L'industrie de la mode signe un pacte pour l'environnement

Il ne s'agit pas de la première initiative du genre. Lors de la COP24 en Pologne en 2018, 43 entreprises, dont H&M, s'étaient engagées à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 30% d'ici 2030. ©Bloomberg

Trente acteurs de l'industrie de la mode et du luxe se disent prêts à faire des efforts pour la planète. Ils dévoilent ce vendredi un pacte pour l'environnement qui sera également présenté au G7 lundi. Une initiative jugée insuffisante et pas assez contraignante par certaines ONG.

Chanel, H&M mais aussi Carrefour et bien d'autres veulent montrer leur bonne volonté en signant un pacte pour une mode plus écologique. De nombreuses promesses, mais peu contraignantes. Tout a commencé lorsque l'Elysée a chargé en mai dernier le milliardaire François-Henri Pinault, qui dirige le groupe Kering (Gucci, YSL,...), de mobiliser l'industrie de la mode et du luxe autour de l'environnement. Trois mois plus tard, le voilà avec un "fashion pact" réunissant notamment des acteurs du luxe (Gucci, Chanel, Prada...) et du sportif (Adidas, Nike...), parmi une trentaine de groupes du textile au total. Il présentera celui-ci ce lundi lors du G7 à Biarritz.

Le texte identifie trois champs d'action, visant à "atténuer le changement climatique et s'y adapter", mais aussi à "infléchir la courbe de la perte de la biodiversité d'ici 10 ans" et protéger les océans. Ils espèrent atteindre 100% d'énergies renouvelables d'ici 2030 "sur toute la chaîne d'approvisionnement" ou encore "éliminer le plastique à usage unique en 2030."
 

La charte ne détaille pas les actions à mener car "chaque groupe a ses spécificités", explique Kering. Une réunion est prévue en octobre "pour rentrer plus en détail sur la manière de travailler ensemble" et les actions prioritaires.

Une des industries les plus polluantes au monde

Des pesticides pour produire le coton, des produits chimiques pour teindre les textiles, du CO2 pour transporter un vêtement sur des milliers de kilomètres, des microfibres de plastique émises lors du lavage des textiles synthétiques et qui atterrissent dans les océans... Le secteur de la mode est très polluant, c'est connu. Au total, il est responsable de 20% des rejets d'eaux usées et de 10% des émissions de CO2 dans le monde. Néanmoins, la relocalisation de la production des vêtements plus près des consommateurs n'est "pas à l'ordre du jour" de ce pacte, précise Kering. Ni une remise en cause de la "fast fashion" et de la multiplication des collections, pourtant décriée pour son impact sur l'environnement.

Le ministère français de la Transition écologique compte sur les influenceurs sur les réseaux sociaux et les ONG pour rester vigilants et faire pression sur les entreprises, mettant ainsi la réputation de ces dernières en jeu.

S'il s'agit de vendre toujours plus en mettant des énergies renouvelables, ça ne suffira pas.
Pierre Cannet
WWF France

Le recyclage est évoqué dans la charte. Des entreprises comme H&M ont lancé des opérations de recyclage, mais il existe encore des obstacles technologiques et économiques importants au retraitement des textiles et la part de matières recyclées reste infime. "Il faut revoir le modèle, réduire la production, faire des vêtements utilisables plus longtemps, qui n'émettent plus de micro-plastiques quand on les lave et produits durablement", estime Pierre Cannet de WWF France. Plutôt que de compter sur le bon vouloir des entreprises, c'est aux Etats d'agir, juge Clément Sénéchal de Greenpeace: "Il faut des législations pour pousser à réduire la consommation de vêtements."


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