287 emplois en danger chez FNG, la maison mère de Brantano

FNG réduit fortement la voilure en Belgique. Un quart des effectifs risque de passer à la trappe. ©Wouter Van Vooren

Un conseil d'entreprise extraordinaire s'est tenu ce lundi pour chaque enseigne du groupe FNG. 47 magasins belges pourraient fermer leurs portes, ce qui entraînerait la destruction de 287 postes dans notre pays.

FNG , le groupe textile propriétaire des enseignes Brantano, CKS ou encore Miss Etam, a informé, ce lundi matin, son personnel des mesures qu'il va prendre pour maintenir le navire à flot. Au terme d'un conseil d'entreprises extraordinaire, les travailleurs ont ainsi appris que l'enseigne va faire une demande de réorganisation judiciaire pour mettre de l'ordre dans ses activités belges. 

Cette restructuration prévoit la fermeture de 47 magasins, ce qui pourrait entraîner le licenciement de 287 salariés en Belgique, soit environ un quart des effectifs en Belgique. Pour le manager de crise du groupe, Yves Pollé (en poste depuis 15 jours), "ces mesures sont difficiles et douloureuses, mais nécessaires pour trouver de nouvelles ressources financières".   

Le plan de restructuration prévoit donc la cessation de certaines activités, ainsi que la fermeture de maximum 30 magasins des formules Brantano, Boutik by Brantano et Concept Fashion et des 17 magasins Fred & Ginger et Ginger. Le siège social, basé à Malines, n'échappe pas à la taille dans les effectifs. Les emplois seront en revanche conservés dans le centre de distribution d’Erembodegem.  

Du rouge à tous les étages 

Le groupe de mode connaît actuellement une situation financière difficile. Il fait état, pour 2019, d'une perte nette de 292 millions d'euros, mais est surtout à la tête d'un endettement de plus de 700 millions, issu d'une politique d'acquisition agressive. 

Ces dernières semaines, l'inquiétude était grandissante dans le chef des syndicats de Brantano, passé sous l'égide de FNG après la faillite du précédent propriétaire Macintosh. "Le trou est énorme. Il faut voir maintenant comment le combler", expliquait-on au SETCa au lendemain de la présentation des résultats annuels.

"C'est l'exemple d'une entreprise capitaliste, qui grandit de manière disproportionnée en réalisant des acquisitions grâce à l'endettement."
Myriam Djegham
secrétaire permanente CNE

"L'exemple d'une société capitaliste gargantuesque"  

Côté syndical, c'est l'incompréhension totale. "Il faut se tourner vers ceux qui ont commis les erreurs, notamment l'ancien CEO du groupe FNG, qui a démissionné il y a un mois, et maintenir un maximum d'emplois", plaide le syndicat CNE dans une interview accordée à l'agence Belga.

Le groupe avait changé de CEO début mai, Manu Bracke succédant à Dieter Penninckx, qui avait démissionné pour raisons médicales. Yves Pollé a ensuite été nommé, début juin, CEO ad interim, avec mission de mettre en œuvre un plan de relance.

Le coronavirus, "coup de grâce"

"La crise du coronavirus, qui s'est ajoutée à la situation financière déjà difficile du groupe, a été le coup de grâce pour l'entreprise", explique Lindsey Verhaeghe, du syndicat socialiste BBTK, pendant flamand du Setca (FGTB). "Nous avons reçu le message qu'il n'y a peut-être pas assez de ressources financières pour organiser un plan de relance", poursuit-elle.

Le syndicat socialiste estime que le CEO ad interim, Yves Pollé, s'est tout de même montré positif lors de la réunion avec les syndicats. "Cela donne un peu d'espoir qu'ils ont fait l'exercice d'un plan de relance", juge la responsable syndicale.

Les syndicats attendent des réponses claires de la direction dès que possible. Mais à ce stade, le CEO ad interim est resté plutôt avare de commentaires. 

La CNE précise que des discussions démarreront dans le courant de la semaine prochaine dans le cadre de la procédure Renault.  

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