United Internet, futur quatrième opérateur allemand?

©Reuters

Le plus gros marché du continent télécom pourrait être le premier à franchir le pas. L’Autorité de la Concurrence s’est prononcée en faveur de l’arrivée d’un quatrième opérateur en Allemagne. Et contrairement à la Belgique, il y a déjà un candidat affiché.

En Belgique, les acteurs télécoms se passeraient volontiers d’un nouvel arrivant sur le marché. En Allemagne, c’est la même chose mais comme chez nous, l’Autorité de la concurrence n’est pas de cet avis. Le très respecté Bunderkarstellamant, l’Office fédéral des cartels Outre-Rhin, a balayé les arguments de Deutsche Telekom, Vodafone et Telefonica Deutschland selon lesquels une concurrence accrue pénaliserait les investissements.

Les enchères pour la téléphonie de cinquième génération (5G) doivent avoir lieu au début de 2019 et concernent les fréquences de 2 et 3,6 gigahertz (GHz). Dans un avis très tranché, l’organisme estime qu’il "serait souhaitable que les enchères permettent l'arrivée d'un quatrième opérateur télécoms par souci de concurrence sur le marché de la téléphonie mobile".

L'Office fédéral des cartels a également appelé les opérateurs à ouvrir leurs réseaux à des tiers sur une base équitable et sans la moindre discrimination, une ouverture qu'il juge indispensable pour favoriser la numérisation de l'industrie et des services en Allemagne. Ces déclarations ne vont pas ravir les trois principaux opérateurs allemands qui ont toujours avancé que l’ouverture du marché se traduirait par une baisse des investissements dans le mobile, la fibre et demain la 5G.

Ouverture des réseaux

En revanche, United Internet, dont la filiale 1&1 s'est spécialisée comme opérateur virtuel (MVNO), peut se frotter les mains. Ce fournisseur d’accès à internet n’a jamais caché son intérêt à participer aux prochaines enchères sur les fréquences 5G. Mais il conditionne son arrivée à l’obligation pour les trois acteurs de marché d’ouvrir leurs réseaux mobiles existants. L’Office des cartels soutient cette proposition, arguant que la concurrence stimulera l’innovation.

"Il serait souhaitable que les enchères permettent l'arrivée d'un quatrième opérateur télécoms par souci de concurrence sur le marché de la téléphonie mobile"
Bunderkarstellamant, Office fédéral des cartels


Cette situation n’est pas sans rappeler celle qu’a connue la France en 2010 lors de l’arrivée de Free. A l’époque, le nouvel entrant avait bénéficié d’un accord de roaming avec Orange pour lancer ses offres avant de développer son propre réseau. Aujourd’hui, les tenants de la consolidation en France estiment que la guerre des prix que se livrent Orange, Free, Bouygues Telecom et SFR pèse lourdement sur les marges.

En Belgique, c’est justement un scénario à la française que l’on craint le plus. L’arrivée tonitruante de Free sur le marché a en effet cassé les prix, mais s’est aussi traduite par des années très difficiles pour les autres opérateurs, qui ont dû procéder à de profondes restructurations et de nombreux licenciements. Les trois opérateurs belges ont d’ailleurs chacun très publiquement dénoncé le projet d’Alexander De Croo, ministre des Télécommunications, qui entend lui aussi ouvrir la porte du marché belge à un nouvel entrant.

Tant Proximus que Telenet et Orange l’affirment: l’arrivée d’un nouvel acteur qui pourrait exploiter leurs infrastructures pour lancer ses activités devrait en effet tirer les prix des services télécoms vers le bas, mais cela ne pourra se faire qu’au détriment des investissements dans les infrastructures et la qualité du service. Et d’affirmer, surtout, que le marché belge est bien trop petit et compétitif pour qu’il n’y soit intéressant de développer un nouveau réseau physique. Reste que le cabinet De Croo, soutenu par le régulateur belge du marché, l’IBPT, entend bien mener son projet à terme, affirmant qu’un candidat sérieux serait déjà sur les rangs.

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