LVMH tente de s'offrir le joaillier Tiffany

©Bloomberg

Tiffany a reçu une proposition non sollicitée de LVMH à 120 dollars par action. Le prix mis sur la table par le géant français représente une prime de 22%. Pas sûr que cela suffise.

LVMH a manifesté son intérêt pour le joaillier américain Tiffany, célèbre pour ses bagues de fiançailles et ses diamants, une acquisition qui serait l’une des plus importantes de l’histoire du géant français du luxe. "LVMH confirme qu’il a engagé des discussions préliminaires concernant une éventuelle opération avec Tiffany", indique le groupe tout en précisant qu’à ce stade, il n’y a "aucune certitude" que ces discussions aboutissent à un accord. Le propriétaire de Louis Vuitton, Dior et des champagnes Veuve Clicquot et Moët & Chandon, présidé par le milliardaire français Bernard Arnault, avait fait une offre en début du mois au bijoutier, LVMH avait alors mis 14,5 milliards de dollars sur la table.

Tiffany a confirmé avoir reçu "une proposition non sollicitée" du groupe français pour un prix de 120 dollars par action en espèces, correspondant au montant précité. "Bien que les parties ne soient pas en discussion, le conseil d’administration de Tiffany (…) examine attentivement la proposition (…) afin de déterminer la ligne de conduite qu’il estime être dans le meilleur intérêt de la société et de ses actionnaires", a commenté le joaillier américain.

Doper la croissance aux Etats-Unis

Un tel rachat constituerait une des plus grosses acquisitions du groupe français, présent dans différents secteurs d’activité, allant de la mode aux vins et spiritueux en passant par les parfums, les cosmétiques et la distribution sélective (Sephora).

14,5
milliards
C’est la valeur initiale de la proposition de LVMH pour s’offrir Tiffany.

Si l’action LVMH n’a que peu évolué (en recul de 0,48% à 382,10 euros), en revanche, Tiffany a bondi de 30% dès l’ouverture de Wall Street. Il est "peu probable que les actionnaires de Tiffany acceptent cette proposition initiale", de 14,5 milliards de dollars, "étant donné qu’elle ne représente qu’une prime modeste par rapport à sa valorisation actuelle", a averti Michael Hewson, analyste pour CMC Markets. Cette opération, si elle prenait forme, permettrait à LVMH de "compléter un portefeuille de marques uniques", en renforçant sa présence dans la joaillerie, ont commenté les analystes d’Invest Securities.

Dans ce secteur, selon eux, "LVMH, déjà propriétaire de la marque Bulgari, qu’il a magnifiquement redressée et relancée depuis son acquisition en 2011, viendrait titiller le leadership du groupe Richemont", propriétaire de Cartier et Van Cleef & Arpels. Elle pourrait également doper la croissance du géant français aux Etats-Unis, son deuxième marché après l’Asie, et limiter par la même occasion les effets négatifs des tensions commerciales qui menacent la demande pour le luxe en Chine.

"Rentabilité moyenne"

"C’est tout dire de l’importance que le groupe LVMH continue d’attribuer au marché américain qui reste intrinsèquement le premier débouché mondial du luxe", ont ajouté les analystes d’Invest Securities. L’annonce de discussions entre les deux entreprises intervient sur fond d’inauguration à la mi-octobre d’une usine Louis Vuitton dans le Texas, par M. Arnault, accompagné par le président américain Donald Trump et sa fille Ivanka.

6,5%
.
Tiffany a enregistré une hausse de 6,5% à 4,4 milliards de dollars de son chiffre d’affaires lors de son dernier exercice fiscal.

Tiffany a enregistré une hausse de 6,5% à 4,4 milliards de dollars de son chiffre d’affaires lors de son dernier exercice fiscal, mais sa croissance est freinée par le dollar fort et une baisse des dépenses des touristes aux Etats-Unis. LVMH pourrait "singulièrement" améliorer "le profil de rentabilité et de croissance" du bijoutier, qui a "relativement déçu sur la période récente, avec des performances très inégales et contrastées suivant les zones géographiques et les périodes et une rentabilité opérationnelle moyenne en regard de l’image et du potentiel de la marque", ont estimé les analystes d’Invest Securities.

Fondé en 1837 par Charles Lewis Tiffany, le joaillier new-yorkais avait ouvert sa première boutique dans le sud de Manhattan. Il était entré en Bourse en mai 1987, près de 150 ans après sa création. L’enseigne est aussi connue pour avoir servi de décor à la scène inaugurale du film "Diamants sur canapé" ("Breakfast at Tiffany’s") avec Audrey Hepburn en 1961.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect