La CNE hésite à attaquer Camaïeu pour faillite frauduleuse

La CNE se pose des questions sur des mouvements de cash entre les filiales et la maison-mère de Camaïeu. ©REUTERS

Alors que la faillite de Camaïeu Belgique est confirmée, la CNE envisage la possibilité de poursuivre la société pour faillite frauduleuse.

L'annonce de la faillite des 25 magasins Camaïeu en Belgique n'a pas fini de faire couler de l'encre. Comme il l'avait déjà fait au cœur de l'été, le syndicat chrétien CNE a expliqué être en train d'évaluer la possibilité de poursuivre Camaïeu en justice. "Nous sommes en colère de voir qu'en Belgique, une faillite peut être déclarée aussi facilement. Les témoins prêts à dénoncer les échanges financiers suspects n'ont jamais été entendus par la Justice. Il faut attendre que la faillite soit déclarée pour qu'on puisse interroger les gens, faire une enquête, comprendre ce qu'il s'est passé ces derniers mois à Camaïeu France", peut-on lire dans un communiqué diffusé mardi.

Contacté, Jalil Bourhidane, secrétaire permanent CNE, confirme que le syndicat est bel et bien en train de réunir des pièces afin de voir s'il est possible de poursuivre le groupe en justice pour faillite frauduleuse. "Nous espérions que le mandataire de justice interroge les administrateurs sur des mouvements financiers", nous a-t-il expliqué, tout en ajoutant que le mandataire n'avait reçu un mandat que pour trouver un repreneur, rien d'autre.

Témoignages attendus

Au fil des semaines et des mois, après avoir eu de nombreux contacts avec des collègues français et avec des cadres de Camaïeu, le permanent syndical a eu l'occasion de collecter un paquet de pièces et de témoignages faisant état de mouvements de cash des filiales étrangères vers la maison-mère française. "La réponse de Camaïeu France a toujours été que l'idée était de regrouper du cash en France afin de mieux gérer la crise du Covid de la France, nous a expliqué Jalil Bourhidane qui réclame que toute la lumière soit faite sur les mouvements financiers dont il est question.

"Tout est contradictoire, on veut faire la lumière, on veut toute la clarté sur les comptes."
Jalil Bourhidane
Secrétaire permanent CNE

Selon le syndicaliste, il existe des témoignages de cadres expliquant que l'intention de la maison-mère française a toujours été de provoquer les faillites des filiales étrangères sans passer par la case réorganisation judiciaire. "On a couru partout pour avoir des informations. Depuis des années, nous posons des questions sur la dette historique de la société, sans avoir de réponses", a-t-il regretté. Pour lui, tout était géré de la France et la direction belge n'était là que pour gérer les ressources humaines. "La Suisse, la Belgique et le Luxembourg étaient considérés comme positifs pour la France avant que l'on ne débranche tout. Tout est contradictoire, on veut faire la lumière, on veut toute la clarté sur les comptes", a-t-il conclu.

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