Louboutin attaque Amazon sur son rôle de vendeur

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Après avoir "nettoyé" le marché physique, le chausseur français Louboutin s’en prend à la vente en ligne. Il veut qu’Amazon cesse de faire de la publicité et de vendre des modèles contrefaits.

Bal de semelles rouges mercredi matin au tribunal de l’entreprise francophone de Bruxelles. Deux représentants du fabricant de chaussures Christian Louboutin venus en droite ligne de Paris et leur avocat, Thierry Van Innis, arboraient la célèbre semelle rouge qui a fait la réputation de Louboutin. Et s’ils ont fait le déplacement, c’est pour demander à la juge des cessations, Françoise Jacques de Dixmude, d’interdire à Amazon de faire de la publicité et de commercialiser des faux Louboutin, le tout sous peine d’une astreinte de 100.000 euros par jour.

Source de contrefaçons

Si le chausseur français arrive à ses fins, le jugement deviendrait une référence en jurisprudence. En effet, ce n’est pas Amazon en tant qu’hébergeur qui est visé, mais bien Amazon en tant que vendeur de chaussures contrefaites. "Amazon est, aujourd’hui, la source la plus importante de contrefaçons qui inondent le marché", a entamé Thierry Van Innis, l’avocat de Louboutin. Louboutin n’hésite jamais à monter au créneau quand il est question de protéger sa marque. Comme l’a résumé son avocat, après quelques actions contre des revendeurs, Louboutin a réussi à "nettoyer" le marché physique.

"Louboutin veut nettoyer le commerce en ligne avec des mesures qui le rendraient impossible."
Geert Glas
Avocat d’Amazon

Par cette action, Louboutin s’en prend cette fois clairement au marché de la vente en ligne, plus difficile à contrôler. Pour l’avocat du chausseur, "cette affaire est claire comme le soleil". En plaçant des publicités pour des Louboutin contrefaits sur son site et en les vendant lui-même avant de les expédier, Amazon fait usage d’un signe identique à la marque Louboutin et cela sans l’autorisation du chausseur. Raison pour laquelle Louboutin veut voir Amazon condamné à cesser ces pratiques sous peine d’une astreinte de 100.000 euros par jour en cas de poursuite des activités reprochées.

Comme c’est toujours le cas, on a eu droit à une autre version de l’autre côté de la barre. Geert Glas, le conseil d’Amazon, n’a voulu laisser passer l’affirmation selon laquelle Amazon serait aujourd’hui la source la plus importante de contrefaçons inondant le marché. Et pour appuyer ses déclarations, l’avocat a avancé une série de chiffres en matière de lutte contre la contrefaçon.

"En 2018, Amazon a bloqué 3 milliards d’offres portant atteinte au droit des marques", a entamé Geert Glas, rappelant que le site de vente en ligne enregistrait quotidiennement 5 milliards de mises à jour. Sur cette base-là, Amazon a fermé un million de comptes de vendeurs en 2018. Le conseil d’Amazon a également rappelé que le site travaillait de façon proactive et en collaboration avec Louboutin à la détection de faux modèles. C’est ainsi que 45.000 offres ont pu être bloquées sur la seule base du nom Louboutin et 117.000 sur base de différents mots-clés, parmi lesquels "semelle rouge".

L’avocat a également rappelé qu’Amazon, en tant qu’hébergeur, bénéficiait de l’exonération de sa responsabilité. Concernant la vente, la publicité et le stockage, il ne peut pas être question d’usage de la marque, a plaidé le conseil d’Amazon. Au passage, celui-ci a demandé à la juge de reconsidérer l’astreinte, le site étant dans l’impossibilité technique de contrôler la totalité des annonces, même en 24 heures.

"Louboutin veut nettoyer le commerce en ligne en vous demandant des mesures qui rendraient le commerce en ligne impossible. Nous vous demandons de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain", a conclu Geert Glas, au nom d’Amazon.

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