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Un CEO par intérim n'est pas à exclure chez Proximus

©Photo News

Dominique Leroy restera bien jusqu’à la fin de son mandat, le 1er décembre. Les syndicats ont demandé de suspendre les négociations du plan "shift to digital". La direction ne dispose que de trois mois pour trouver un successeur à Dominique Leroy.

La tentative est manquée. Quatre jours après l’annonce du futur départ de Dominique Leroy, les syndicats ont essayé de se faire entendre ce lundi. Ces derniers se sont rendus au siège de Proximus pour exprimer leur mécontentement et réclamer la démission immédiate de Dominique Leroy, la CEO, qui a annoncé son souhait de rester à son poste jusqu’en décembre. Reçus par Stefaan De Clerck, le président du conseil d’administration, les trois syndicats sont repartis bredouilles de leur rencontre qui aura duré un peu plus de deux heures. "Il nous a confirmé qu’il gardait sa confiance en Dominique Leroy et qu’elle restera donc à son poste jusqu’au 1er décembre", confirme Jean-Claude Philippon de la SLFP, le syndicat libéral. "Pour Stefaan De Clerck, KPN où se rendra Dominique Leroy n’est pas un concurrent de Proximus. Son maintien à la tête de l’entreprise est donc possible, selon lui. Il faudra qu’on m’explique laquelle de ces deux sociétés n’est pas un acteur télécom", lançait Laurent Malengreau de la CGSP.

"Assurer l’intérim avec le CFO est effectivement une solution. Il n’y a rien de fixé mais c’est une possibilité."
stefaan de clerck
président du ca de proximus

"Je peux comprendre les interrogations sur la suite des négociations des syndicats", explique Stefaan De Clerck, le président du conseil d’administration. "Mais il faut bien rappeler la situation, il ne s’agit pas ici d’une rupture unilatérale, mais d’un mandat qui arrive simplement à sa fin et qui n’est pas renouvelé. Il n’y a donc pas de raison pour ne plus travailler avec la CEO", explique Stefaan De Clerck.

N’obtenant pas gain de cause, les syndicats ont décidé de suspendre les négociations actuellement en cours concernant la mise en place du plan "shift to digital" qui prévoit la suppression de 1.900 postes et la création de 1.250 autres. "Avec le départ de Dominique Leroy, nous considérons que le cadre des négociations a changé. Nous souhaitons donc informer notre base de la situation actuelle. Nous espérons aussi certains changements. Nous considérons qu’il s’agit d’une demande justifiée, car il s’agit de son plan à elle. Si elle quitte la direction, certains points devraient être revus", glisse encore le syndicaliste.

Les syndicats se verraient ainsi bien remettre sur la table certains points précis, notamment la manière dont Proximus compte supprimer les 1.900 postes. "Pour nous, il s’agit plus d’un plan de départ que de relance. Nous aimerions de nouvelles propositions et l’assurance qu’aucun licenciement sec n’est prévu", glisse encore le syndicaliste libéral.

"J’espère que nous pourrons rapidement reprendre les débats. Nous avons encore prévu des discussions cette semaine pour baliser à nouveau les discussions et voir comment nous pouvons continuer à avancer. En tant que président du comité paritaire mon objectif est forcément de réunir au plus vite les parties prenantes aux négociations autour de la table et faire avancer la situation", ajoute encore Stefaan De Clerck.

Décodage

Que peut faire un dirigeant avec ses actions?

Acheter ou vendre des actions quand on est dirigeant d’une société ne se fait pas sur un claquement de doigts. La vente, début août, par Dominique Leroy, de 10.840 actions fait couler beaucoup d’encre.

Les règles sont fixées au niveau européen. En Belgique, le garant de leur respect est la FSMA. Mais quelles sont ces obligations?

Le timing. Le délai pour opérer une transaction est serré: la vente ne peut se faire à moins de 30 jours calendrier d'une publication de résultats financiers semestriels ou annuels. Cette disposition peut être renforcée par la société.

Le montant. Une fois le seuil des 5.000 euros de transactions pour une année civile dépassé, le dirigeant est obligé de les notifier. Il doit alors aussi déclarer les précédentes transactions.

La notification. Elle doit notamment préciser l’identité de la personne, le nom de l’émetteur, la description de l’instrument financier ou le prix et le volume de la transaction. La notification doit intervenir dans les 3 jours ouvrables qui suivent la transaction.

- Des sanctions sont prévues, comme une interdiction d’exercer des fonctions de gestion dans des entreprises d’investissement. Une amende comprise entre maximum 2,5 et 15 millions est aussi possible suivant la gravité des faits. D. Li.

 

Trois mois pour trouver un CEO

Mais le compte à rebours est donc désormais officiellement confirmé, Proximus dispose de trois mois pour trouver un remplaçant à Dominique Leroy. Le timing sera serré et la possibilité de se retrouver sans solution début décembre n’est donc pas à exclure."J’espère que nous avancerons le plus loin possible, mais il y a effectivement une procédure à mettre en place et le délai est assez bref", explique Stefaan De Clerck. Une réunion est prévue ce mardi pour baliser les différentes démarches, commencer le processus de recrutement et notamment mandater un chasseur de têtes qui aura la tâche de trouver la perle rare.

Il faudrait donc peut-être passer par la case CEO ad interim. La situation ne serait pas exceptionnelle. Après le licenciement de Didier Bellens, Ray Stewart, à l’époque chief financial officer avait repris les rênes de l’entreprise, durant trois mois en duo avec Stefaan De Clerck. "Assurer l’intérim avec le CFO (actuellement Sandrine Dufour, NDLR) est effectivement une solution. Il n’y a rien de fixé, mais c’est une possibilité. À l’époque où nous l’avions fait, cela avait assez bien fonctionné", assure le président du conseil d’administration.

Notre dossier sur la démission de Dominique Leroy

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