Un projet de relance innovant autour de Cameleon

Une partie de l'équipe qui espère relancer Cameleon. ©saskia vanderstichele

Pascale Switten (ex-Managing Director de Cameleon), assistée par Thibaut Dehem (87seconds) et Alexis Malherbe (Wolf), a fait offre pour reprendre Cameleon.

Depuis que Cameleon a fait aveu de faillite le 6 novembre dernier, une équipe, emmenée par Pascale Switten, la Managing Director de Cameleon, travaille d'arrache-pied pour présenter, à la curatrice, une offre de reprise comportant un volet social très étendu. "L'offre qui a été remise hier soir porte sur la reprise de 85% du personnel", nous a-t-elle expliqué, au moment de présenter ses partenaires pour cette nouvelle aventure (à condition que la curatrice valide leur offre, bien entendu).

Du sang neuf

Ces dernières semaines, deux jeunes entrepreneurs ont rejoint la barque de Pascale Switten. Il s'agit de Thibaut Dehem, qui a fondé - et revendu - l'agence digitale 87seconds et d'Alexis Malherbe qui, pour le compte de trois actionnaires, a mis sur pied le food market Wolf qu'il dirige aujourd'hui. Du sang neuf et jeune venu à point nommé pour Pascale Switten qui apporte son expérience et son savoir-faire.

Ces trois-là ont décidé d'apporter ensemble 300.000 euros, un budget auquel il convient d'ajouter un prêt de 200.000 euros et 15.000 euros amenés par différents managers du magasin actif dans le déstockage de vêtements de marque.

515.000
euros
Les fonds propres amenés par la nouvelle équipe pour (tenter de) relancer l'activité de Cameleon.

Et c'est là sans doute que se trouve la force de ce projet porté depuis plusieurs semaines. Cette équipe composée autour de Pascale Switten entend faire participer le personnel de Cameleon à la relance. C'est à cet égard que Davide Valente, responsable commercial de Cameleon, fait partie d'une dizaine de "sherpas" prêts à porter et défendre le projet auprès du reste du personnel. À part ces sherpas, les travailleurs n'ont pas encore été informés du contenu du plan de relance afin d'éviter de créer de faux espoirs si la curatrice devait porter son choix sur une autre offre.

Reprise en trois phases

Comme le résume Thibaut Dehem, cette reprise, si elle est validée, se fera en trois phases. La première consiste à se remettre au travail en utilisant le capital (515.000 euros) mis à disposition. Au cours d'une deuxième phase, les travailleurs qui le souhaiteraient pourraient entrer au capital de la société. Enfin, dans une troisième phase, l'équipe en place se mettra en quête de fonds afin de pouvoir atteindre une vitesse de croisière.

"L'offre de reprise de Cameleon qui a été remise hier soir porte sur la reprise de 85% du personnel."
Pascale Switten
Ex-Managing Director de Cameleon

Voilà pour la théorie qui, sur le papier, nous offre une belle histoire. "Une première'", insiste Jean-Olivier Collinet, administrateur-délégué de l'asbl JobYourself qui porte dans cette aventure le projet pilote Reload Yourself visant à valoriser la reprise d'entreprises par des membres du personnel. Il ne pouvait rêver de plus beau terreau pour planter les racines de sa nouvelle plate-forme. Et la formule imaginée par Jean-Olivier Collinet ne manque pas d'intérêt.

Coopérative d'activités

Concrètement, tout va se passer dans le champ d'action d'une coopérative d'activités. Les employés qui choisiront cette formule pourraient travailler chez Cameleon en gardant leurs allocations de chômage pendant dix-huit mois. L'argent gagné à ce moment-là sera réinvesti dans la société, en échange de quoi les travailleurs entreront au capital à hauteur de 24% maximum.

Ce système d'auto-repreneurs par le biais d'une coopérative serait une première. "On crée un système dans lequel le temps passé servira à donner aux travailleurs les moyens de reprendre l'entreprise dans laquelle ils travaillent", explique Jean-Olivier Collinet. "Le but de la première phase est de générer du cash pour la seconde", explique pour sa part Alexis Malherbe.

Création d'emplois à terme?

La nouvelle équipe est en partie soutenue par l'ancienne. Ainsi, un pré-accord portant sur l'occupation, le loyer et le bail du bâtiment a été trouvé avec Jean-Cédric Van Der Belen, actionnaire et fondateur de Cameleon, et avec Augustin Wigny, un autre actionnaire historique. Des négociations ont encore cours avec Jean-Cédric Van Der Belen à propos de la marque.

A priori, si son offre est choisie, la nouvelle équipe devrait rapidement proposer de nouvelles activités sur le site. Il est question d'un food market sur le toit du bâtiment, un lieu qui pourrait également être dédié à de l'événementiel. La relance et l'arrivée de nouvelles activités pourraient, à terme, créer de l'emploi. La balle est dans le camp de la curatrice.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés