Balta, la catastrophe boursière

©Jonas Roosens

Les introductions en Bourse des dix dernières années à Bruxelles n’ont pas toujours été un franc succès. Aperçu des plus grosses déceptions. Ce jeudi, Balta (7/8).

Balta est sans conteste une des plus grandes catastrophes boursières de ces dernières années. Après une introduction à 13,25 euros en juin 2017, le spécialiste du tapis va connaître un parcours négatif remarquablement constant, avec une perte de 80%. Le titre cote actuellement à un niveau proche de son plus bas historique de 2,63 euros atteint le 15 août.

Balta est un des plus importants producteurs de revêtements textiles pour des usages commerciaux et résidentiels, avec une position de marché forte en Europe. La localisation des dix sites de production reflète quasi parfaitement la répartition géographique du chiffre d’affaires (58% en Europe, 32% en Amérique du Nord).

Raisons du recul

Consensus: 2 avis "acheter", 2 avis "conserver"

Objectif de cours moyen: 6 euros

Capitalisation boursière: 92,5 millions d’euros

Rapport cours/bénéfice 2019: 10,7

Performance sur un an: -20,2%

Performance depuis l’IPO: -80%

Croissance moyenne BPA attendue 2019/2021: + 46%

 

Depuis son arrivée à la Bourse de Bruxelles, Balta a subi une série quasi ininterrompue d’annonces négatives, avec une révision à la baisse des objectifs par la direction et un départ du CEO à l’issue des résultats pour le premier semestre 2018. Le groupe a notamment éprouvé des difficultés à répercuter la hausse des coûts des matières premières dans un environnement concurrentiel. Balta reste en outre un des groupes belges les plus vulnérables aux risques liés au Brexit, avec 20% du chiffre d’affaires réalisé au Royaume-Uni essentiellement dans des activités à faibles marges.

Les efforts de réduction de coûts n’ont pas encore permis de redresser sensiblement la rentabilité, avec une marge opérationnelle qui est restée sous pression. Si la valorisation peut aujourd’hui sembler attractive (avec notamment un rapport cours/bénéfice tournant entre 10 et 11 pour l’année en cours), les analystes pointent un endettement élevé qui rendra la situation difficile si la rentabilité opérationnelle tardait à se redresser.

Perspectives encourageantes

La direction pointe désormais vers une certaine stabilisation des affaires pour l’exercice en cours, avec des chiffres qui ont démontré une tendance plus favorable durant les deux premiers trimestres de 2019 (lire ci-contre). Les attentes du consensus se basent sur un redressement rapide de la rentabilité pour les exercices 2020 et 2021, avec un objectif moyen qui permet d’entrevoir un doublement du cours pour les 12 prochains mois. Mais une nouvelle déception pourrait encore entraîner de lourds ajustements baissiers. Plusieurs courtiers ont toutefois récemment estimé que la faiblesse actuelle du cours sera de nature à attirer des acquéreurs potentiels.

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