Enfin dans le vert, Riaktr s'attaque désormais à l'Asie

Sébastien Leempoel (à gauche) et Loïc Jacobs abordent sereinement l’avenir de leur entreprise. ©Saskia Vanderstichele

Dix ans après sa création, la scale-up est désormais en croissance bénéficiaire. Le changement de cap à mi-parcours fut visiblement un choix payant. L’entreprise voit l’avenir sereinement et s’ouvre à d’autres marchés.

Il aura fallu une décennie à Riaktr pour y parvenir. Tout juste dix ans après sa création, la scale-up bruxelloise, spécialisée dans la gestion de données pour les acteurs télécoms, est désormais dans le vert. Et a priori, selon ses responsables, l’avenir s’annonce de la même couleur. Depuis 2009, la jeune entreprise a bien évolué. Au fil du temps, la société nommée Real Impact Analytics à ses débuts a revu ses ambitions et ses priorités. Un nouveau nom donc mais aussi, et surtout, un nouveau core-business. "À l’origine, nous faisions de la consultance sur base de données récoltées pour aider les télécoms, explique Loïc Jacobs, le cofondateur de Riaktr. Nous donnions des conseils sur quelle région attaquer en priorité ou comment mieux former les équipes de vente."

"Après quelques années, la croissance arrivait à une limite et nous avions besoin d’un second élan."
Loïc Jacobs
cofondateur de riaktr

Les premiers pas de Real Impact Analitycs sont bons et plusieurs contrats sont signés avec des télécoms africains. Mais rapidement, les premières limites apparaissent. "Nous nous sommes rendu compte après quelques années que la croissance arrivait à une limite et que nous avions besoin d’un second élan. Mais la consultance nécessite de gros investissements en recrutement. Il fallait constamment agrandir l’équipe pour que la croissance suive le rythme", glisse encore le cofondateur de l’entreprise qui compte aujourd’hui une soixantaine de travailleurs.

De la consultance au software

Il y a quatre ans, Riaktr se redéfinit donc pour passer d’une offre de conseil au développement de software. Pour revoir sa position, elle trouve 12 millions d’euros auprès d’investisseurs. Un sacré pari sur l’avenir pour l’entreprise qui n’avait jamais eu besoin de lever de fonds. Aujourd’hui, l’essai est visiblement transformé. Les dirigeants ne souhaitent pas s’étaler sur leurs revenus mais assurent pouvoir compter sur un chiffre d’affaires de plusieurs millions d’euros. "Nous sommes bénéficiaires depuis le mois de juillet et les contrats signés à long terme permettent désormais de nous assurer une croissance bénéficiaire, lance Sébastien Leempoel, chief commercial officer. On vise une évolution des ventes à deux chiffres et notre ebitda augmente plus rapidement que nos revenus. Aujourd’hui, le plus difficile est donc passé."

La page consultance n’a toutefois pas été complètement tournée. Cette dernière représente encore 30% de l’activité du groupe. "Mais ce n’est désormais plus la priorité", glisse le CCO. Désormais, l’entreprise se focalise plutôt sur le développement de ses deux solutions à implanter chez les opérateurs. La première se base sur son expérience de consultance pour améliorer les ventes, et la seconde cherche à optimiser les investissements. "L’idée n’est pas spécialement de les réduire à tout prix mais de les rendre plus efficaces, explique encore Loïc Jacobs, qui avance ses arguments. Nous parvenons à augmenter de 6% les ventes et l’efficience du Capex de 20%."

Première asiatique

Bien installée en Afrique, avec des clients comme Orange et MTN, la scale-up s’étend peu à peu partout dans le monde. Cinq ans après ses débuts, l’entreprise avait également signé un contrat avec Proximus, ce qui lui a apporté une certaine notoriété, notamment en Europe. Les prochains développements pourraient désormais se trouver à l’est. "Nous venons de signer notre premier contrat en Asie avec un opérateur vietnamien", assure Loïc Jacobs.

Ne disposant que de bureaux à Bruxelles, en Afrique du Sud et au Brésil, l’entreprise a signé un accord global avec Deloitte. Le géant de la consultance a pour mission de mieux faire connaître les produits de la scale-up belge partout où Riaktr n’est pas encore assez visible. "Cette première étape en Asie est importante. Mais notre focus n’est pas spécialement orienté sur des zones géographiques précises, soutient toutefois Sébastien Leempoel. On préfère plutôt miser sur des grands groupes. Une fois qu’on parvient à entrer sur un marché, il est alors beaucoup plus simple de s’étendre sur toutes leurs autres implantations."

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