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Avec Rails Girls, le code s'écrit et s'exécute au féminin

©Rails Girls

Les femmes pas capables de coder, dites-vous? "Nous avons environ 25% de filles dans nos promotions au Wagon (un Bootcamp de 9 semaines pour apprendre le code, NDR), soit plus du double du pourcentage habituellement observé dans les filières IT classiques (universités et hautes écoles)", nous explique Anne Collet, fondatrice du Wagon Brussels, qui organise ce samedi matin un workshop "Rails Girls" spécialement dédié aux femmes pour découvrir et surtout démystifier la programmation.

On l’a peut-être oublié – ou l’a-t-on jamais su – mais jusque dans le milieu des années 80, les femmes étaient nombreuses dans les études en informatique. Mais depuis l’essor du micro-ordinateur qui a, selon la chercheuse Isabelle Collet, contribué à modifier la représentation de cette filière en la présentant davantage comme un métier d’hommes, les femmes sont largement sous-représentées dans cette catégorie et toutes celles qui y sont liées comme la cybersécurité, par exemple.

Ce matin, elles sont tout de même une trentaine réunie dans cet open space au cœur du nouveau campus digital bruxellois, BeCentral. Après le traditionnel café, véritable fuel de tout codeur qui se respecte, les participantes font connaissance avec leur mentor du jour. Tiens, que des hommes… Le mien, et celui de Marte assise à ma droite, s’appelle Marius. C’est un web développeur et un entrepreneur originaire d’Estonie qui a cofondé, d’un point de vue technique, Apprentus, une plateforme pour trouver des cours particuliers.

Du visible…

Grâce à son aide, nous allons construire une application web. Concrètement, nous allons écrire du code, le faire fonctionner et finalement voir le programme en action. Pour cela, nous aurons besoin de trois outils indispensables: un éditeur de texte (dans notre cas, Atom) qui permet de manipuler et d’organiser le code source notamment en attribuant différentes couleurs aux parties de code, le terminal (ou console) qui est une fenêtre ouverte sur l’ordinateur et permet de configurer l’environnement de codage, d’exécuter du code de parcourir les fichiers, et enfin d’un navigateur pour apprécier le résultat final.

Après avoir installé Ruby on Rails, un des nombreux langages de programmation, la première partie de la journée consiste à développer les éléments du site que l’on voit à l’écran. C’est ce qu’on appelle le Frond-End Development, c’est la partie visible. Dans notre cas, il s’agit d’une page sur nous-mêmes: nom/prénom, trois hobbys, trois langues parlées et une vilaine photo qui date.

Avec HTML, nous structurons la page comme nous le ferions dans un document Word (un titre, un sous-titre, un corps de texte, une photo…) tandis qu’avec CSS, nous lui apportons du style (avec de la couleur, des typos différentes, un bouton à cliquer chipé sur le site de De Lijn…). Le résultat? Une page bien statique, digne des années 90, avec un choix de couleur et de typo particulièrement douteux. "En fait, il s’agit essentiellement de Googler et de s’inspirer de ce que les autres font", résume ma voisine. Hochement de tête un peu amusé mais résolument approbatif de Marius.

Le code, à chaque usage son langage

… À l’invisible

Après la pause, les choses vont se corser un peu mais les présentations permettent de mieux cerner ce qu’est le code, de prendre conscience de son accessibilité. "Vous faites déjà du code tous les jours mais vous ne vous en rendez pas compte", explique l’un des mentors en citant le test FizzBuzz de Imran Ghory. Un peu tard, Marius évoque la persévérance et la passion nécessaire, mais également l’état d’esprit que requiert la programmation. Il prend pour exemple Jennifer Dewalt qui a appris à coder en réalisant un site web par jour pendant 180 jours.

"Don’t date a nerd, be the nerd."
mark zuckerberg
ceo de facebook

Il faut bien cela pour aborder sans trop d’appréhension le Back-End Development, la partie invisible de la programmation. Elle est grossièrement composée de trois parties: le serveur accessible 24h/24h sur lequel sont enregistrées les pages du site web, l’application/site web, et la base de données où l’on stocke les données de l’application.

Ces données sont les mots de passe, les préférences ou les paniers d’achats. Pour les interroger, les traiter ou les modifier et maintenir à jour en continu le site, le développeur utilise des langages de programmation (PHP, Ruby…) dynamiques. Le code qu’il écrit permet d’établir une communication avec le serveur et d’indiquer au navigateur quels éléments de la base de données il faut utiliser/ajouter.

Voilà pour la théorie. Dans les faits, on ne va pas se mentir, c’est un peu plus compliqué que ça, sans pour autant atteindre le mal de crâne redouté. Mais ce n’est certainement pas impossible, c’est juste que cela requiert la volonté d’apprendre par soi-même et la nécessité de le faire un peu tous les jours. Don’t date a nerd. Be the nerd.

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