Sioen pourrait profiter de 200 millions d'euros pour des acquisitions

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Le broker Kepler Cheuvreux qui qualifie Sioen de "gemme belge" a entamé le suivi de la valeur avec un conseil d’achat et un objectif de cours qui représente un potentiel de hausse de 20%.

"Avec Sioen, les investisseurs ont accès à un leader de marché dans les textiles techniques avec une protection de la marge grâce à l’intégration verticale et une forte concentration sur le client."

Kris Kippers de Kepler Cheuvreux a été séduit par le business model de cette société familiale qu’il qualifie de "gemme belge". Il a initié le suivi de la valeur avec un conseil d’achat et un objectif de cours de 29 euros, ce qui représente un potentiel de hausse de 20% par rapport au cours actuel. "Comme l’action a baissé significativement par rapport à ses plus hauts, la valorisation offre un point d’entrée idéale" écrit-il dans sa note publiée le 20 novembre.

L’histoire récente de Sioen , qui emploie plus de 4.000 personnes, explique sa solidité actuelle. Après la crise de 2008-2009 qui a eu un impact important sur ses ventes et son Ebitda, la société a décidé de réduire sa cyclicité par des désinvestissements et des ajouts d’activités. "Nous estimons aujourd’hui à moins de 30% le business hautement cyclique," souligne l’analyste.

Fusions et acquisitions

En réduisant ses niveaux de dette, le groupe a pu partir, ensuite, sur le chemin des fusions et acquisitions (M&A). Depuis 2016, il a procédé à six rachats en dépensant 140 millions d’euros ce qui a gonflé l’Ebitda de plus de 30%. Cela lui a permis de devenir le numéro un dans le vêtement maritime, un acteur de poids dans les géotextiles, un leader de marché dans les habits de sécurité et de lancer la production aux Etats-Unis.

Et pour Kris Kippers, la société dirigée par Michèle Sioen ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin. Malgré des investissements totalisant 81,5 millions entre 2018 et 2020, le ratio dette nette/Ebitda devrait être inférieur à 1 en 2020, selon ses calculs. En faisant passer ce ratio à 3 dans deux ans, cela permettrait à Sioen de disposer de 200 millions d’euros pour des M&A ce qui doperait l’Ebitda de 40% environ.

"Une émission d’actions peut aussi être envisagée" avance l’analyste. "La famille détient une participation de 65%, ce qui lui donne de la marge pour une augmentation de capital sans utiliser son propre argent ou céder le contrôle."

Bémol

Un petit bémol dans ce beau tableau. L’inflation des coûts de production, principalement le prix du pétrole, est et reste une inquiétude. "Mais avec une marge brute dans les alentours de 50%, un certain pouvoir de fixation des prix, et 40% de produits personnalisés, il existe un certain degré de protection de la marge." Ses prévisions d’Ebitda sont toutefois inférieures de 8% et de 10% au consensus Bloomberg pour 2019 et 2020 respectivement, reconnaît l'analyste.

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