Déferlement de plaintes contre Google Street View

© Aurélie Audureau

A peine disponible en Belgique, Google Street View fait l'objet de nombreuses plaintes. Les personne mécontentes doivent d'abord s'adresser à Google et ensuite, en caés d'échec, à la commission de protection de la vie privée.

De nombreux Belges se plaignent déjà de Google Street View (Street View de Google), disponible dans le plat pays depuis mercredi. Ce service permet de se balader virtuellement dans les différentes villes et villages de Belgique dans un environnement entièrement reconstitué sur bases de photographies à 360°.

1. À quoi ça peut servir ?

Le lancement du Street View a en tous cas largement été soutenu par la commune de Bruxelles et les différents offices du tourisme du pays.  "C’est un outil formidable pour mettre en valeur notre patrimoine",  a expliqué le ministre bruxellois du Tourisme, Christos Doulkeridis. "Ce genre d'outils a totalement modifié le tourisme en général". 
Présentes également lors de la conférence de présentation, différentes sociétés exposant l’utilisation qu’elles comptaient faire de l’outil. À l’image du site de recherche de bien immobiliers Immoweb ou la société Tagtagcity, qui répertorie et localise des offres commerciales. "Cela peut servir à de nombreux types d’entreprises, de l’horeca aux sociétés de transport, en passant par le secteur immobiler pour qui cela représente une solide plus-value, évidemment" explique Ulf Spitzer Directeur du programme Street View à l’échelle européenne.  

"Surtout que la fonctionnalité peut être ajoutée sur le site de n'importe quelle entreprise, nous sommes certains que beaucoup d'entreprises trouveront un moyen d'en faire usage", ajoute de son côté Julien Blanchez, Country Marketing Manager de Google Belgique.


2. Quel business model ?

Reste une question majeure : quel est l’intérêt pour Google, seul à porter le poids des investissements ?
Et là, difficile de sortir des  traditionnels "nous aimons investir dans des choses fun et folles, mettre l’information à disposition du monde", réponses classiques du groupe de Larry Page.

Plus pragmatiquement, Ulf Spitzer explique " cela complète l’écosystème de nos services liés à la géolocalisation et il  y a indubitablement un lien avec la publicité. Mais celle-ci n’est pas encore présente formellement. Nous n’avons pas encore d'annonces supplémentaires à faire ". Une sorte de produit d’appel donc, qui poussera plus d’entreprises à renforcer leur visibilité sur les plateformes Google.

Mais pas uniquement: il apparait en effet que des tests ont déjà été effectués pour permettre, la visite, non pas de quartiers ou de monuments, mais de magasins.  La mise en ligne des photos se fait sur la base de la participation des commerçants et restaurateurs. Des détaillants au Japon, en Australie  et aux Etats-Unis ont déjà manifesté leur intérêt et accepté que des photographes de Street View viennent prendre des photos chez eux pour ensuite les mettre en ligne.
La publicité reste donc définitivement le moteur de cette initiative, comme les autres.


3.Quel(s) risque(s) ?

Si la Commission vie privée a donné sa bénédiction à Google et s’est directement fendue d’un communiqué expliquant à quel point il était facile de supprimer des images litigieuses, des questions restent posées. Les réseaux sociaux fleurissent en effet déjà de photos montrant des citoyens dans des situations embarrassantes quand elles ne permettent pas de découvrir des délits.

Certains pourraient en effet désormais s’inquiéter de voir le fisc découvrir des aménagements faits dans leur propriété et qui n’auraient pas été signalés. "C’est quelque chose qui se faisait déjà beaucoup depuis l’apparition des images satellites de Google Earth" explique Étienne Wéry, avocat  au cabinet Ulys, " les autorités repèrent les piscines illégales et peuvent deviner si des greniers ont été aménagés, via la présence de velux". Reste que les citoyens pris en faute pourront toujours user d’un argument massue : pour être valide,  la constatation du délit doit être faite dans des conditions normales pour un agent depuis la voie publique. Or, le dispositif de Google prend ses clichés depuis une hauteur moyenne de 3 mètres.. et il est peu probable qu’un quelconque agent de la force publique atteigne cette taille.

Mais justement : trois mètres, cela permet de dépasser la toute grande majorité des murs d’enceinte et autres haies. "Résultat, c’est une véritable mine d’or pour les cambrioleurs" complète Étienne Wéry.
Google pourrait par ailleurs voir affluer des plaintes  pour violation du droit à l’image pour les bâtiments eux-mêmes. "Ce sont des procès déjà fréquents en France et souvent coûteux", explique de son côté Carine Doutrelepont, avocate et professeure de droit à l’ULB.
Reste que Google a mis en place une procédure simple pour que quiconque puisse demander la suppression d’images en ligne.

 

Les plaintes contre Google Street Viewaffluent

De nombreux Belges se plaignent de Google Street View. La commission de protection de la vie privée croule sous les appels et les e-mails d'internautes mécontents, selon sa porte-parole, Eva Wiertz.
Les plaintes émanent de citoyens qui ne veulent pas que leur habitation ou eux-mêmes apparaissent sur Street View. Les visages sont pourtant censés ne pas être reconnaissables puisqu'ils sont, à l'instar des plaques d'immatriculation, automatiquement floutés.
Les internautes mécontents doivent s'adresser en premier lieu à Google, rappelle la porte-parole. Pour ce faire, ils leur suffit de cliquer sur l'onglet "signaler un problème" et d'exposer leur revendication. La société de Larry Page s'engage à examiner la demande "dans les plus brefs délais". Si cela ne donne rien, la commission de protection de la vie privée peut se saisir du dossier.
La porte-parole de Google, Tineke Meijerman, ne dispose pas encore de chiffres quant aux "problèmes" signalés par des utilisateurs belges, précise-t-elle.

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