Orchestra Prémaman veut vendre ses magasins rentables

Si le tribunal valide la demande de la société, une vingtaine de magasins Prémaman devraient être mis en vente.

Orchestra Prémaman s’est tourné vers la justice pour mettre en vente ses 20 magasins les plus rentables. De son côté, le parquet a exigé d’avoir plus de clarté sur la situation financière du groupe et sur les prévisions pour les mois à venir.

Depuis l’introduction de sa requête en réorganisation judiciaire (PRJ), on savait l’horizon d’Orchestra Prémaman plutôt bouché. L’audience qui s’est tenue mercredi matin devant le tribunal de l’entreprise francophone de Bruxelles ne devrait pas rassurer les observateurs. La société, qui exploite 47 magasins en Belgique et emploie un peu plus de 420 personnes s’est à nouveau tournée vers la justice mais pour, cette fois, demander le changement de l’objet de sa PRJ. L’idée de la société active dans la vente d’articles pour bébés est d’obtenir un transfert sous l’autorité d’un mandataire de justice. Pour le dire autrement, si le tribunal valide cette demande, cela veut dire que les magasins les plus rentables de la chaîne (on parle d’une vingtaine) seront à vendre

Aggravation du passif

Récemment, on apprenait qu’Orchestra Prémaman avait l’intention de fermer 34 magasins en Belgique. Seuls vingt magasins jugés rentables avaient une chance de rester ouverts. Depuis l’ouverture de la PRJ, des discussions ont eu lieu avec des candidats repreneurs en Chine, en Arabie saoudite, en Angleterre et en Allemagne, a-t-on appris au cours de l’audience de ce mercredi.

5,7
millions d'euros
Le montant de l'aggravation du passif depuis l'ouverture de la PRJ d'Orchestra Prémaman Belgique.

Finalement, un acquéreur s’était manifesté pour reprendre la partie belge du groupe, mais l’affaire ne s’est pas faite. Dans le même temps, les fournisseurs - même si la plupart affichent leur soutien - ont montré des signes d’inquiétude et exigent désormais d’être payés en cash. Une mauvaise nouvelle ne venant pas seule, les banques ont dénoncé les crédits (il y a deux ans) et les clients, ne sachant plus sur quel pied danser au moment de confectionner la liste de naissance pour leur nouveau-né, se sont tournés vers la concurrence.

En outre, au moment de faire le bilan, les responsables du groupe (la maison mère de la société est française et elle-même impliquée dans une procédure de sauvegarde) se sont aperçus que le réseau belge était composé de boutiques avec des baux commerciaux souvent chers à résilier. Résultat des courses, depuis l’ouverture de la PRJ, le passif de la société s’est aggravé de 5,7 millions d’euros

Boutiques à vendre

Pour ces différentes raisons, la société a décidé de changer l’objet de la PRJ et d’assurer le transfert de l’activité sous le contrôle d’un mandataire de justice. Cela revient à dire que les vingt magasins identifiés comme les plus rentables sont à vendre. Avis aux amateurs, donc! Ceci dit, derrière cette requête, on retrouve la volonté de la maison mère de racheter elle-même ces vingt magasins.

Au passage, Michel Boone et Alicia Cauwenbergh (Van Bael & Bellis), les avocats d’Orchestra Prémaman ont demandé aux juges d’allonger le délai du sursis de la PRJ afin d’avoir le temps d’organiser la vente des magasins concernés et de trouver des candidats.

 Manque de clarté

Prenant la parole à son tour, le représentant du parquet venu siéger à l’audience, a dénoncé un manque d’informations. Il a rappelé que le tribunal avait exigé la production d’une série de comptes courants entre la maison mère française et la Belgique, avant de préciser que ces informations n’avaient pas été apportées par la société. "Je propose de postposer le délibéré en attendant les informations complémentaires demandées et à défaut, je demanderai au tribunal de ne pas accepter cette demande vu l’aggravation du passif", a plaidé le procureur du Roi.

Celui-ci veut y voir plus clair dans les mouvements de comptes entre la France et la Belgique, soulignant que la maison mère avait prêté 100 millions à la Belgique avant d'en rapatrier environ 70, étant elle-même confrontée à des difficultés financières. 

Report de deux semaines

"On n'a rien. Ce dossier est nébuleux."
La présidente de la chambre des PRJ

Prenant la parole à son tour, la présidente de la chambre qui gère les PRJ a demandé à la société de fournir des pièces sur les projections économiques des six mois à venir. "On n’a rien. Ce dossier est nébuleux, il n’y a pas de transparence. C’est dommage parce que cela suscite la méfiance de vos interlocuteurs", a-t-elle déclaré, avant de demander aux avocats d’Orchestra Prémaman d’éclairer le tribunal sur le budget des mois à venir, sur le soutien de la maison mère. "Nous n’avons pas assez d’éléments pour apprécier votre demande", a-t-elle encore déclaré avant de reporter l’affaire de deux semaines

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