Flambée des prix des logiciels médicaux

©BELGA

Le quasi-monopole du fournisseur Corilus inquiète les médecins qui ont vu les prix des logiciels s’envoler depuis le début de l’année.

Face à la hausse brutale du prix des logiciels médicaux qu’ils utilisent, les médecins tirent la sonnette d’alarme. En cause, un "monopole rampant" dénoncé par le Collège de Médecine générale, organisme qui rassemble les généralistes francophones.

Reprenons les choses depuis le début. Dans le cadre du processus d’informatisation de la médecine voulue par le gouvernement, l’élaboration des logiciels a été confiée au secteur privé. Telle était en effet la préférence des prestataires plutôt que l’option consistant à faire appel aux pouvoirs publics. Le spectre d’un Big Brother contrôlant l’activité des médecins n’était pas étranger à ce choix. Aujourd’hui, certains s’en mordent les doigts.

Quasi-monopole

Depuis plusieurs mois en effet, un mouvement de concentration est à l’œuvre au sein du secteur. La firme belgo-néerlandaise de logiciels médicaux Corilus, contrôlée par la société d’investissement hollandaise AAC Capital, a peu à peu absorbé ses concurrents. Le groupe contrôle déjà de facto le segment stratégique des messageries et des connecteurs (interfaces pour accéder à la plateforme eHealth).

Ce renforcement de position dominante a culminé tout récemment avec le rachat du DMI Epicure (de MédicalSoft), produit utilisé par 1.500 médecins. Par ailleurs, MedicalSoft équipe au moyen du logiciel Mediposte 75% des postes médicaux de garde en Wallonie.

290€
Corilus impose aux médecins une licence oscillant entre 175 et 290 euros par an pour recevoir leur courrier médical.

Corilus n’a pas tardé à capitaliser sur ses nouvelles acquisitions: augmentation de prix pour le logiciel des généralistes CareConnect (qui coûte environ 1.300 euros par an) et imposition d’une licence – une première en Belgique – pour recevoir des messageries médicales (entre 175 et 290 euros par an).

Le syndicat médical Absym parle d’une hausse de 37% de la tarification des logiciels depuis le début de l’année et dénonce un "abus lié à un monopole". La firme Corilus n’était pas disponible, hier, pour commenter ces hausses de prix.

Appel à Maggie De Block

Au cabinet de la ministre des Affaires sociales, Maggie De Block (Open Vld), on ne commente pas non plus cette évolution. De leur côté, les généralistes du GBO demandent à la ministre de jouer un rôle de régulateur dans ce dossier. Une demande qui est d’ailleurs reprise dans le dernier accord médico-mutuelliste.

Dans l’immédiat, le Collège de Médecine générale conseille aux médecins de ne pas s’engager dans des contrats de plus d’un an.

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