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Les héritiers Hermès: une unité de façade?

Patrick Thomas, le président de Hermès

Retour sur l'histoire de la seule vraie maison de luxe à la française.

Dans le monde du luxe, Hermès est un cas à part. Il est considéré comme la seule vraie maison de luxe "à la française". D’aucuns affirment même qu’il est un des seuls représentants du "vrai" luxe, celui dont les produits sont (très) chers parce que rares. Pour s’offrir un sac "Kelly", un des produits phares du groupe, il faut débourser 5.000 euros, s’inscrire sur une liste d’attente et patienter jusqu’à deux ans! Tout l’opposé d’un… LVMH qui déploie le label Vuitton dans le monde entier à coups de nouvelles boutiques.

Cette stratégie a fait la fortune des familles héritières d’Hermès qui en détiennent 72%. En juillet dernier, le magazine "Challenges" valorisait leur patrimoine à 8,5 milliards d’euros, faisant d’elles la 4e fortune de France. Des familles que l’on dit soudées depuis six générations, ce qui a permis les exceptionnelles performances du groupe.

Ses origines remontent à 1837 lorsque Thierry Hermès ouvre un atelier de sellerie à Paris. Vers la fin du XIXe siècle, il diversifie sa production en fabricant des sacs en cuir. Ses héritiers vont poursuivre son œuvre en s’attaquant aux différents segments du luxe - textile (les célèbres foulards et cravates de soie), parfums, horlogerie, bijouterie… - pour en faire une pépite qui, en 2009, a réalisé 1,9 milliard d’euros de chiffre d’affaires et 289 millions de bénéfice net. Depuis, ces résultats se sont envolés. Au premier semestre le chiffre d’affaires a grimpé de 23% à 1,075 milliard et le résultat net de 55% à 194 millions. En quelques mois, la capitalisation boursière d’Hermès a quasiment doublé passant de 11 à plus de 21 milliards d’euros.

Aujourd’hui, la soixantaine d’héritiers Hermès se répartit en trois grandes familles qui portent le nom des gendres depuis la 3e génération (laquelle n’a eu que des filles): les Puech, les Guerrand et les Dumas. Entre 1978 et 2006, Jean-Louis Dumas, aussi bon gestionnaire que créatif de talent, assure ainsi la renommée du groupe, avant de céder le flambeau, pour raisons de santé, à Patrick Thomas, premier patron extérieur aux familles. L’arrivée de ce dernier déclenche une première vague de spéculations sur l’unité familiale.

On prête (déjà…) à Bernard Arnault, patron de LVMH, et à un certain Albert Frère des velléités sur une des derniers groupes de luxe indépendants. Pourtant, depuis 1989, la société est organisée en commandite la protégeant d’une éventuelle OPA. Les héritiers sont liés par plusieurs pactes d’actionnaires: en cas de velléité de vente, ils doivent se proposer mutuellement leurs titres.

Mais le décès en mai dernier de l’emblématique Jean-Louis Dumas réalimente la machine à rumeurs sur la cohésion de l’actionnariat familial, officiellement "parfaitement uni". Et la revente récente par un des héritiers, Jérôme Guerrand d’une (infime) partie du capital (0,02%, soit 4,14 millions d’euros) est interprétée comme une première brèche dans l’harmonie familiale. L’offensive de Bernard Arnault pourrait bien l’élargir…

J.-F.S.

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