Carte de fidélité : Fidelsys traîne Freedelity en justice

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La start-up revendique la paternité de la carte de fidélité unique et accuse son concurrent d’avoir copié son idée...

Il y a quinze jours, Freedelity lançait en grande pompe une carte de fidélité unique, c’est-à-dire commune à plusieurs magasins, ceci par le biais de la carte d’identité. Avantage: permettre au citoyen consommateur de ne plus avoir une armée de cartes de fidélité dans son portefeuille en utilisant les possibilités de la carte d’identité électronique.

Si cette application commerciale de la carte d’identité fait grincer bien des dents — au point de susciter les interrogations de la Commission de la vie privée —, c’est le concept de carte de fidélité unique proposé par Freedelity qui est aujourd’hui attaqué.

Pratiques déloyales?

La société néo-louvaniste Fidelsys, aujourd’hui basée à Bruxelles, a en effet introduit, le 22 juillet, une action en cessation contre Fidel ID, société mère de Freedelity, devant le Tribunal de commerce de Bruxelles pour "diverses pratiques clairement déloyales", selon son avocat. Fidelsys demande la cessation de ces pratiques et 5.000 euros d’astreintes pour chacune d’entre elles. L’audience est prévue le 6 août.

Ce que reproche Fidelsys à Freedelity? "D’avoir copié notre idée", assure Thierry Vermander, cofondateur et principal actionnaire de la société. Explications. Pour développer et déployer son concept, Fidelsys s’est mise enquête de capitaux. 

En mars 2009, Thierry Vermander a présenté son idée et son business plan au réseau Be Angels. Cette organisation, qui revendique 120 membres, met en contact des entrepreneurs à la recherche de financements et des investisseurs privés. Active à Bruxelles et en Wallonie, Be Angels est animée par quelques personnalités, comme Jean de Gheldere, maître d’oeuvre du salon "Entreprendre", ou David Van Tieghem, à l’origine d’Opendeal, un site de ventes aux enchères, racheté par IBazar, puis par eBay et qui anime le réseau en Région bruxelloise.

Or, David Van Tieghem est aussi investisseur via son véhicule, Sherpa Invest, ou personnellement. C’est à ce dernier titre qu’il figure parmi les trois cofondateurs de… Freedelity. "Il a eu notre dossier de 70 pages, un travail de trois ans! Et voici qu’il lance le même concept, le lien avec la carte d’identité en plus. Une piste que nous nous sommes refusé de suivre, tant nous jugeons ce système peu rassurant pour le consommateur en termes de protection de la vie privée", explique Thierry Vermander.

David Van Tieghem confirme avoir rencontré Thierry Vermander, mais réfute ses accusations: "A ce que je sache, Fidelsys n’a pas encore obtenu de brevet (ndlr: le concept Fidelsys a fait l'objet de deux e-dépôts à La Haye en 2007 (concept général) et en 2008 (concept détaillé). Il est également protégé par un dépot de brevet). Ensuite, des systèmes de fidélisation, il en existe plein, des consultants comme McKinsey ou Bain ont publié des multitudes d’études à ce sujet. Par ailleurs, il y a 5 ans, j’avais déjà lancé avec Richard Feldbrugge (fondateur, entre autres, du site Jobscareer.be) un système de cartes de fidélité pour petits commerces, Fidelity Market; nous n’avions pas pu aboutir, notre partenaire technologique, Thales, s’étant désisté malgré la signature d’une lettre d’intention. Quant à Freedelity, j’ai rencontré ses deux initiateurs en décembre dernier avant de m’associer à eux."

Déstabilisation

David Van Tieghem voit plutôt dans cette action une manœuvre de déstabilisation de la part d’un concurrent qui, selon lui, peine à percer: "Fidelsys a lancé son système bien avant nous et n’a, à ce jour, rallié qu’une dizaine de commerçants alors que nous en avons une quinzaine après un mois."

Fidelsys n’en démord pas: le concept, le look du site web de Freedelity, la proximité des noms (Fidelsys — Fidel ID), le montant quasi identique de l’investissement demandé aux commerçants (30 euros par mois chez Fidelsys, 35 chez Freedelity), le même nombre (4) de programmes de fidélisation proposés, etc.:  tout indique, selon elle, que Freedelity "s’approprie de manière déloyale un concept novateur". La justice tranchera.

J-F. S.

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