n’attaquera pas demain Proximus."

La présence de Proximus aux Pays-Bas n’est pas assez significative pour invoquer juridiquement le principe de non-concurrence.
Stefaan De Clerck
président du conseil d’administration de Proximus


Concernant le successeur de Dominique Leroy, "Nous allons définir la procédure pour désigner les différents bureaux de recrutement. J’espère que nous pourrons affiner la sélection lors du prochain conseil d’administration, prévu en octobre. Nous sommes ouverts à un profil belge ou étranger ". Certains n’auraient toutefois pas attendu le début officiel de la procédure de recrutement pour montrer leur intérêt pour le poste. Selon l’agence Belga, Proximus aurait déjà reçu une vingtaine de candidatures spontanées.

Sur l'état d'avancée des négociations, De Clerck se montre positif: "Nous travaillons désormais avec deux médiateurs et j’espère que nous pourrons rapidement avancer. Nous avons décidé pour le moment de ne pas communiquer sur le sujet. La négociation doit se faire en commission paritaire plutôt que dans la presse."


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