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La maison mère de Zara va investir un milliard dans l'e-commerce

Si 5.743 magasins du géant textile espagnol ont pu rouvrir jusqu'ici dans le cadre des mesures de déconfinement, 1.200 resteront définitivement fermés. ©Photo News

Inditex fermera par ailleurs 1.200 magasins dans le monde. Objectif? Voir ses ventes en ligne peser un quart de son chiffre d'affaires d'ici 2022.

Le couperet est tombé, mercredi, du côté de la maison mère de Zara: une première perte – de 409 millions d'euros – a finalement dû être enregistrée par Inditex au premier trimestre. Et ce, alors que le bénéfice net avait atteint 734 millions d'euros sur la même période en 2019.

Il s'agit-là d'une première depuis l'entrée en bourse, en 2001, du géant espagnol du textile. Crise du coronavirus oblige...

Mais voilà, le coup accusé, le géant espagnol du textile (Pull & Bear, Massimo Dutti, Bershka, Stradivarius, Oysho, Uterqüe...) n'a pas attendu de se laisser enfermer dans un coin du ring. Et a annoncé dans la foulée une riposte d'ampleur face à la crise: 2,7 milliards d'euros seront débloqués entre 2020 et 2022 pour relancer la machine, dont près d'un milliard uniquement à destination de l'e-commerce.

2,7
milliards €
Inditex a annoncé qu'il comptait investir 2,7 milliards d'euros d'ici 2022 pour accélérer sa transition vers de plus grands magasins et les ventes en ligne.

À titre de comparaison, depuis 2012 environ, le groupe fondé par Amancio Ortega avait consacré quelque 2,5 milliards d'euros en vue de renforcer sa plateforme de ventes en ligne, tout en se séparant, dans le même temps, de ses magasins les plus petits et en investissant dans d'immenses boutiques ouvertes dans des emplacements prestigieux au sein de grandes villes.

Sauf qu'ici, il était temps de sortir les grands moyens. Ces efforts passés ont donc largement été dépassés. En peu de temps. Histoire d'asséner un uppercut bien placé à un moment où les coups reçus sont pourtant légion. Et de tenter de reprendre l'avantage sur un adversaire invisible, certes, mais aux dégâts bien palpables.

Objectif? Des ventes en ligne qui devront représenter 25% du chiffre d'affaires d'ici 2022, contre encore 14% seulement l'an dernier.

1.200 fermetures physiques

Un sérieux pari quand on sait qu'Inditex exploite à ce stade quelque 7.412 points de vente de par le monde. Avec les coûts d'exploitation que cela implique. Mais, là aussi, le taureau sera pris par les cornes: si 5.743 magasins ont pu rouvrir jusqu'ici dans le cadre des mesures de déconfinement, 1.200 resteront définitivement fermés (dont 250 à 300 Zara et 100 à 120 Zara Home) – quand 450 nouveaux (plus modernes) ouvriront leurs portes à terme. Ce qu'une hausse du chiffre d'affaires en ligne de 95% en avril 2020 contre avril 2019 aura sûrement un peu plus validé.

"Les changements majeurs dans le comportement des consommateurs observés durant la crise augmenteront encore la numérisation."
Helena Helmersson
CEO d'H&M

Un son de cloche aussi entendu du côté de son grand concurrent H&M où la CEO, Helena Helmersson, déclarait en avril "que les changements majeurs dans le comportement des consommateurs observés durant la crise augmenteront encore la numérisation de la société ainsi que l'accent mis sur la durabilité."

Des propos avant-coureurs puisque le groupe suédois annonçait à la mi-mai le développement en ligne de cinq de ses marques (COS, Weekday, Monki, & Other Stories et Arket) sur neuf nouveaux marchés à travers l'Europe, dont le Luxembourg. De quoi lui apporter un peu de répit alors que 3.700 de ses 5.000 magasins (sur 74 marchés) avaient dû fermer en période de crise – quand bien même le top management avait accepté une réduction salariale de 20%.

Mais ce grand nom du prêt-à-porter n'est pas tiré d'affaire pour autant. Et pour cause, comparées à Inditex, les ventes en ligne d'H&M sont quelque peu plus frileuses. En effet, ouvertes dans 46 marchés, elles n'ont augmenté "que" de 32% de mars à mai.

Une réalité qui n'est pas que liée à la période de crise puisqu'elle se faisait en réalité déjà sentir depuis plusieurs mois auparavant, le groupe suédois devant faire face à une âpre concurrence – certains pointant du doigt un retard de sa part quant au suivi des modes. À laquelle il a eu un temps du mal à répondre, ayant (trop?) longtemps privilégié une stratégie d'expansion physique, au détriment d'une conquête numérique.

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