Edouard Vermeulen parraine une nouvelle formation de créateurs de mode

Le directeur du CAD, Eric Maquet, et le fondateur de Maison Natan, Edouard Vermeulen, devant l'Ecole internationale de design à Bruxelles. ©saskia vanderstichele

Le CAD ouvrira en septembre une nouvelle section dédiée à la mode. Lumières sur cette formation dirigée par Eric Maquet et parrainée par le créateur Edouard Vermeulen, rien que ça.

Un cursus de trois ans avec des intervenants qui figurent parmi le gratin de la mode belge, le tout parsemé de visites et expositions en Belgique et en Europe. C’est ce qu’offrira l'école internationale College of Art & Design de Bruxelles, avec sa section "Fashion & Textile Design" dès septembre. Quand on a proposé à "Monsieur" Edouard Vermeulen d’en être le parrain, il a tout de suite accepté. Il espère même intégrer les étudiants les plus persévérants chez Maison Natan pour leur dernière année de stage.

Tirer son épingle du jeu

Les écoles et formations de mode, ce n’est pourtant pas ce qui manque dans notre petit pays. On en compte pas moins de dix sur le sol belge, dont deux figurent dans le top mondial en la matière: l’Académie royale des Beaux-Arts d’Anvers et ENSAV La Cambre, à Bruxelles.

Dans cette pléthore de formations qui s’offrent aux aspirants Jean-Paul Gaultier, le CAD doit se démarquer: son cheval de bataille sera le pratico-pratique, les pieds sur terre. "Nous voulons former des gens engageables, qui sont disponibles sur le marché du travail et qui ne font pas uniquement de l’extravagance en rêvant de travailler chez Chanel", souligne le directeur de l'école Eric Maquet. Un enseignement de type anglo-saxon où l'on apprend fondamentalement dans le concret.

"On ne fait pas des études pour rêver mais pour avoir un boulot."
Edouard Vermeulen
Fondateur de Maison Natan

Edouard Vermeulen va plus loin: "Les écoles de stylisme en général, sans vouloir les critiquer, sont basées sur des techniques, de l’esthétique, mais il manque le côté pratique de l’'après-études'. Une formation est donc nécessaire dans différents autres secteurs: marketing, digital, merchandising, mise en place d’une collection, présentation à la presse, etc." Tout un monde qui sort de la «simple» conception du vêtement pour viser le plus de débouchés possible. "On ne fait pas des études pour rêver mais pour avoir un boulot." Ce sont ses 38 années d’expérience qui parlent.

Des intervenants dignes de la Fashion Week

Parlons du côté pratique, justement. Ce cursus de trois ans sera chapeauté par un premier professeur de stylisme du nom de Jean-Paul Knott, star internationale de la mode. "J’ai aussi contacté toute une série d’intervenants pour faire des rencontres avec les élèves", s’enthousiasme Eric Maquet. Et la liste est longue, des sœurs Jacmin ("Façon Jacmin") à Emilie Duchêne (Thea Jewelry), en passant par Daniel Hechter (le "pape du sportswear"), Valentine Witmeur, et bien d’autres.

8.700
euros
Le montant du minerval de cette nouvelle formation.

Le CAD met le paquet, pour la somme (non modique) de 8.700 euros par an. Ce qui en fait la formation mode la plus onéreuse de Belgique, juste devant celle de l’Atelier Lannaux, spécialisé en haute couture. «Le Belge est parfois surpris par le prix élevé de l’enseignement privé mais notre résultat montre que 98 % de nos diplômés trouvent du travail en moins de 4 mois», explique Eric Maquet. Il faudra encore patienter pour savoir si le succès est au rendez-vous afin de remplir des petites classes de 10 à 15 étudiants.

Une mode renouvelable post-Covid

Le CAD veut modeler des jeunes engageables donc, mais aussi responsables. Car si le monde traverse actuellement une crise épidémiologique, il ne faudrait pas en oublier l’épée de Damoclès climatique qui pèse au-dessus de lui. On misera ici sur l’apprentissage des textiles "intelligents", autrement dit de seconde main ou provenant de l’upcycling, cette méthode de recyclage "par le haut".

"Pendant le confinement, j'ai dit à mes étudiants qu'ils n'avaient plus l'excuse des embouteillages ou des guindailles, ils devaient être encore meilleurs que l'année précédente!"
Eric Maquet
Directeur du College of Art & Design

Quant à celui-dont-il-ne-faut-(presque)-pas-prononcer-le-nom, ce n’est pas le genre d’Eric Maquet de se laisser démonter par une reprise de la pandémie. "Nous sommes en attente, mais on ne baisse pas les bras, le monde continue. On s’est déjà battu pour le dernier trimestre, en pleine pandémie, et ça a très bien fonctionné! J’ai même dit à mes étudiants qu’ils n’avaient plus l’excuse des embouteillages en voiture, plus l’excuse de la guindaille, j’attendais donc d’eux qu’ils soient meilleurs que l’année précédente! (rires)"

Résultats à l’appui, nous assure-t-il. Le coronavirus laissera toutefois des traces sur ce secteur, lui aussi marqué par plusieurs mois d’arrêt forcé. "Nous avons pu nous poser pour réfléchir à l’avenir. Nous sommes désormais plus précis, nous n'avons plus droit à l’erreur", indique un Edouard Vermeulen qui ne fait pas dans la dentelle. «Il faut l’éviter au maximum pour que l’échec d’une collection ne soit pas due à un trop-plein de fantaisie. On s’en retrouve plus concentré, plus réaliste, 'droit-au-but', ce qui n’écorche en rien la créativité." Pour, de fil en aiguille, espérer retrouver le chemin des grands défilés.

Edouard Vermeulen et Eric Maquet dans les studios du College of Art & Design. ©saskia vanderstichele

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