Fabienne Delvigne va vendre ses chapeaux en ligne

©Debby Termonia

La célèbre créatrice belge, prisée des têtes couronnées, s’ouvre à une nouvelle dimension: l’e-commerce. L’idée? Répondre à une demande venant du monde entier.

Ses créations coiffaient jusqu’ici principalement les grands de ce monde, en ce compris les têtes couronnées européennes. Désormais, tout un chacun pourra s’offrir un peu de ce luxe d’un simple clic. Fabienne Delvigne, célèbre créatrice belge, a en effet décidé de se lancer dans l’aventure du commerce en ligne.

"Il y avait une demande de la part de nos clients. Nous recevions des requêtes des quatre coins du monde, explique-t-elle. Dès lors, il s’agissait pour nous d’être en phase avec le marché. Etre accessible partout, à tout moment, était devenu une obligation aujourd’hui." Et ce, même pour un acteur d’un monde particulièrement haut de gamme.

Défi pour la maison

Si l’idée est ici résolument de permettre d’"être proche des clients qui sont loin", l’annonce a de quoi surprendre pour une maison qui s’est fait un nom grâce à une production artisanale relativement limitée – moins de mille chapeaux par an. Car qui dit web, dit presque logiquement volume. "C’est un défi", reconnaît Fabienne Delvigne. D’ailleurs, en prévision, "il aura fallu avoir plus de matières en stock, ce qui a demandé un investissement de base plus important et donc augmenté le risque".

En parallèle, avec cet e-shop, se pose aussi la question de l’image pour une marque aux créations prisées par des clients exigeants. À cette fin, "l’expérience sur le site se doit, comme physiquement, aussi d’être un moment particulier. C’est pour cela qu’à côté du produit en lui-même, nous proposons une réelle personnalisation selon les goûts et désirs de l’internaute", précise la créatrice, une liberté qui passe par le choix de la matière, de la couleur et des garnitures d’une part, mais aussi par un service entièrement à la carte, "en phase avec la philosophie de la maison". Une philosophie basée sur une écoute attentive. Une cliente américaine qui souhaiterait commander un chapeau pour un mariage pourra tout à fait envoyer au préalable quelques photos de sa tenue, de son visage, et de sa silhouette, accompagnées d’une description de son caractère. Sur cette base, une proposition lui sera faite. "Par mail, Skype ou WhatsApp, l’on arrive aujourd’hui à créer une réelle relation avec une cliente, même sans se voir physiquement", sourit Fabienne Delvigne, signe que la technologie a aussi gagné le luxe.

Un développement qui permet aussi, dans le même temps, plus de transparence auprès de clients potentiels qui n’auraient peut-être jamais osé sonner à la porte de l’atelier pour essayer quelque couvre-chef que ce soit. "Je suis souvent cataloguée pour mes créations couture (dont les prix varient en fonction des demandes, NDLR), confie la modiste, alors que la maison propose aussi des chapeaux tout à fait abordables (compter de 120 à 590 euros, NDLR)". La boutique en ligne permet de le faire savoir. Tout comme pour le fait que la créatrice propose aussi une sélection de bijoux et de sacs à main sur son e-shop.

Rayonnement international

Reste enfin que cette plateforme doit permettre de faire connaître la marque dans le monde entier, tout comme peuvent le permettre, dans une certaine mesure, les missions économiques auxquelles Fabienne Delvigne participe de temps à autre.

"Je me souviens d’un jour où j’étais en mission à Shanghai. Alors que j’étais en train de discuter avec des hommes d’affaires, mon mari a aperçu une élégante jeune fille portant un chapeau et a décidé d’aller lui montrer ce que nous faisions. Après quelques échanges, il me l’a présentée et, là, elle a absolument tenu à m’acheter celui que je portais moi-même ce soir-là. Elle a sorti son WeChat (service de messagerie instantanée similaire à WhatsApp, particulièrement populaire en Asie, permettant d’effectuer des paiements de tiers à tiers, NDLR) et l’a payé en direct, avant de nous demander un rendez-vous pour voir mes autres créations qui attendaient à la chambre d’hôtel. Autre exemple, un client chinois nous a acheté 300 chapeaux en une fois lors d’une première rencontre, avant de nous en racheter à nouveau lors d’un second passage. Pour nous, il était donc important d’être plus proche de ces gens-là, et l’e-shop le permet désormais." D’ailleurs, dans cette optique, une version en chinois devrait bientôt voir le jour, de même qu’une autre en russe.

Depuis son atelier bruxellois, situé non-loin de Montgomery, Fabienne Delvigne s’est fait un nom auprès du gratin européen. Fournisseur breveté de la cour de Belgique depuis 2001, cette diplômée en marketing de l’Ephec a réussi en l’espace de trente ans à gagner la confiance des familles royales de Belgique, des Pays-Bas, du Grand-Duché de Luxembourg et de Suède. Il n’est d’ailleurs par rare de voir la reine Mathilde ou la reine Maxima des Pays-Bas coiffées d’une de ses créations. Une réalité qui attire particulièrement la clientèle étrangère. En parallèle, elle a aussi collaboré avec BMW, l’Hôtel Amigo, les Carrières du Hainaut ou encore Guerlain.

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