Bouchard père reprend les rênes d'Econocom, des rumeurs d'OPA pourraient fleurir

Jean-Louis Bouchard, ex et nouveau CEO d'Econocom. ©Lieven Van Assche

La révolution de palais chez Econocom qui a vu Jean-Louis Bouchard débarquer son fils de la direction générale pour en occuper le strapontin pourrait alimenter des rumeurs de rachat, estime un analyste.

L’année 2018, et plus particulièrement sa seconde partie, aura été particulièrement dévastatrice en Bourse pour Econocom . La révision à la baisse de ses objectifs pour son résultat opérationnel courant 2018 intervenue début de juillet a eu l’effet d’un coup de massue sur le titre.

Celui-ci ne s’en est toujours pas remis d’ailleurs et affiche une chute de plus de 50% depuis le début de l’année. Ces derniers jours, le titre a toutefois repris un peu de hauteur avec un gain de près de 15% sur une semaine.

Le père débarque le fils

Hier, petite révolution de palais dans les hautes sphères du groupe. Jean-Louis Bouchard, fondateur et actuel président du conseil d’administration, a repris la direction opérationnelle du groupe en tant que CEO.

Il avait pourtant transmis le flambeau de la direction il y a huit mois à son fils Robert Bouchard. Ce dernier avait fait ses classes pendant 20 ans dans le groupe spécialisé dans la transformation digitale des entreprises jusqu’à atteindre la codirection en mai 2017 pour voler de ses propres ailes, ensuite, à partir de mars 2018.

Des ailes coupées net hier par le fondateur. Robert Bouchard et le directeur financier David Krieff ont été débarqués de leurs fonctions opérationnelles alors que Jean-Philippe Roesch, un ancien co-CEO, a été appelé à la rescousse pour une mission d’accompagnement du comité exécutif.

Les priorités de Bouchard père sont désormais "simples et claires: être au rendez-vous de nos objectifs de fin d’année 2018 et préparer une nouvelle phase de développement du groupe".

Trois questions à Jean-Louis Bouchard

Moins d’un an après que votre fils a été nommé CEO, vous reprenez la barre. Un échec?

Ce n’est sûrement pas une réussite… Les raisons expliquant la situation actuelle d’Econocom sont assez simples. Un petit tiers de notre activité, dans les services classiques, s’inscrit dans un secteur qui souffre. Dans des cas comme ça, il faut être capable de prendre des décisions. Or, Robert a organisé autour de lui une équipe de jeunes gens brillants, mais inexpérimentés. Ce qui est bien quand les affaires se portent bien, mais là, les équipes opérationnelles sur le terrain étaient devenues très stressées du manque de décision de la part de la direction. De mon côté, du fait que je détiens 40% du capital, quand je me trompe, c’est tant pis pour moi. Eux, devaient faire face au fait que leurs décisions ne concernaient pas leur argent.

Quel message adressez-vous aux investisseurs?

 Que le titre n’est pas cher aujourd’hui. Quand il était à 7 ou 8 euros, je le trouvais très cher et ai donc vendu à titre personnel, mais ici, j’ai plutôt envie d’en racheter. Surtout qu’Econocom est une belle société dans un beau secteur. Et que c’est dans les périodes de turbulence que l’on peut faire des affaires.

Quid de la suite des événements?

La stratégie ne changera pas. Par contre, il est clair qu’il va falloir prendre un certain nombre de décisions. Il faudra notamment vendre des activités. En effet, nous avons réalisé beaucoup d’acquisitions ces derniers temps qui valent à présent assez cher. Il est temps de s’en séparer.

Simon Souris

 

 


Spéculations de rachat

Cette nomination est inhabituelle et elle pourrait susciter des inquiétudes quant à savoir si Econocom voit toujours des défis importants au-delà de l’année "transitoire" 2018, note Ruben Devos de KBC Securities. Il ne touche toutefois pas à sa recommandation ("conserver ") ni à son objectif de cours (3,60 euros).

Pour Stefaan Genoe de Degroof Petercam, il semble que Jean-Louis Bouchard n’était pas satisfait des performances managériales de son fils et qu’il a décidé d’intervenir "même si nous pensons que la vie de ce dernier n’a pas été rendue facile par le niveau de départ élevé créé par son père en 2017".

Pour l’analyste, les changements actuels pourraient engendrer des spéculations de rachat dans le moyen terme. Il reste à "conserver" sur la valeur avec un objectif de cours de 3,5 euros.

Un peu après midi, le titre progressait de 0,50% à 2,83 euros.

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