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Le belge Social Karma en mains françaises

L’équipe de Social Karma avec au centre son CEO Thierry Soubestre. ©Synthesio

Synthesio, un groupe français spécialisé dans l’écoute professionnelle des réseaux sociaux, rachète Social Karma, une start-up belge qui pousse très loin l’analyse d’audience sur le net.

L’analyse des comportements des individus sur les réseaux sociaux fournit des informations de plus en plus précieuses pour les agences de publicité et leurs clientes entreprises s’adressant directement aux consommateurs. En France, le groupe Synthesio, qui a vu le jour en 2006, s’est fait une spécialité de l’écoute des utilisateurs de médias sociaux. L’an dernier, le bureau Forrester Research l’a nommé leader mondial des solutions d’écoute pour les entreprises (rapport Forrester Wave, 1er trimestre 2016).

Le profil
  • Social Karma est né en 2014 au départ de l’activité "Page Karma" déployée par la société Social Lab, agence belge spécialisée dans les médias sociaux.
  • En décembre 2015, le fonds d’investissement Internet Attitude a investi 1 million d’euros dans Social Karma pour l’aider à accélérer le déploiement de sa plateforme d’analyse d’audience baptisée "Profiler" et à financer son expansion à l’international.
  • Aujourd’hui, la start-up belge emploie 11 personnes et est présente sur une demi-douzaine de marchés.
  • Elle compte des noms prestigieux parmi ses clients comme La Loterie Nationale, Ikea, Ogilvy, EDF, Emakina, Pernod Ricard et Omnicom.
  • A l’avenir, elle opérera comme filiale de Synthesio.

En Belgique, la start-up Social Karma, créée en 2014 au départ d’une division de Social Lab non incluse dans le rachat de cette dernière par le groupe de publicité Ogilvy fin 2013, s’est spécialisée dans plusieurs créneaux de ce marché: la mesure de la performance sociale, qui permet aux professionnels du marketing de vérifier puis affiner l’effet de leurs campagnes sur les réseaux sociaux; l’intelligence d’audience, qui étudie les caractéristiques de chaque audience visée; le marketing de contenu, qui permet aux publicitaires de créer des contenus pertinents par rapport à leur cible; et le media planning qui aide les communicants à choisir les bons canaux.

Synthesio vient de racheter Social Karma, a-t-on appris lundi. Le groupe français, qui confirme l’information, a repris l’entièreté du capital de la société belge basée à Ixelles. Les vendeurs sont les fondateurs de Social Karma, ainsi qu’Internet Attitude, le fonds d’investissement dédié aux start-ups de l’internet. Le montant du "deal" n’a pas été dévoilé.

Complémentarité

Les onze personnes composant l’effectif de Social Karma continueront de travailler au départ de Bruxelles, tandis que les solutions développées par leurs soins seront intégrées aux produits proposés par Synthesio. "Synthesio dispose d’une assise beaucoup plus importante que Social Karma en termes de données, d’intégrations et de solutions; l’opération permettra donc d’accélérer le développement de Social Karma de manière exponentielle", commente Thierry Soubestre, le CEO de Social Karma. "Nous avons une grande expertise en tant que ‘profiler’ ou spécialiste d’étude d’audience qui s’avérera très complémentaire de ce que fait Synthesio, poursuit-il. Et nous pourrons bénéficier de l’ouverture internationale ainsi que de la force commerciale de Synthesio."

"L’opération permettra d’accélérer le développement de Social Karma de manière exponentielle."
thierry Soubestre
ceo de Social Karma


Cap sur l’international

Social Karma s’est déjà hissé sur les marchés internationaux, au point que son chiffre d’affaires soit d’ores et déjà réalisé pour plus de 50% hors de nos frontières. L’entreprise prospecte en France, aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne, en Espagne et aux States. Mais Synthesio est davantage développé qu’elle à l’international. Elle possède des bureaux à Paris, New York, Londres, Singapour – et désormais à Bruxelles. Sa direction se trouve plus souvent à New York qu’à Paris, paraît-il.

Les deux entreprises jouissent aussi d’un joli portefeuille "clients". Synthesio compte Peugeot ou Orange parmi ceux-ci, tandis que Social Karma peut se targuer d’avoir travaillé pour Ikea, La Loterie Nationale, EDF ou Philips, par exemple.

Depuis janvier dernier, Synthesio s’est lancé dans une stratégie d’acquisitions afin de se doter, en deux ans, de la "meilleure suite de produit d’analyse des réseaux sociaux" ("social analytics") pour entreprises. Le groupe, dirigé par Loïc Moisand, a déjà racheté Bunkr en début d’année, une start-up française qui a développé une alternative au logiciel de présentation de rapports PowerPoint. L’opération Social Karma est donc la deuxième qu’il mène dans ce cadre: a priori, plutôt flatteur pour la start-up belge.

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