Le chausseur Louboutin attaque Amazon aux USA

Estimant qu’Amazon continue à proposer des faux à la vente, Louboutin attaque à nouveau. ©AFP

Le chausseur français de luxe Christian Louboutin a décidé d’attaquer Amazon US en justice. Le chausseur reproche au site de vente en ligne de faire la promotion de chaussures à hauts talons et à semelle rouge contrefaisant son propre modèle.

Après avoir réussi à faire condamner le site de vente en ligne Amazon dans le Benelux et pour ses versions française et allemande, le chausseur français Louboutin reprend son bâton de pèlerin et s’attaque, cette fois, à Amazon aux Etats-Unis. Une nouvelle action en cessation, portée par Thierry Van Innis (Van Innis & Delarue), l’avocat de Louboutin, a été introduite la semaine dernière devant Françoise Jacques de Dixmude, la juge des cessations du tribunal de l’entreprise francophone de Bruxelles.

L’affaire n’ayant pas encore été plaidée, ses détails ne sont pas encore connus, mais il s’agit de la même problématique que celle traitée par le même tribunal l’été dernier. Le jugement, rendu le 7 août, avait condamné Amazon à cesser de faire usage d’un signe identique à la marque "semelle rouge" pour des chaussures à talons hauts n’ayant pas été mises en circulation avec l’assentiment de Christian Louboutin. Précisons que ce dernier n’écoule sa production que via ses boutiques.

Astreinte de 50 millions

Au moment des plaidoiries, Amazon, alors défendu par Geert Glas, avait plaidé qu’il lui serait impossible d’examiner toutes les offres mises en ligne sur son site vu le nombre d’offres placées chaque seconde sur Amazon.fr et Amazon.de, les deux sites visés par la première action en justice. "Cette défense est difficilement audible. Un justiciable ne peut en effet soutenir qu’il ne pourrait se voir imposer la moindre condamnation, au motif que toute condamnation serait pour lui impossible à respecter dès lors que l’activité, par hypothèse illégale, qu’il a mise sur pied, serait à ce point gigantesque qu’elle serait devenue incontrôlable", peut-on lire dans le premier jugement. Dans la foulée de son jugement, le tribunal avait prononcé une astreinte de 50.000 euros par jour d’affichage et par publicité produisant le signe contrefaisant, en plafonnant l’ensemble à 50 millions d’euros. Dans cette affaire, Amazon a fait appel et les plaidoiries se tiendront entre la fin du mois de février et le début du mois de mars.

"Il n’y a jamais eu autant de contrefaçons sur le site d’Amazon."
Thierry Van Innis
Avocat de Louboutin

Cette première action visait Amazon non pas en tant qu’hébergeur, mais en tant que vendeur de chaussures contrefaites. Le chausseur reprochait au site de vente en ligne de placer des publicités pour des Louboutin contrefaites sur son site et de les vendre lui-même avant de les expédier. La première juge n’avait pas suivi le Français sur ces arguments d’expédition et de livraison, estimant que Louboutin "ne rapporte aucune preuve de ce que, au Benelux, l’une des défenderesses aurait, en son nom et pour son compte, ou pour compte d’autrui, expédié ou livré des chaussures portant le signe litigieux".

Malgré cette première condamnation, il semble que les deux adversaires vont entamer un nouveau bras de fer judiciaire. Mais cette fois, c’est Amazon.com et Amazon Services, toutes deux sociétés de droit américain, qui sont dans le viseur. Le site de vente en ligne est ici défendu par Renaud Dupont (CSM).

D’entrée de jeu, ce dernier a voulu débattre d’un point de procédure, estimant que la citation introduite par Louboutin était nulle. Pour justifier sa position, l’avocat a expliqué que des paragraphes en anglais n’avaient pas été traduits et qu’il existerait des différences entre les citations en anglais et en français. "Je m’y oppose avec la plus grande vigueur, on essaie de saucissonner le dossier pour gagner du temps, c’est de la poudre aux yeux", a rétorqué Thierry Van Innis, le conseil de Louboutin. "Amazon continue de plus belle en Europe et aux Etats-Unis, votre astreinte de 50 millions d’euros ne les a pas calmés. Il n’y a jamais eu autant de contrefaçons sur leur site", a-t-il encore plaidé. In fine, la juge a décidé de joindre l’incident soulevé par l’avocat d’Amazon au fond de l’affaire et les plaidoiries se tiendront à la mi-mars.

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