LVMH devient la première capitalisation boursière de la zone euro

La division mode et maroquinerie de LVMH a accéléré sa croissance au dernier trimestre, contre toute attente. ©AFP

Les investisseurs ont salué la résistance du groupe de luxe au quatrième trimestre et son optimisme pour 2019.

En bondissant de 6,87% ce mercredi, l’action LVMH a enregistré sa plus forte hausse depuis deux ans et demi. La capitalisation boursière du groupe de luxe dépasse désormais 140 milliards d’euros, ce qui fait du détenteur de la marque Louis Vuitton le plus grand groupe coté en Bourse de la zone euro, devant le néerlandais Unilever et le belge AB InBev.

Cette envolée du titre du groupe français en Bourse de Paris mercredi est due à la publication de résultats annuels supérieurs aux attentes mardi soir, après la clôture des marchés. Compte tenu du tassement observé dans les ventes d’autres acteurs du secteur du luxe au quatrième trimestre, les investisseurs anticipaient une décélération comparable du chiffre d’affaires de LVMH durant les trois derniers mois de 2018. Il n’en a rien été: la croissance organique du groupe français au dernier trimestre s’est élevée à 9%, tout près des 10% de hausse enregistrés au troisième trimestre.

Les analystes qui suivent la valeur pointent en particulier les ventes de la branche mode et maroquinerie qui ont bondi de 17% d’octobre à décembre, contre une progression de 14% au trimestre précédent. D’autres groupes de luxe, comme Richemont, Burberry et Tod’s, avaient pourtant éprouvé des difficultés fin 2018 à cause du ralentissement de la croissance économique en Chine. Le secteur du haut de gamme présente une croissance organique élevée grâce à l’émergence de la classe moyenne chinoise: le moindre ralentissement économique du géant asiatique peut donc avoir des répercussions sur les ventes des articles chics.

Mais LVMH semble traverser sans encombre la phase délicate que connaît la deuxième économie mondiale en ce moment, sur fond de guerre commerciale avec les Etats-Unis. Le propriétaire des marques Christian Dior, Kenzo et Givenchy réalise près de 30% de son chiffre d’affaires en Asie, sans tenir compte du Japon.

Récemment, de grandes entreprises américaines très dépendantes des ventes réalisées en Chine avaient fait état de difficultés sur ce marché. Apple, Caterpillar ou encore Nvidia, qui réalisent chacun environ 20% de leur chiffre d’affaires dans ce pays, avaient semblé souffrir du ralentissement économique que traduisaient des indicateurs conjoncturels chinois orientés à la baisse depuis quelques mois. Mais apparemment, les consommateurs asiatiques ont continué à acheter des sacs à main de luxe même s’ils n’y ont pas rangé le tout dernier modèle de l’iPhone…

"Valorisation raisonnable"

"Contre tous les pronostics, la division mode et maroquinerie de LVMH a accéléré au quatrième trimestre", constate Guillaume Gauvillé, analyste de Credit Suisse, dans une note publiée mercredi. "Sa croissance organique a atteint 17%, contre un consensus allant de 8 à 12%. Toutes les autres divisions ont ralenti et ont été légèrement inférieures au consensus", tempère-t-il. Cela n’empêche pas la banque de maintenir sa prévision de "surperformance" de l’action du groupe français. Elle réduit toutefois son objectif de cours de 340 à 330 euros, "largement à cause de la dépréciation de concurrents dans le luxe".

"En ces temps d’incertitude sur la santé financière du consomma-teur chinois, LVMH présente les qualités défensives néces-saires."
Guillaume Gauvillé
Analyste de Credit Suisse

"LVMH est une de nos actions préférées dans le luxe", précise Guillaume Gauvillé. "En ces temps d’incertitude sur la santé financière du consommateur chinois, nous estimons que LVMH présente les qualités défensives nécessaires. La valorisation est raisonnable, avec un cours qui représente dix-huit fois le bénéfice par action estimé pour 2019, selon nos prévisions."

Parmi les risques auxquels l’action du groupe de luxe est exposée, l’analyste pointe, entre autres, l’économie chinoise, la force de l’euro et les fusions et acquisitions. Berenberg juge quant à lui que de possibles acquisitions réalisées par LVMH pourraient être génératrices de valeur et de rendement pour l’actionnaire. Le courtier a relevé son objectif de cours à 335 euros, contre 333 euros auparavant, en maintenant sa recommandation à "acheter".

En attendant, si le titre LVMH s’est si bien comporté en Bourse ce mercredi, c’est aussi parce que le groupe fait état d’une "confiance prudente pour 2019" et relève son dividende de 20% à 6 euros.

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