Les commerçants restent attachés aux présoldes

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Une majorité de magasins de vêtements, chaussures et maroquinerie s’opposent au projet de suppression porté par le ministre de l’Économie Kris Peeters, selon un sondage Ipsos.

Présoldes ou pas présoldes? Si le débat anime les acteurs de la vente en magasin, Kris Peeters a fait son choix de longue date. Depuis 2016, le ministre CD&V de l’Économie tente de supprimer cette période d’un mois d’interdiction de toute annonce de réduction de prix dans les boutiques de vêtements, chaussures et maroquinerie. Cette période dite d’attente a été mise en place pour que le consommateur soit bien en mesure de vérifier les différences de prix mises en évidence durant les soldes de janvier et de juillet. Ce dispositif avait également pour vocation de protéger les petites enseignes, qui disposent de moins de moyens que les grandes chaînes pour proposer des prix cassés.

Constat: cette interdiction semble largement contournée alors que les ventes couplées demeurent autorisées durant le mois qui précède les soldes. Ce n’est donc pas parce qu’un magasin n’affiche aucune réduction en vitrine qu’il ne propose pas quelques bonnes affaires à sa clientèle. La Belgique est par ailleurs tancée par l’Union européenne pour un dispositif qui paraît d’autant plus obsolète aujourd’hui que les réductions de prix sont pratiquées toute l’année dans la vente en ligne.

Peeters reste sur sa ligne

Fort de ces arguments, Kris Peeters a donc remis le dossier sur le métier. Mais si CD&V, N-VA et Open Vld sont sur la même longueur d’onde que lui, le projet suscite quelques craintes au MR, attaché à sa proximité avec le petit commerce. Car de manière générale, celui-ci se montre plutôt hostile à la disparition de la période d’attente, de peur d’être victime des plus grandes enseignes. Cette tendance est confirmée par un récent sondage commandé par le gouvernement lui-même à l’institut Ipsos. L’Echo a pu mettre la main sur les résultats de cette enquête réalisée auprès de 300 commerçants (dont l’écrasante majorité est constituée d’indépendants et non de franchises) durant les deux premières semaines du mois de mars.

©Mediafin

Premier enseignement, cette période d’attente est bien connue des commerçants. Surtout en Flandre et en Wallonie (99 et 94%), un peu moins à Bruxelles (75%). Au total, 42% d’entre eux admettent avoir lancé des actions promotionnelles durant cette période même si près de 60% d’entre eux savent qu’il leur est interdit de proposer des réductions lors des présoldes.

Seuls 75% des commerçants bruxellois connaissent les interdictions de la période d’attente.

Ipsos conclut que 55% des commerçants se déclarent en faveur du maintien des présoldes mais observe d’importantes disparités entre Régions. Ainsi, les commerçants flamands sont proportionnellement plus nombreux à soutenir le système: 68% se déclarent en faveur de son maintien contr 61% à Bruxelles et seulement 35% en Wallonie.

Ces différences peuvent étonner, compte tenu de la structure du commerce en Flandre et en Wallonie, et tranchent avec d’autre études en la matière, entend-on. Mais, contacté par L’Echo, Kris Peeters confirme sa volonté de supprimer cette période d’attente. Le dossier n’a pour l’heure n’a pas encore dépassé le stade des négociations entre les cabinets ministériels du gouvernement, ajoute le ministre, qui ne sait pas encore quand la discussion arrivera jusqu’à la table du gouvernement.

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