H&M tente de rattraper son retard sur Inditex

H&M met l'accent sur ses ventes en ligne et ouvrira moins de boutiques que prévu cette année. ©REUTERS

Les analystes privilégient l'action Inditex (Zara, Massimo Dutti) à celle de H&M. C'est pourtant tout le contraire qui s'est passé ce jeudi après l'annonce des résultats du groupe d'habillement H&M.

Que les investisseurs peuvent être contrariants ! Les analystes ont beau préférer l’action du spécialiste de l’habillement espagnol Inditex à celle de son concurrent suédois Hennes & Mauritz (H&M), la première sous-performe largement la seconde ces derniers temps sur les marchés boursiers. A Madrid, Inditex limite à moins de 3% ses gains depuis le début de cette année, tandis que celle de H&M s’offre un gain un peu supérieur à 10%.

Cette apparente anomalie peut surprendre. Entre autres, parce qu’Inditex, le propriétaire de Zara et de Massimo Dutti notamment,  arrive à faire progresser ses ventes. Il y a 15 jours tout juste, il avait annoncé une nouvelle hausse de 10% de ses profits nets pour son premier trimestre de cette année à 734 millions d’euros. En revanche, H&M, qui vient de boucler le deuxième trimestre de son exercice 2019-2020, peine encore à les améliorer. Ils ont stagné à 4,5 milliards de SEK (426,6 millions d’euros).

Le numérique à la rescousse

Il est vrai que le groupe suédois revient de loin. Sur le plan boursier,  son action accuse toujours une chute proche de 60% depuis son sommet historique atteint en mars 2015 (365 SEK) à la Bourse de Stockholm. Inditex, qui avait inscrit son dernier record deux ans plus tard (35 euros), n’a rétrogradé depuis "que" de 27%.

Il est clair que la rentabilité du groupe se redresse.
Karl-Johan Persson
PDG de H&M

Mais c’est surtout dans les détails communiqués jeudi en marge de la publication des résultats, qu’il faut aller chercher les raisons plus fondamentales du retour en grâce de son action auprès des investisseurs. Aux prises avec une érosion des ventes et de la rentabilité après avoir tardé à prendre le virage numérique, voilà que H&M semble enfin bien parti pour recueillir les fruits de ses efforts consentis lors des derniers trimestres pour adapter son offre. Et si ces fruits tardent à mieux ressortir de son bilan, c’est parce que la rentabilité reste bridée par le coût de sa transition numérique. "Mais il est clair, souligne H&M, qu’elle s’améliore."

Les ventes en ligne ont progressé de 20% en monnaies locales entre les mois de mars et de mai. Face à cette belle performance, H&M a décidé d’ouvrir moins de points de vente que prévu cette année (130 au lieu de 175). Notons encore parmi les points qui ont satisfait les investisseurs, la belle progression des ventes en ce mois de juin. Elle est bien partie pour être supérieure à 10%.

Inditex face à des défis

Face à toutes ces nouvelles en provenance de H&M, doit-on penser que la domination d’Inditex, le numéro un du secteur de l’habillement en Europe pesant 82 milliards d’euros pour 26 milliards d’euros pour H&M, est-elle remise en question ? Ce serait aller assez vite en besogne de conclure de la sorte. Le groupe espagnol a des points forts que le suédois ne dispose pas. Comme le recours à une chaîne d’approvisionnement courte qui permet à Inditex de mieux gérer ses stocks. En les maîtrisant, Inditex n’est pas contraint d’effectuer des rabais. Ce qui n’est pas le cas chez H&M où les stocks représentent 18% de ses ventes.  

Cela dit, des défis attendent Inditex. Parmi les plus importants, l’éditorialiste du quotidien néerlandais De Telegraaf pointe la nécessité pour l’espagnol "de rester en avance sur la concurrence, alors qu’un nombre croissant d’entreprises tentent d’imiter son succès".

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