Amazon double son équipe de lobbyistes à Washington

©REUTERS

Le géant américain emploie désormais 28 personnes pour défendre ses intérêts à Washington, contre 14 encore en 2014. Un choix stratégique qui place de facto l’entreprise au même niveau qu’Apple, Facebook et Google... réunis.

Face à la croisade de Trump menée à son égard, Amazon  prépare la riposte en coulisse. Le géant américain a mis sur pied à Washington la plus importante équipe de lobbyistes de tous les grands noms de la tech.

Désormais, l’entreprise emploie 28 personnes à la défense de ses intérêts, contre 14 encore avant l’élection du président américain en novembre 2016, ressort-il d’une enquête menée par le Financial Times.

C’est presque autant qu'Apple, Facebook et Google... réunis. Les trois autres acteurs comptent en effet respectivement 8 lobbyistes pour les deux premiers et 13 pour le dernier, pour un total de 29 donc.

©MEDIAFIN

Dans le même temps, Amazon a aussi sérieusement augmenté ses dépenses, atteignant un budget de près de 13 millions de dollars, contre un peu plus de 5 millions seulement en 2014.

Bien que toujours inférieure à ce qu’investit Google à cet effet, la manne financière consacrée au lobbying aux Etats-Unis par Amazon fait de facto de la firme le numéro deux des Gafa en la matière, une réalité nouvelle qui s’explique par une nette croissance des montants consentis, versus une relative stabilité du côté de la concurrence.

Peu présent il y a quelques années, Amazon domine désormais quasi la scène
Craig Holman
Expert en affaires publiques

Effet Trump

Bref, "alors qu’Amazon n’avait pas vraiment de présence en matière de lobbying il y a encore quelques années, ils dominent désormais quasiment la scène", analyse un fin limier des cénacles politiques.

La raison derrière cette réalité nouvelle, marquant un tournant dans la stratégie poursuivie par l’entreprise fondée par le milliardaire américain Jeff Bezos? La nécessité d’influencer les décisions face aux opérations tentaculaires, parfois sensibles en matière de régulation comme pour les voitures autonomes, les cargos aériens ou encore le stockage de données dans le cloud, mais aussi la pression exercée en ce moment même par Donald Trump qui n’hésite pas à critiquer de manière persistante la toute-puissance de la firme.

Sur Twitter, le président américain a par exemple déclaré récemment qu’"Amazon coûte d'énormes sommes d'argent au United States Post Office qui est son livreur", devant assumer pour une part l’expédition des colis pour le compte du groupe. Pour lui, il ne fait aucun doute que l’entreprise devrait "payer ces frais (et plus) au lieu de les faire supporter au contribuable américain. Plusieurs milliards de dollars. Les dirigeants (de l’entreprise postale, NDLR) n'ont pas idée (ou si?)", a-t-il ajouté.

Une attaque en bonne et due forme qui, s’il n’est pas prévu pour l’heure qu’elle débouche sur quelque action spécifique de la part de la Maison-Blanche, rapporte l’agence Reuters, a tout de même joué sur le cours de l’action du géant de l’e-commerce. Le titre Amazon a perdu 8,3% sur les trois dernières séances à Wall Street.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content