Pourquoi Leroy n'est plus la bienvenue chez KPN

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KPN ne souhaite plus travailler avec Dominique Leroy. Selon la communication officielle du groupe néerlandais, la seule raison est l’incertitude sur le timing de l’enquête belge.

Dominique Leroy n’est donc plus la bienvenue chez l’opérateur néerlandais KPN. Ce matin, le groupe a annoncé préférer se passer des services de la désormais ex-CEO de Proximus. Comment l’expliquer? le groupe se range derrière une seule explication: l’incertitude liée à l’enquête menée à l'encontre de Dominique Leroy sur un possible délit d’initié.

Pour rappel, début août, Dominique Leroy avait vendu un peu plus de 10.000 actions Proximus (pour une valeur de 285.000 euros), au moment où l’avenir professionnel de la patronne du groupe télécom belge était encore incertain. Or, KPN est soumis au contrôle du régulateur néerlandais des marchés financiers et ce couac tombe mal pour lui.

L'autorité financière néerlandaise en embuscade

La procédure actuellement en place entraîne une incertitude qui n’est pas bonne pour l’entreprise. C’est cet élément qui a motivé notre décision.
Stijn Wesselink
porte-parole de KPN

Depuis deux ans, la régulation sur le marché financier néerlandais a été modifiée. L’opérateur néerlandais est désormais aussi considéré comme une institution de crédits, en raison de son activité de ventes d’abonnements mobiles. Il tombe ainsi sous le contrôle de l’Autoriteit Financiële Markten (AFM). L’entreprise est donc soumise à une régulation plus importante, notamment sur les questions d’expertise et d’honorabilité ("fit and proper").

"Nous avons effectivement des règles", confirme Stijn Wesselink, l’un des porte-paroles du groupe qui n’en dit pas plus sur les exigences auxquelles KPN est soumis. Pour lui, la question n'est pas là. "La seule justification est une question de timing. Il n’y a pas de lien à faire entre la réglementation et notre décision. La procédure actuellement en place entraîne une incertitude qui n’est pas bonne pour l’entreprise. C’est cet élément qui a motivé notre décision", explique encore le porte-parole.

Une telle situation aurait-elle nécessairement abouti au même résultat avant ce changement de régulation? "Nous ne souhaitons pas faire de spéculation", se contente de répondre le porte-parole.

Les actionnaires méfiants, eux aussi

L’argument de l’incertitude n’est pas neuf. Il y a deux semaines, Paul Koster, le directeur du VEB, une association d’actionnaires, expliquait être pour un report de l’arrivée de Dominique Leroy à la tête de KPN en attendant que toute la lumière soit faite autour de la transaction de ses actions Proximus.

L’entreprise avait pourtant un plan d’intégration clair pour la CEO. Le 28 octobre, elle devait être présentée aux actionnaires lors d’une assemblée générale avant de prendre ses fonctions le 1er décembre. Il n’en sera donc rien. L’AG a été annulée et Joost Farwerck, l'actuel COO de KPN, est prolongé dans sa fonction de CEO ad intérim.

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