Olivier Strelli obtient l'aval de ses créanciers

Des investissements hasardeux en France ont plombé les comptesde la célèbre griffe belge qui a été placée en réorganisation judiciaire.

Olivier Strelli respire. Mercredi, les créanciers de Nissim SA, (du prénom de son fondateur Nissim Israël, 63 ans, alias Olivier Strelli), la société qui exploite la célèbre griffe ont accepté le plan de réorganisation judiciaire présenté devant le Tribunal de Commerce de Bruxelles.

La teneur de ce plan n’a pas été divulguée, le juge devant encore l’homologuer formellement. Ce qui devrait être fait le 27 octobre, date de la fin du sursis. Selon un avocat spécialisé dans les faillites, il est extrêmement rare qu’un juge refuse ce que des créanciers ont accepté.

Au printemps dernier, la société créée voici 35 ans par le couturier belge vedette (il a notamment habillé la princesse Mathilde, les Rolling Stones et Zinédine Zidane), avait opté pour cette procédure, le temps de remettre de l’ordre dans sa trésorerie et de présenter un plan d’apurement à ses créanciers.

Olivier Strelli sort en effet de deux années financièrement très délicates. Le chiffre d’affaires est passé de 14 millions d’euros en 2007 à 11,6 millions en 2009. L’an dernier, la société a affiché une perte d’exploitation de 3,4 millions et une perte nette de près de 2,7 millions. Quant aux dettes, elles ont presque quadruplé en un an, passant de 2,8 à 10,6 millions d’euros.

Déception française

En cause principalement: des investissements hasardeux en France, avalisés par le holding français Ever Capital qui, voici bientôt deux ans, a repris la société. En 2009, au plus fort de la crise, Olivier Strelli avait en effet acquis une vingtaine de boutiques de l’enseigne Formes en France pour les rebaptiser à sa marque. Seulement voilà: la sauce n’a jamais pris, les prix étaient trop élevés et la crise a plombé l’opération. Chez Olivier Strelli, on reconnaît que "le timing n’était sans doute pas le meilleur dans un marché du prêt à porter fort touché par la récession".

Croissance trop rapide

Interrogé récemment par le magazine "Fashion Daily News", le patron d’Ever Capital, Jacques Lévy, expliquait que "les financiers de l’époque ont soutenu une croissance organique trop rapide. En même temps, nous avons conduit des chantiers informatiques et logistiques qui n’ont pas été correctement mis en place. A cela, vous rajoutez le phénomène de la crise et la perte d’un grand nombre de nos distributeurs multimarques". Exit donc le directeur général Alain Moreau et la vingtaine de magasins acquis en 2009. En juin dernier, ils ont été revendus au groupe français Sud Express.

Aujourd’hui, le réseau Olivier Strelli, qui emploie une soixantaine de personnes, compte 14 magasins en propre et 5 en franchise en Belgique ainsi que 4 boutiques en France (2 à Paris et 2 à Saint-Tropez). Aux 11,6 millions d’euros de chiffre d’affaires réalisés l’an dernier, il faut en ajouter une trentaine générée par une kyrielle de licences (chaussures, maroquinerie, parfums, agendas, montres, literie, linge…).

Malgré ses soucis financiers, Olivier Strelli, qui a encore un rôle de consultance dans la société tout en gérant les licences, n’a semble-t-il rien perdu de son aura créatrice. Début octobre, il a ainsi présenté en grande pompe les nouveaux uniformes des agents de la SNCB.

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