Jensen lessivé en Bourse après un "profit warning"

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Le chiffre d’affaires de Jensen progresse mais son carnet de commandes montre des signes de faiblesse, à sa grande surprise. Le groupe a donc dû revoir à la baisse ses prévisions pour le premier semestre.

L’une des leçons que l’on pourra retirer de cette saison de résultats trimestriels, c’est que les investisseurs n’ont pas été tendres avec les sociétés qui ont affiché de mauvais chiffres. Le groupe Jensen   en a encore fait les frais ce mardi à la Bourse de Bruxelles. L’action a perdu jusqu’à 9,73% ce matin, avant de réduire légèrement ses pertes. Il est possible que la chute soit amplifiée par les prises de bénéfices. Le titre avait atteint lundi un nouveau plus haut historique, à 45,20 euros.

Mais revenons aux résultats du premier trimestre. Le spécialiste de laverie commerciale a enregistré un chiffre d’affaires de 86 millions d’euros, ce qui représente une hausse de 4,2% par rapport au premier trimestre 2017. Le carnet d’ordres a par contre fléchi de 6%. "En excluant les commandes qui ne seront pas livrées en 2018 et compte tenu des produits finis et des travaux en cours, le carnet de commandes est en baisse de 32,7% par rapport à mars 2017", précise la société. Une claque alors qu’elle estimait dans son dernier rapport annuel que son carnet de commandes était assez solide "pour bien commencer en 2018".

Du coup, Jensen est obligé de revoir à la baisse ses perspectives à court terme. Le management s’attend à présent à ce que les revenus du premier semestre 2018 soient à ceux de l’année précédente – qui étaient de 173,5 millions d’euros. Il pointe un ralentissement des grands projets causé par la consolidation de grands clients.

Trois tendances porteuses à long terme

Comme à son habitude, la société ne donne pas de guidance pour l’ensemble de l’exercice. Elle rappelle simplement que les principaux risques sont un climat politique incertain, des changements rapides de la demande, la disponibilité de financement de ses clients, une volatilité élevée des taux de change et des fluctuations dans les prix des matières premières, de l'énergie et des transports. "Nous craignons que notre prévision de 350 millions d’euros de ventes pour 2018 (+3,5% en glissement annuel) ne soit un objectif difficile", s’inquiète Guy Sips de KBC Securities.

Seul analyste à suivre la société (elle ne vaut que 325 millions en Bourse), il maintient depuis de nombreux mois une recommandation à "neutre". Il a par contre ajusté plusieurs fois son objectif de cours. Celui-ci reste pour l’instant à 44 euros. "À plus long terme, nous voyons 3 tendances qui favorisent le secteur de la laverie, ce qui se traduira par plus de blanchisseries et plus d'automatisation", explique-t-il. Selon Guy Sips, l’augmentation du nombre de blanchisseries sera soutenue par des dépenses plus élevées en services de santé et plus de tourisme; le besoin d’automatisation sera boosté par une main d’œuvre réduite et des coûts horaire plus élevés, et la tendance vers une technologique propre sera dopée par la pénurie d’eau et un coût énergétique plus élevé.

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