Caterpillar: les chiffres qui vont encore fâcher

Belga/Lambert ©AFP

Chez Caterpillar à Gosselies, près de 1600 emplois seront perdus. Déjà, les montants payés par la société américaine aux Impôts sont montrés du doigt.

En 2011, Caterpillar a connu un taux d'imposition de 3,3% au lieu du taux officiel de 33,99%, ne payant ainsi que 221.191 euros pour un bénéfice de 6,8 millions avant impôt, selon L'Avenir (sur base de chiffres du centre d'étude du PTB, qui s'est fondé sur la centrale des bilans et la Banque nationale).Le montant des déductions fiscales (intérêts notionnels) atteint 6,1 millions d'euros, sans compter les ristournes fiscales pour 2 millions d'économies d'impôts, selon L'Avenir.
L'étude remonte jusqu'en 1994 et montre que le taux d'imposition moyen a été de 3,3% sur les 18 dernières années pour un bénéfice global de 328 millions d'euros.   Bon an mal an, le montant des déductions fiscales correspond au bénéfice réalisé par l'entreprise carolorégienne.

• Quid des intérêts notionnels? En réalité, le groupe Caterpillar recourt au système fiscal des intérêts notionnels dans une mesure relativement modérée, préférant miser sur les centres de coordination. → Lire ici notre enquête sur le sujet. e groupe Caterpillar recourt au système fiscal des intérêts notionnels dans une mesure relativement modérée,p

1400 + 200 = 1600 emplois qui passent à la trappe. Le constructeur d'engins de chantier Caterpillar a provoqué un nouveau choc en annonçant jeudi la suppression de 1.400 emplois, auxquels s'ajoutent près de 200 intérimaires, soit 1600 postes de travail, assombrissant encore plus le climat social après la fermeture prévue d'une usine Ford et une restructuration chez ArcelorMittal. 

"Nous sommes devenus trop chers", a lancé Nicolas Polutnik, l'administrateur délégué de Caterpillar Belgique. Il a justifié ce plan - qualifié d'industriel et non de social - par le contexte économique. "Le marché de Gosselies, c'est l'Europe. Or le marché est en crise économique et les perspectives de croissance sont compliquées. Nous avons eu des hauts et des bas et nous avons pris des mesures. Il s'agit d'un problème de viabilité". Le site de Gosselies souffre en effet de la  concurrence asiatique. "

Le groupe a l'intention de mettre un plan industriel en 3 points :

En bref

POURQUOI?
L'entreprise fait face à une baisse des volumes produits. Elle a des problème de compétitivité. Les mesures prises lors des derniers mois en matière de chômage temporaire et de non reconduction des ouvriers sous contrat à durée déterminée n'ont pas suffi. Or, chacune des 300 unités que compte le groupe Caterpillar dans le monde est tenue de défendre sa compétitivité.

 1. Des licenciements. Le groupe va donc licencier 1400 personnes, dont 1100 ouvriers et 300 employés et cadres. A cela s'ajoute la non-reconduction de 190 contrats à durée déterminée. Soit un total de près de 1600 emplois

2. Des investissements. La modernisation des infrastructures via des investissements. Les trois lignes d'assemblage seront néanmoins maintenues.

 3. La spécialisation du site vers des productions destinées majoritairement au marché européen.  "Nous devons cesser de mener des activités non compétitives. Cela grève les coûts pour l'ensemble du site", a selon Nicolas Polutnik.

Agenda caché?

Tant les gouvernements fédéraux et wallons que les syndicats veulent voir clair dans ce plan industriel. Les ministres apporteront leur soutien aux représentants des travailleurs afin qu'ils obtiennent les éclaircissements souhaités.

A l'issue d'une réunion organisée à la résidence du premier ministre, Elio Di Rupo, les uns et les autres n'ont pas caché leur inquiétude à l'égard d'un agenda caché de la direction qui préparerait la fin du site.

Le 7 mars, aura lieu le premier conseil d'entreprise dans le cadre de la loi Renault. Les syndicats pourront poser leurs questions à la direction de l'entreprise. "La direction nous dit qu'avec le plan, ils vont tenir la route pendant des années. Je n'en suis pas convaincu. Je suis syndicaliste, pas dirigeant d'entreprise, mais l'expérience que j'ai acquise me montre que ce plan ne tient pas la route", a ajouté M. Cocciolo.

Aux yeux des syndicats, le plan exposé jeudi matin paraît bien maigre. A les entendre, il paraît impossible de faire tourner encore l'entreprise avec une telle réduction de personnel. 

Appel au calme

Le travail a repris vendredi matin dans les ateliers et les bureaux de l'entreprise Caterpillar Belgium à Gosselies (Charleroi). Les syndicats ont donné consigne aux travailleurs de rejoindre normalement leurs postes après l'annonce du plan.

Les syndicats prévoient de déposer un préavis lorsque débutera la phase de négociations. Pour l'heure, ils ont invité leurs affiliés à la modération.

 

 

 

 

 

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