Les Chinois étudient la vente du maroquinier Delvaux

©Delvaux

Dix ans après leur arrivée, la famille Fung, propriétaire du célèbre maroquinier, étudie désormais sa sortie. L'opération valoriserait l'entreprise à plus de 400 millions d'euros.

La rumeur enflait depuis quelques semaines déjà, à savoir que la famille Fung, montée à bord de Delvaux en 2011, pourrait envisager de céder sa participation majoritaire au sein du célèbre maroquinier.

Elle se voit désormais confirmée. En effet, des conseillers ont depuis été mandatés et des prétendants potentiels contactés, rapportait ce lundi l'agence Bloomberg. Objectif? Etudier la vente de l'entreprise, qui se voit au passage valorisée entre 400 et 500 millions d'euros environ, évoquent des proches du dossier.

Frappé par la crise

"Sans le soutien de nos actionnaires, Delvaux serait mort."
Marco Probst
CEO de Delvaux

Pour autant, rien n'est fait à ce stade. Une vente ne constitue en réalité qu'une des pistes actuellement sur la table pour ceux qui ont dû allonger plusieurs dizaines de millions d'euros en plein cœur de la pandémie pour aider le maroquinier à s'en sortir. Marco Probst, CEO, soulignait d'ailleurs en mai dernier sur ce point que sans le soutien des actionnaires, "Delvaux serait mort".

C'est que l'année de pandémie a laissé des traces avec un chiffre d'affaires en recul de 40% environ, quand il dépassait les 120 millions d'euros en période pré-Covid. La faute à l'effondrement du tourisme et au choc (un temps) dans la consommation chinoise –  70% de ses ventes sont à imputer à des acheteurs issus de République populaire –, couplée à des loyers onéreux au sein des différentes capitales de la mode (Milan, New York, Londres, Paris) où Delvaux s'est implanté pour exister au niveau mondial.

-40%
de chiffre d'affaires
Encore de 120 millions d'euros en période pré-Covid, le chiffre d'affaires a reculé de 40% en 2020.

Alors, une contre-offensive a bien été lancée avec la mise sur pieds d'une plateforme de commerce en ligne. Mais celle-ci n'a pas permis de rattraper le tir, ne représentant à ce jour que l'équivalent des ventes d'une petite boutique physique.

Résultat, un plan de restructuration était annoncé en février dernier, avec à la clé la perte potentielle de quelque 26 emplois en Belgique, sur les 155 personnes que compte la société au total. Une procédure Renault était enclenchée. Les équipes françaises n'étaient, elles, pas concernées.

Encore belge à 20%

La famille Schwennicke, qui reprenait Delvaux aux mains de son fondateur dans les années 30, détient toujours, pour sa part, 20% du capital de la société. Contacté, François Schwennicke n'a pas répondu à nos sollicitations et donc indiqué ce qu'il comptait faire de sa participation.

Pour ce qui est du capital en mains chinoises, il convient de préciser que les Fung ne sont pas seuls à bord du holding First Heritage Brands, qui représente leurs intérêts dans Delvaux depuis dix ans. L'on y retrouve aussi le fonds souverain singapourien Temasek Holdings, de même que, dans une moindre mesure, l'ex-vice-président exécutif de Louis Vuitton et ex-patron de Delvaux Jean-Marc Loubier.

Chiffres clés

  • Fondé en 1829.
  • Chiffre d'affaires supérieur à 120 millions d'euros en 2019.
  • 45 boutiques de par le monde, dont à Paris, Milan, Londres et New York.
  • Près de 500 collaborateurs, avant la restructuration.
  • Trois sites de production (Bruxelles, Bourg-Argental et Avoudrey).
  • Majoritairement aux mains de First Heritage Brands depuis 2011, la famille Schwennicke conservant une participation de 20%.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés